Inédit en Europe, l’Espagne vers un « congé menstruel »

Le gouvernement de gauche espagnol a présenté un projet de loi créant un « congé menstruel » pour les femmes souffrant de règles douloureuses, une première en Europe.

Le gouvernement de coalition dirigé par le Premier ministre Pedro Sánchez (parti socialiste) a présenté ce 17 mai un projet de loi en ce sens en conseil des ministres avec la volonté de lever un « tabou ».

« Nous allons être le premier pays d’Europe à instaurer un arrêt maladie temporaire financé intégralement par l’État pour des règles douloureuses et invalidantes », s’est félicité la ministre de l’Egalité, Irene Montero, à l’issue du Conseil des ministres.

Irene Montero Photographer: Gabriel Bouys/AFP/Getty Images

« Les règles ne seront plus taboues (..) C’en est fini d’aller au travail avec des douleurs » ou en « se gavant de comprimés » et « de cacher notre douleur », a ajouté la ministre, l’une des chefs de file du parti de gauche radicale Podemos, partenaire du parti socialiste du Premier ministre Pedro Sánchez au sein du gouvernement de coalition.

« Nous avançons en matière de féminisme. Les femmes doivent pouvoir décider librement de leurs vies », a salué Pedro Sánchez sur Twitter en référence à un projet de loi qui renforce par ailleurs le droit à l’avortement dans le pays.

En France, comme au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis, quelques entreprises accordent un tel « congé menstruel » à leurs salariées mais il n’est pas inscrit dans la loi.

En Espagne, la mesure a toutefois suscité des réticences au sein même de l’exécutif, parmi les ministres socialistes, mais aussi au sein des syndicats.

« Il faut faire attention avec ce type de décision », avait mis en garde vendredi la secrétaire générale adjointe de l’UGT, l’un des deux principaux syndicats espagnols, Cristina Antoñanzas, en se disant inquiète vis-à-vis d’un possible frein à l’embauche des femmes de la part d’employeurs voulant éviter ces absences.

Une analyse réfutée par Commissions ouvrières (CCOO), l’autre grand syndicat espagnol, qui a salué une « avancée législative » majeure, de nature à « rendre visible et reconnaître un problème de santé jusqu’à présent ignoré ».

Le texte du gouvernement prévoit aussi un renforcement de l’éducation sexuelle dans les écoles ainsi que la distribution gratuite de moyens contraceptifs ou de produits d’hygiène menstruelle dans les lycées.

La ministre de l’Égalité était aussi favorable à une réduction de la TVA sur les produits d’hygiène menstruelle, de 10% à 4%, mais cette mesure n’a pas été retenue.

L’Espagne est un pays considéré comme l’un des pionniers en Europe en matière de féminisme depuis l’adoption en 2004 d’une loi sur les violences de genre. Se revendiquant féministe, le gouvernement Sánchez compte plus de femmes (14) que d’hommes (9 en incluant le Premier ministre).

© 2022 AFP

L’augmentation du cancer au féminin creuse les inégalités

Le 4 février dernier s’est tenue la Journée Mondiale contre le Cancer. A cette occasion, une étude a été réalisée par Viavoice pour l’Institut Curie. Celle-ci interroge les Français et scrute les problématiques sociétales des cancers chez la femme. Elle révèle notamment des disparités en terme de charge mentale, d’organisation familiale, de vie intime et de retour à l’emploi, dans un contexte où près de 60% des Français se sentent concernés par le risque d’être atteint d’un cancer.

« Les chiffres nous le rappellent : chaque année, le nombre de cancers chez la femme augmente, sous l’effet du tabagisme ou par défaut de prévention. Précarité, retour à l’emploi, charge mentale, organisation du foyer… pendant et après les traitements, la survenue d’un cancer chez une femme est une rupture renforcée et l’impact social de la maladie est plus lourd pour elles. L’Institut Curie, au quotidien, prend soin de ces femmes à travers des parcours adaptés, des dispositifs d’accompagnement complets, la formation de nos soignants. Mais, pour soutenir les femmes face au cancer et dans chacun des aspects de leur vie, c’est collectivement qu’il nous faut agir, à tous les niveaux de la société », déclare le Pr Steven Le Gouill, directeur de l’Ensemble Hospitalier de l’Institut Curie, 1er centre français de lutte contre le cancer.

Une femme sur deux estime qu’il existe des inégalités par rapport aux hommes en matière de charge mentale et d’organisation familiale face aux cancers.

Charge mentale, organisation familiale, maintien de la vie professionnelle, retour à l’emploi, précarité : lorsqu’on interroge les Français sur leur perception des inégalités face au cancer, ce sont les éléments les plus cités et très nettement en défaveur des femmes. Ainsi, parmi 43% des Français qui pensent qu’il existe des inégalités entre hommes et femmes en matière de charge mentale et d’organisation familiale, 37% d’entre eux pensent que ces inégalités sont en défaveur des femmes contre 6% seulement en défaveur des hommes. Le cancer vient aggraver les inégalités femmes-hommes à tous les niveaux de la société.

Plus de la moitié des Françaises pense que les femmes atteintes de cancer ne peuvent pas retrouver la même vie professionnelle qu’avant la maladie, un facteur aggravant les situations de précarité des femmes. Si une personne sur cinq n’a pas repris le travail un an après les traitements, les femmes ont eu plus d’arrêts de travail et plus d’aménagements du temps de travail que les hommes (source INCa : étude VICAN 5). De plus, 8% des Français estiment que la conciliation entre vie professionnelle et vie personnelle fait partie des principales difficultés pour le retour à l’emploi des femmes alors que cet aspect n’est pas mentionné pour les hommes. Si les enjeux de maintien dans l’emploi chez les cadres supérieurs sont importants, les conséquences financières de la maladie sont parfois dramatiques chez des femmes qui vivent seules, avec des revenus moins conséquents, plus isolées. Ce sont d’ailleurs 45 % des personnes interrogées qui estiment que les inégalités entre Français sur les cancers sont d’abord liées aux revenus (salaires, aides sociales…).

Cette problématique de maintien et de retour à l’emploi est bien réelle. Dans ce domaine, l’Institut Curie, notamment à travers son Unité transversale d’éducation thérapeutique, est fortement mobilisé ; à l’instar du projet qui vient de démarrer avec l’association WeCare@Work. Ce nouveau projet porte sur les représentations du travail pour les professionnels de santé, la facilité d’arrêter le travail et inclut un volet d’éducation thérapeutique visant un changement de culture et d’autonomie du patient ainsi qu’une relation soignants-soignés plus à l’écoute.

Evelyne Renault-Tessier, directrice de l’unité transversale d’éducation thérapeutique de l’Institut Curie (UTEP), précise : « En lien avec des associations de patients, des patients partenaires, avec le soutien du service interentreprise de santé au travail, notre équipe a mis en place un atelier sur ce sujet du retour au travail dont le besoin s’avérait important pour les patientes. Avec l’arrêt de l’activité professionnelle, se joue la perte d’une identité sociale. Comment évoquer le sujet auprès de son employeur ? Comment en parler à son équipe ? Par ailleurs et grâce à l’amélioration des soins de support, de l’organisation des soins, notamment avec l’hospitalisation à domicile, plus que le retour à l’emploi, c’est la question du maintien dans l’emploi qui se pose de plus en plus souvent. En effet, l’arrêt de travail, pas toujours justifié sur le plan médical, est une question difficile que nous travaillons dans le cadre de nos travaux sur l’amélioration du parcours de soin. Il faut changer cette vision du statut de malade qui est en opposition avec le statut professionnel et à l’inverse, ne pas pointer du doigt le fait qu’une femme peut ne pas être tout le temps une « super working woman » ».

Oser briser les tabous

Aujourd’hui, en France, une femme sur deux considère que les femmes ne peuvent pas retrouver la même vie intime qu’avant d’être malade.  « La sexualité n’est ni un luxe ni un tabou et la santé sexuelle des femmes est au cœur du processus thérapeutique. Il est crucial de pouvoir évoquer et légitimer ces questionnements autour de la sexualité et de l’intimité. C’est pourquoi aujourd’hui, à l’Institut Curie, nous sommes investis non seulement dans la sensibilisation et la formation des soignants mais aussi dans la mise en place d’un parcours de soins « santé sexuelle » pour les patientes qui sont confrontés aux conséquences intimes et sexuelles du cancer et de ses traitements », explique le Dr Sylvie Dolbeault, psychiatre, cheffe du service psycho-oncologie et social de l’Institut Curie. Elle rappelle également que « Les choses évoluent et se structurent en France. En septembre 2021, l’Inca a labellisé un référentiel sexualité et cancer qui a donné lieu dans notre Institut à la création d’un groupe de travail oncosexologie ».

Douleur, altération de l’image du corps, peur de la récidive, sentiment d’être isolée dans la société… comment aider les femmes à vivre pendant et après leur cancer ? A travers son département pluridisciplinaire dédié aux soins de support, l’Institut Curie propose un accompagnement global à ses patientes. Soignants, psychiatres, psychologues explorent chez leurs patientes leur état psychologique, fatigue, image du corps, estime de soi, insertion professionnelle, soutien social et autres préoccupations vitales. La nutrition et l’activité physique adaptée sont deux autres aspects incontournables de cette prise en charge. De plus, depuis plus de deux ans, des ateliers d’éducation thérapeutique se sont structurés avec des proches et des aidants, avec des associations et autres réseaux, des partenaires…pour aborder entre autre vie de couple, organisation familiale, retour au travail avec les patientes.

Cancers chez la femme : données générales et chiffres clefs en France
Source : Panorama des cancers en France (édition 2021) de l’INCa
 
- Les cancers en France : 2e cause de décès chez la femme, 1ère cause chez l’homme

- 382 000 nouveaux cas de cancers dont 46% chez les femmes (soit 177 400 cas) en 2018

-  Les cancers les plus fréquents chez la femme : sein (33%); colorectal (11%), poumon (8,5%)

- L’incidence du cancer du poumon progresse fortement chez les femmes (+ 5% par an) et transforme considérablement l’épidémiologie du cancer.

- En 2018, le nombre de nouveaux cas d’hémopathies malignes (cancers du sang) en France métropolitaine est estimé à près de 45 000 (25 000 chez l’homme et 20 000 chez la femme).
 
- Grâce aux diagnostics de plus en plus précoces, aux progrès thérapeutiques considérables avec notamment l’arrivée de nouvelles molécules et une meilleure prise en charge à tous les niveaux, on observe une diminution globale de la mortalité : de -2% par an chez les hommes et -0,7% chez les femmes.

- 3 dépistages disponibles chez la femme : sein, col et côlon

Des supers Nana pour venir en aide aux plus démunies.

« Une super nana » chantait Michel Jonasz dans les années 70… Agir pour la santé des femmes, c’est le parti pris par l’ADSF, entourée d’une team de supers nanas soutenues par la marque éponyme.

Depuis 20 ans, l’ADSF prend soin des femmes les plus démunies et leur permet d’accéder à des soins adaptés à leur genre. Au-delà d’un soutien psychologique, médical et social, l’ADSF apporte également un soutien matériel via la fourniture de kits d’hygiène et de vêtements, et l’accès à des Repaires Santé, accueils de jour situés à Paris et à Lille dédiés aux femmes que l’association rencontre en maraudes ou qui se présentent spontanément – orientées par des acteurs de l’aide sociale avec qui l’ADSF collabore ou via le « bouche-à-oreilles ».

Pour Nadège Passereau, Déléguée générale de l’ADSF depuis décembre 2017 : « L’hygiène gynécologique est particulièrement problématique lorsqu’on vit dans la rue. Ne pouvant pas s’acheter de protections hygiéniques, il n’est pas rare que certaines femmes utilisent du papier journal trouvé dans des poubelles !« 

L’ADSF agit auprès des femmes en situation de grande exclusion et/ou précarité, telles que les femmes sans-abri, sans domicile fixe, isolées, victimes de violences ou victimes de traite.

Elles “vivent” dans les bidonvilles, la rue, les hôtels sociaux, campements, métros, gares ou encore sont accueillies ou hébergées dans des centres d’accueil, d’hébergement d’urgence ou de réinsertion et représentent plus de 50 nationalités.

Crédit ADSF

Depuis 2019, la marque Nana, bien connue du grand public, soutient l’ADSF – Agir pour la santé des Femmes via des dons réguliers financiers et de produits hygiéniques.

Ce sont plus de 40 000 € versés et 240 000 serviettes menstruelles offertes à l’association ces deux dernières années. Fin 2020, Nana a réalisé un partenariat sur les réseaux sociaux avec la mutuelle NutUus et Louise Aubery (@mybetterself) qui a permis d’offrir des milliers de serviettes menstruelles à l’ADSF.

Aujourd’hui la marque Nana va plus loin en créant un tee-shirt en édition limitée avec la créatrice et styliste Mathilde CABANAS (fondatrice de la marque BISOU) dont l’intégralité des ventes sera reversée à l’association.

Ce tee-shirt au graphisme pop, affiche un joli jeu de mots « Ça cool ! », inscrit en rouge sang ; un beau moyen d’attirer l’attention et de faire passer des messages autrement, via la création artistique ! Une façon aussi pour ceux et celles qui le portent de montrer leur soutien à cette cause et à l’association.

Camille Cerf pour ADSF x Nana

Vendu 39€ sur le site en ligne de la créatrice (mathildecabanas.com) à partir du 1er mai, ce tee-shirt sera disponible en 400 exemplaires – une édition limitée à se procurer d’urgence pour contribuer à une belle action.
L’intégralité des ventes de ces tee-shirts sera reversée à l’ADSF.
Camille CERF, ex-Miss France 2015 et aujourd’hui mannequin et animatrice TV, se fait d’ailleurs ambassadrice de cette opération et s’engage ainsi aux côtés de Nana pour soutenir l’ADSF contre la précarité menstruelle, accompagnée d’une team de supers nanas, femmes inspirantes et engagées : Sophia Aram, humoriste et marraine de l’association, Claire Lajeunie, réalisatrice et autrice etc..

Journée mondiale de lutte contre l’endométriose : Une proposition de loi pour mieux prévenir et lutter !

Souvent ignorée, douloureuse et source de graves complications sur la santé des femmes… l’endométriose est aujourd’hui encore en France, une pathologie diagnostiquée trop tardivement. Le député Éric Pauget et la sénatrice Alexandra Borchio-Fontimp ont déposé une proposition de loi commune visant à prévenir et lutter contre cette maladie méconnue qui touche plus d’une femme sur dix dans notre pays.

Des professionnels de la santé au grand public, l’endométriose est une pathologie gynécologique qui sou re encore d’un grand manque de reconnaissance alors qu’elle touche une femme sur dix. Silencieuse, cette pathologie invalidante qui se traduit par de vives douleurs peut menacer gravement la fertilité des femmes.

Avec un retard de diagnostic moyen de sept ans, l’endométriose engendre parfois des complications lourdes et coûteuses qui pourraient être évitées par un meilleur dépistage.

C’est face à ce constat que les deux parlementaires antibois, le député Éric Pauget et la sénatrice Alexandra Borchio-Fontimp ont chacun déposé une proposition de loi commune à l’Assemblée nationale et au Sénat instaurant un parcours de prévention, de dépistage et d’accompagnement de l’endométriose. Cette proposition de loi qui a été élaborée en concertation avec la présidente de l’association EndoFrance.

Au delà des mesures de reconnaissance de cette maladie déjà engagées par des parlementaires français, ce texte propose desormais :

– À 15 ans, une consultation médicale gratuite et obligatoire de sensibilisation et de prévention de l’endométriose, qui pourra être accompagnée d’un examen gynécologique facultatif nécessitant le consentement de la mineure et de son tuteur légal.
– À 21 ans, une seconde visite de prévention sur la base du volontariat.

– Une prise en charge intégrale des consultations et examens de prévention de l’endométriose ainsi que des soins de cette maladie.
– La gratuité des pilules contraceptives prescrites dans le cadre de l’endométriose.
– Un module de sensibilisation à la prévention l’endométriose durant la formation des

futurs médecins.

Estimée à 75 millions d’euros, cette mesure permettrait de faire considérablement chuter les dépenses de soins liées à cette pathologie, dont le coût avoisine les 750 millions d’euros par an. Et au delà du simple aspect financier, c’est avant tout la santé des Femmes et le droit de l’enfant pour chaque famille qui est en jeu.