Nadia Nadim, star du foot au parcours beau comme la liberté..

Nadia Nadim, footballeuse danoise avec 98 apparitions internationales à son actif, est devenue médecin après 5 ans d’études tout en continuant de briller au football. Nadia Nadim, qui a fui l’Afghanistan lorsqu’elle était enfant, a joué un rôle crucial au sein du Paris Saint-Germain en remportant le titre de Division 1 pour la première fois de son histoire, marquant 18 buts en 27 matchs.

« Merci à tous ceux qui m’ont soutenu depuis le premier jour et à tous les nouveaux amis que je me suis fait en cours de route. Je n’aurais pas pu le faire sans vous, et je serai toujours reconnaissante de votre soutien », a-t-elle tweeté le 14 janvier.

Née à Herat en Afghanistan, elle y a vécu jusqu’à ce que son père, un général de l’Armée nationale afghane (ANA), soit exécuté par les talibans en 2000. Après cela, sa famille fui au Danemark via le Pakistan, où elle débute son parcours footballistique en jouant pour B52 Aalborg et L’équipe de Viborg. « Nous avions prévu de nous enfuir à Londres, où nous avions quelques parents, et avec de faux passeports, nous sommes venus en Italie via le Pakistan« , raconte Nadia sur son site Internet. « A partir de là, toute ma famille et moi sommes allés dans un camion, pensant que nous allions vers Londres. « Après quelques jours, nous avons tous quitté le camion, nous attendant à voir Big Ben. Nous ne l’avons pas vu. Tout ce que nous avons vu, ce sont des arbres. Nous avons demandé à un passant et avons découvert que le bus nous avait déposés au Danemark. » Après avoir joué au Danemark pendant environ 7 ans, Nadia Nadim déménage à Manchester City en janvier 2018 et fait ses débuts avec Manchester City le 7 janvier 2018 lors d’une victoire 5-2 contre Reading. Un an plus tard, elle s’installe en France et rejoint l’équipe du Paris Saint Germain en 2019.

Jugée comme l’une des femmes les plus puissantes par Forbes, Nadia Nadim réalise un travail remarquable d’ambassadrice pour les Nations Unies et utilise ses atouts afin de contribuer à l’amélioration de la société.

Récemment, Nadia Nadim s’est associée au PSG et à KLABU, une organisation qui aide à construire des clubs sportifs pour les enfants dans les camps de réfugiés.

Plus qu’une athlète exceptionnelle, Nadia aimerait qu’on se souvienne d’elle comme d’une gentille guerrière qui a donné l’exemple à tous ceux qui viendront après elle.

La pub se rachète une image ?

Vingt-huit marques ne feront plus de pubs en surfant sur le sexisme.
Vingt-huit c’est long à citer mais ça vaut quand même le coup de le faire : Bel, BNP Paribas, Citeo, Citroën, Coca-Cola, Danone, DS, EDF, Ferrero, Galeries Lafayette, Lesieur, L’Oréal, Mars, Michelin, Nespresso, Nestlé, Opel, Orange, Orangina, Pernod Ricard, Peugeot, PMU, Procter & Gamble, Renault, SNCF, Société générale, Unilever, Yves Rocher. Toutes ces marques ont accepté de signer quinze engagements qui doivent concrétiser une démarche de communication responsable. « Cet engagement intervient alors que le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a décidé ces dernières années de combattre les stéréotypes sexistes à la télévision.

Après avoir regardé 2000 publicités diffusées juste avant 20 heures sur 24 chaînes, le CSA affirmait dans un rapport d’octobre 2017, que « le rôle attribué aux femmes est réducteur et, volontairement ou non, des stéréotypes de genre imprègnent encore un grand nombre de messages » » rapporte L’Express.
Parmi les images les plus répandues, le CSA listait que les femmes sont globalement minoritaires (46%) que les jeux d’argent mettent en scène 78% d’hommes, les voitures 64% et la technologie 58%. Les femmes sont elles majoritaires à 63% pour les produits de soin, 57% pour l’habillement et la parfumerie et autour de 55% pour les loisirs et produit de santé.
« Autre constat du CSA: la publicité sexualise plus les femmes que les hommes. Sur 82 messages mettant en scène des attitudes suggestives ou des cadrages intimes, 55 le faisaient via des corps féminins » ajoute L’Express.
Pour ce qui est de l’aspect femme à poil pour vendre, on peut comprendre. En revanche, pour le reste, les publicitaires vont s’arracher les cheveux s’ils ne peuvent plus mettre en scène les principales cibles d’un produit.
La réclame est elle là pour faire en sorte que plus de femmes s’intéressent aux voitures ? Naïvement on pensait que la pub était là pour donner envie d’acheter.

Sylvaine Grévin, présidente de la Fédération Nationale des Victimes de Féminicides : « La réponse judiciaire n’est pas adaptée »

Elle parle d’une voix douce mais convaincue, Sylvaine Grévin, Présidente de la Fédération Nationale des Victimes de Féminicides (FNVF) est bien décidée à faire bouger les choses et évoluer la société.

Un projet ambitieux ? Pas si l’on prend le temps de comprendre son parcours. Sylvaine est avant tout une femme meurtrie dans sa chair. Suite au décès de sa soeur Bénédicte Belair le 4 avril 2017, une instruction judiciaire est en cours pour meurtre sur conjoint depuis 2018 au parquet de Senlis.
Elle est donc la mieux placée pour écouter et assister les familles victimes collatérales de ce type de drame. Très sensible, celle qui a pour habitude « d’évacuer sur son mari les histoires entendues dans la journée » ne manque pas de courage et il en faut une sacrée dose. Mais Sylvaine, cadre dirigeante, est de ces femmes fortes, forgée aux us et coutumes des méthodes d’entreprise.

Fondatrice de la FNVF, Sylvaine Grévin est cosignataire – en compagnie de l’AFVF – d’une tribune adressée au Gouvernement, vendredi 3 novembre (disponible ici). Pour mieux comprendre le contexte, Sylvaine nous rappelle que « ce lundi 29 novembre à Portel-des-Corbières dans l’Aude une femme d’une quarantaine d’années a été tuée à l’arme blanche par son conjoint, le drame a eu lieu au sein du domicile du couple où il vivait avec leurs deux enfants de 7 et 10 ans. Il s’agit de la 106ème victime de féminicide depuis le 1er janvier 2021. »

A peine quelques jours avant elle, Sylvaine nous raconte avec horreur les circonstances du décès de Bouchra, mère de deux filles âgées de 5 et 14 ans, sous les coups de poignards de son ex-conjoint, qui sortait de prison: « Bouchra bénéficiait d’un dispositif de protection dont le fameux téléphone « grave danger ». Libéré le 5 octobre, son ex-conjoint avait violé son interdiction d’entrer en contact avec Bouchra ce qui avait déclenché ce dispositif. Il a été écroué le 8 octobre et quelques jours après le juge d’application avait révoqué deux mois sur les six de sursis. Il devait donc sortir le 7 décembre mais avec les remises de peine, l’ex-compagnon de Bouchra est sortie le 17 novembre, sans qu’elle n’en soit avertie. »

Et Sylvaine de se poser des questions bien légitimes : « pourquoi ce récidiviste ne portait-il pas de bracelet électronique ? Comment se fait-il que personne (NDLR : ni son avocat, ni le tribunal) n’est averti la jeune femme ? La majorité des victimes doivent faire elles-mêmes la démarche de contacter le Juge aux Affaires Familiales pour savoir si leur ex-conjoint est sorti de prison. » Et de conclure avec son empathie habituelle: « Bouchra n’aurait jamais dû mourir ! « 

A l’heure où la championne de judo Margaux Pinot, soutenue par de nombreuses personnalités du monde sportif, dénonce des faits de violences commis par son compagnon et entraîneur Alain Schmitt, le tribunal de Bobigny estime “n’avoir pas assez de preuves de culpabilité” pour inculper le compagnon de Margaux Pinot qui pose la question à son tour : « Que manquait-il ? La mort au bout, peut-être ? » Le parquet a fait appel de la relaxe.

En France, les chiffres des violences conjugales s’envolent.

Selon le ministère de l’Intérieur, elles ont ainsi augmenté de 10% sur l’année 2020 (confinement oblige). Environ 87% des victimes de violences conjugales sont des femmes.

Dans un rapport produit le 9 octobre 2020 le haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes indique que 80% des plaintes de violences conjugales sont classées sans suite.

La FNVF a noté une augmentation des crimes conjugaux avec un taux de récidive sur les 105 auteurs recensés de 26%.

Selon le rapport du ministère de l’Intérieur, sur les morts violentes au sein du couple pour 2020, les femmes représentent 82% du total des victimes.

Pour Sylvaine Grévin, « jamais autant de mesures n’ont été mises en place : bracelets électroniques, téléphone « grand danger », pour autant – et elle insiste – l’accompagnement des victimes, les réponses judiciaires, le suivi des auteurs et l’application des mesures décidées par le gouvernement, ne sont pas adaptées ni évaluées comme il le faudrait. Les délais d’obtention du « téléphone grand danger », par exemple, sont beaucoup trop longs (Sylvaine nous raconte alors l’histoire de Laly1, femme victime de violences, qui a mis 4 mois pour obtenir enfin le téléphone grave danger après en avoir fait la demande auprès d’une association – NDLR), les hébergements d’urgence ne sont pas toujours adaptés, avec des décisions judiciaires incompréhensibles qui interdisent à l’auteur des violences de s’approcher de sa compagne mais qui en parallèle l’autorise à rendre visite à ses enfants dont on sait qu’ils sont les victimes directes des violences subies par leur mère. »

Face à un véritable phénomène sociétal en hausse, Sylvaine nous évoque le modèle Espagnol où le nombre de féminicides a baissé de 25 % depuis 2004. Selon ONU Femmes, l’Espagne bénéficie d’une des lois les plus protectrices dans le monde. Une loi-cadre intitulée : « Mesure de protection intégrale contre les violences conjugales » a en effet été votée en 2004. Elle a été complétée en 2017 par une loi « pacte d’État » contenant 290 mesures interministérielles.

« Il faut évaluer la dangerosité des potentiels auteurs de féminicides, mais la justice manque de moyen et de psychiatres sur le terrain car le métier de psychologue public est peu reconnu et malheureusement sous-payé« , nous détail Sylvaine, « il y a encore trop d’effets d’annonces suivis de peu d’applications des mesures. Le ministère public n’a pas de moyens humains et il n’y a pas de coordination entre les services. Savez-vous que les familles des victimes de féminicides sont tenues de nettoyer elles-mêmes la scène de crime ou de prendre à leur charge la société de nettoyage ? Cela rajoute au traumatisme.. » nous raconte celle qui se retrouve confrontée à cette réalité violente et inhumaine au quotidien.

Nommée au sein du groupe de travail du gouvernement sur le sujet, ses propositions sont entendues mais sont-elles véritablement prises en compte ? Parmi les nombreuses demandes de la FNVF dans la Tribune à paraître dans Le Monde, Sylvaine Grévin insiste sur l’urgente nécessité de faire évoluer le fonctionnement actuel de la justice concernant l’application des lois et une meilleure prise en compte des victimes et parties civiles. Elle s’associe en cela à l’appel des 3000 magistrats et leur tribune (parue le 23 novembre dans Le Monde, NDLR) soulignant un certain nombre de problématiques sur la désorganisation générale et l’archaïsme de cette lourde machine judiciaire mais souhaite aller encore plus loin.

« Nous souhaitons la nomination d’une commission interministérielle indépendante en charge des violences conjugales et des Féminicides (…) Nous souhaitons à l’instar de l’Espagne la création d’un tribunal spécifique aux violences intra-familiales avec la mise en place d’une filière de formation débouchant sur la fonction de juge spécialiste en violences conjugales afin que ce fléau soit traité à part entière ce qui permettrait une prise charge plus efficiente et allègerait la surcharge actuelle des tribunaux judiciaires. »

Cadre dirigeante dans sa vie professionnelle, Sylvaine nous évoque les reportings effectués en entreprise auprès de sa hiérarchie : « L’objectif de cette commission serait d’effectuer un contrôle qualitatif des mesures décidées par le gouvernement en fournissant un rapport semestriel à chaque ministère concerné. Nous le faisons tous tous les jours dans le cadre professionnel privé, pourquoi n’en serait-il pas de même dans le domaine public ? »

Collage Paris 2019 – Ittmust

On les oublie encore trop souvent.. D’après Josiane Bigot, présidente de la CNAPE et magistrate, on estime à 4 millions le nombre d’enfants qui seraient au total témoins de violences conjugales en France. Pour Sylvaine Grévin ces premières victimes collatérales sont à protéger plus efficacement : « Nous devons aller plus loin que le décret n° 2021 -1516 du 23 novembre 2021 tendant à renforcer l’effectivité des droits des personnes victimes et souhaitons la suspension immédiate pour le conjoint violent des droits de visite et d’hébergement de ses enfants. L’interdiction de visite médiatisée pour les conjoints condamnés avec retrait systématique des droits parentaux aux conjoints maltraitants.« 

Combattive, sans une once d’agressivité, Sylvaine, qui se dit féministe, n’est pas une femme résignée. Afin de légitimiser le combat, elle souhaite avant tout « porter les voix de celles qui ne sont plus » avec la ferme conviction que « la sororité et l’espoir peuvent changer les choses« . Pour cette femme sensible, les associations féministes sont d’une aide précieuse qu’il ne faut pas sous estimer, « ensemble et dans la bienveillance on peut faire beaucoup en se soutenant les unes, les autres« .
Gageons qu’avec une telle humanité, de telles actions et une motivation chevillée au corps, la porte parole de celles qui ne sont plus, fera résonner à nouveau leurs cris très haut.

1 Pour des raisons d’anonymat, le prénom a été changé.

Site de la Fédération Nationale des Victimes de Féminicides : www.fnvf.org

Page Facebook de la Fédération Nationale des Victimes de Féminicides : www.facebook.com/FNVF.Asso

Tribune au gouvernement

Si vous êtes victime de violences, ou si vous êtes inquiet pour une membre de votre entourage, il existe un service d'écoute anonyme, le 3919, joignable gratuitement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. D'autres informations sont également disponibles sur le site du gouvernement, où il est également possible de déposer un signalement.

Journée internationale des femmes en politiques, continuons la lutte !

A l’initiative du réseau Elues locales, qui entend soutenir et valoriser les femmes pour lever les obstacles à leur engagement politique et leur permettre d’accéder aux plus hautes responsabilités, sera lancée le 4 décembre prochain, la journée internationale des femmes en politique.

Les chiffres sont affligeants ! Une étude conjointe APCE/UIP souligne que des actes de sexisme, d’abus et de violence à l’égard des femmes sont fréquents dans les parlements nationaux des États membres du Conseil de l’Europe :

  • 85,2% des femmes parlementaires ayant pris part à l’étude indiquent avoir fait face à des violences psychologiques au cours de leur mandat
  • 46,9% ont reçu des menaces de mort, de viol ou de coups
  • 58,2% ont été la cible d’attaques sexistes en ligne sur les réseaux sociaux
  • 67,9% ont été la cible de remarques portant sur leur apparence physique ou fondées sur des stéréotypes de genre
  • 24,7% ont subi des violences sexuelles
  • 14,8% ont subi des violences physiques
  • Les femmes parlementaires de moins de 40 ans sont davantage visées par les actes de harcèlement.

Jusqu’à présent, en France, la violence que subissent les femmes en politique n’attire pas l’attention des médias ni du grand public. Les chiffres à ce sujet sont limités et compliqués à collecter. Les femmes ne témoignent pas ou peu. Pourtant cette violence est réelle et systémique et ce à tous les niveaux du pouvoir, que ce soit sous les ors de la République ou dans le couloir d’une petite mairie de village.

Une enquête nationale sur les violences sexistes à l’encontre des femmes en politique est actuellement en cours afin de collecter des données objectives. Les résultats seront dévoilés le 3 décembre lors de la conférence de presse donnée en vue du lancement de la journée. Les organisateurs espèrent également pouvoir réunir au moins 500 femmes politiques de la France entière le 3 décembre pour le lancement officiel de cette journée avec l’objectif que le 4 décembre devienne la journée où les femmes politiques de petites communes rurales, les adjointes de grandes villes, les députées, les sénatrices et les ministres se réunissent pour dire non à la violence qu’elles subissent du fait de leur genre.

Brillante Magazine est partenaire officiel de cette journée, pour que continue la lutte..

Plus d’info sur : https://www.journeeinternationaledesfemmesenpolitique.com/

Mali. « Notre corps n’est pas la propriété de l’homme. »

Au Mali, la société reste encore très patriarcale et peu de femmes accèdent à l’éducation. Bon nombre de femmes quittent les campagnes pour Bamako, dans l’espoir d’améliorer leurs conditions de vie, voire de fuir un mariage forcé. Mais elles sont vite confrontées à une misère plus crasse encore : celle de l’exploitation dans toutes ses formes. Loin de se résigner, des religieuses ont relevé le défi de sauver et de promouvoir les femmes du Mali.

Située au Sud-Ouest du Mali, la ville de Bamako a de multiples visages entre les banques ultra modernes, les parcs au bord du Niger et les marchés surpeuplés de la vieille ville. Les larges boulevards qui traversent Bamako tranchent avec le dédale de petites ruelles adjacentes de sable rouge, ponctuées de trous plus ou moins profonds et de ponts de fortune au-dessus de fossés. Quand la nuit tombe sur la capitale, le tohu-bohu s’apaise et laisse place aux aboiements des chiens errants. Quelques notes de musique lointaine percent les ténèbres de la ville peu éclairée. Dans les rues, aucune femme ne sort seule car le danger est partout. Pourtant, chaque année, elles sont nombreuses à quitter leur village natal de brousse pour trouver du travail à Bamako et fuir la misère. Perdues, souvent seules, ces femmes sont vulnérables.

S’affranchir, s’élever, entreprendre

Sans éducation et ne connaissant pas leurs droits, les jeunes filles des campagnes maliennes sont souvent les victimes de tous les abus une fois arrivées à Bamako : maltraitance, servage, prostitution… « Il est facile de trouver du travail comme employée de maison dans une famille », explique Maria, une jeune malienne de trente ans, « tu frappes aux portes et proposes tes services pour la cuisine, le ménage, les enfants… Mais tu risques de te faire complètement exploiter ! » Aucun jour de repos, logées sous l’escalier, un salaire de misère… La liste des abus est longue. Une situation à laquelle Maria a pu échapper grâce au Centre Vicenta Maria. « J’ai quitté mon village pour gagner de l’argent et aider ma mère, veuve, à survivre. A Bamako, une vieille dame m’a indiqué ce centre. » Depuis ce jour, la vie de Maria a pris un tournant.

Au centre Vicenta Maria, les jeunes filles sont très proches des religieuses. Une relation qui va au-delà de la religion. Maria, à gauche, est musulmane.

En 2000, le centre Vicenta Maria ouvre ses portes à Bamako, dans le quartier du fleuve, afin d’accueillir les jeunes filles démunies venues des campagnes. Mais son action va bien plus loin : il promeut la femme et lui donne les clefs pour s’affranchir, s’élever et entreprendre. Il est aussi appelé « centre de promotion féminine. » « Les femmes au Mali sont encore très soumises. » Sœur Marie-Dominique est l’ancienne responsable provinciale des Religieuses de Marie Immaculée d’Afrique. Depuis près de vingt ans, la congrégation catholique se bat pour que la femme africaine puisse être indépendante. Un combat qu’elle porte partout dans le monde. « Notre vocation est d’aider les femmes. C’est notre mission. Nous voulons leur faire prendre conscience de leur dignité, de la beauté de ce qu’elles sont. L’avenir de l’Afrique passera par la femme, c’est une certitude », affirme-t-elle sans détour. Le centre Vicenta Maria se divise en trois structures : le centre social, le foyer et le centre de promotion féminine. Chaque année, 1 000 femmes sont orientées vers le monde professionnel. Le centre social forme une vingtaine d’employées de maison par semaine. Le centre de promotion propose trois formations différentes pour près de 200 femmes : coupe-couture, pâtisserie-restauration et coiffure-esthétique.

« Nous voulons leur faire prendre conscience de leur dignité. »

Soeur Marie-Dominique

Tout en longueur, recouverte de grandes glaces, la salle de classe ressemble à un studio de danse. Au programme de la journée : pose de faux ongles et cours de tressage. Chaque jeune fille est affairée sur une tête-à-coiffer au regard aussi séducteur qu’impassible. Des clientes pour le moins facile à contenter. Tresses, chignons, boucles de toutes les couleurs ornent leurs visages de plastique. « Pendant leur formation, les filles font des stages chez des professionnelles », souligne sœur Christa, « il arrive qu’elles soient embauchées à la fin du stage. D’autres veulent monter leur propre salon. » Il en va de même pour les apprenties pâtissières qui décrochent des emplois dans les hôtels huppés de Bamako. Concernant la filière couture, « c’est plus difficile pour les couturières de créer leur entreprise à cause des impôts qui sont trop élevés. Alors, elles vendent leur production sur la base du bouche-à-oreille, sans être déclarées. » Les jeunes couturières trouvent aussi du travail dans les ateliers privés de couture.

Côté centre social, les religieuses ont des exigences à contre-courant des habitudes de la société bamakoise pour protéger les employées de maison. « Nous rencontrons chaque futur employeur », explique sœur Marie-Jeanne, en charge du centre social, « nous faisons signer un contrat, entre les deux parties, conforme au droit du travail avec un salaire minimum de 20 000 francs CFA [ndlr : environ 30 €]. » Un montant relativement élevé puisque la moyenne d’un salaire d’employées de maison oscille entre 7 000 et 7 500 francs CFA. « L’employeur doit aussi fournir une chambre et la nourriture. L’employée de maison doit avoir un jour de repos par semaine. » Une association réunissant des avocats vient en aide aux religieuses en cas de litiges.

Avec l’alphabétisation obligatoire, certaines souhaitent reprendre leurs études après la formation au centre social ou au centre de promotion féminine. « Ce qui est beau, c’est qu’elles sont ambitieuses et veulent passer les diplômes », souligne sœur Christa. Un moyen pour certaines d’échapper aux mariages arrangés.

Le mariage attendra

Dans les zones rurales maliennes, les garçons sont scolarisés avant les filles. « Les familles considèrent que c’est une perte de temps et d’argent d’envoyer les filles à l’école. La femme va être mariée et donc quitter le foyer tandis que l’homme s’installe à côté de ses parents pour reprendre la ferme ou les champs », explique sœur Marie-Dominique.  Les jeunes filles du centre Vicenta Maria sont âgées de 15 à 30 ans. « Il arrive que des filles de moins de 15 ans viennent frapper à notre porte. Dans ces cas-là, nous les emmenons à l’école et tentons de sensibiliser leurs parents », explique sœur Christa, responsable du centre.

C’est le cas de Marie-Dominique, 14 ans. Foulard noué sur la tête, un large sourire illumine son visage. Venue de Côte d’Ivoire avec son oncle, Marie-Dominique avait perdu tout espoir après le décès de sa mère. « Je ne sais pas qui est mon père. Je pensais que ma vie était terminée, sans issue… » Au centre de promotion féminine, la jeune fille est orientée vers la couture « mais ça ne me plaisait pas alors j’ai suivi le cursus pâtisserie. » Les religieuses décèlent en Marie-Dominique un réel potentiel pour les études et lui suggèrent de retourner à l’école. « Je suis en classe de 5ème », dit la jeune fille avec une pointe de timidité, « je souhaite suivre des études de lettres pour un jour devenir journaliste. » Et lorsque l’idée du mariage est évoquée, Marie-Dominique botte en touche : « la femme doit travailler et ne pas rester au foyer. Il ne faut pas être pressé et construire sa vie au fur et à mesure. »

Marie-Dominique souhaite devenir journaliste.

Tous les sujets qui touchent la femme suscitent de nombreux tabous dans les familles. C’est pour cette raison que les religieuses ont mis en place des causeries pour les jeunes filles du foyer. « Nous donnons des cours de biologie et d’anatomie sur le fonctionnement du corps et les maladies du type MST. Par exemple, beaucoup de jeunes filles ne savent pas ce que sont les menstruations. Elles paniquent complètement lorsqu’elles saignent pour la première fois », souligne une religieuse. Toutes les semaines, les causeries permettent d’aborder les sujets sensibles comme les grossesses précoces ou encore l’excision. « Elle sont attentives car c’est très nouveau pour elles. » Les sœurs souhaitent faire prendre conscience aux jeunes femmes de l’importance de leur rôle dans la société, de la vertu féminine et de la beauté de leur corps.

« Notre corps n’est pas la propriété de l’homme », rappelle Maria lorsqu’elle témoigne lors des « causeries » auprès des autres jeunes filles pour les sensibiliser sur le mariage. « J’ai 32 ans à présent et je ne peux pas retourner dans mon village car je refuse de me marier. Il faut que la femme puisse être indépendante financièrement, s’élever dans la société malienne par l’étude, l’éducation et le travail. » Un défi que l’ensemble des sociétés africaines doivent relever.

Journée internationale de la fille, Vision du Monde invite à parrainer 100 petites filles du monde entier

Ce lundi 11 octobre aura lieu la Journée internationale de la fille, l’occasion pour l’association Vision du Monde, d’alerter sur les pires formes que peuvent prendre les violences faites aux filles dans les contextes fragiles, lorsqu’elles sont motivées par l’extrême pauvreté.

Chaque minute à travers le monde, 22 filles sont mariées avant leurs 18 ans, chaque année, près de 800 000 jeunes filles âgées de moins de 15 ans sont victimes de grossesses précoces, avant la pandémie, 132 millions de filles étaient privées d’éducation. Elles risquent d’être 11 millions à ne pas retrouver le chemin de l’école, en raison de la crise sanitaire.

L’éducation des filles en péril

Alors que l’éducation est un levier indispensable à l’émancipation des filles et au développement des populations, leur droit d’aller à l’école reste encore massivement bafoué. Face aux crises, les enfants et plus particulièrement les filles sont les plus exposés aux violences intensifiées par la fermeture des systèmes scolaires. Suite aux différentes mesures liées à la pandémie, ce sont des millions des filles supplémentaires qui risquent de ne pas reprendre le chemin de l’école, victimes de mariages et grossesses précoces et de travail infantile.

Dans les pays en développement, la pauvreté des familles représente un frein majeur à la scolarisation des petites filles. Frappées de plein fouet par la précarité, ces familles vulnérables sont contraintes de marier leur fille très jeune, pour des raisons financières. Certaines d’entre elles, voient le mariage comme le seul espoir d’une vie meilleure, bien loin de se douter qu’il viendra davantage assombrir leur avenir et les plonger dans le cercle vicieux de la pauvreté. Elles doivent bien souvent endosser un rôle jugé incompatible avec le suivi de leurs études.  

Le mariage précoce, une triste réalité en augmentation

Représentant une violation des droits de l’enfant, le mariage précoce demeure une réalité pour beaucoup trop de filles : 12 millions d’entre elles sont mariées avant l’âge de 18 ans chaque année.

La pandémie de COVID-19 a notamment provoqué une hausse inédite de cette pratique, ainsi 10 millions de filles supplémentaires risquent d’être mariées précocement en raison de la pandémie. Les mariages précoces ont plus que doublé entre mars et décembre 2020, par rapport à l’année précédente, et le nombre risque encore d’augmenter.

L’association Vision du Monde œuvre pour un monde où les filles peuvent grandir à l’abri du danger

Au sein de ses 18 programmes de développement répartis dans 11 pays, Vision du Monde place la défense des droits de l’enfant au cœur de ses actions. L’association se mobilise pour que chaque fille puisse avoir accès à l’éducation et grandir dans un environnement sûr où elle peut devenir actrice du changement. Via des Clubs d’enfants, les filles elles-mêmes s’emparent de la lutte contre les mariages précoces et sensibilisent leur entourage. Au Bangladesh, ce sont plus de 2 000 mariages d’enfants qui ont été récemment annulés !  

Cette année à l’occasion de la Journée internationale des filles, Vision du Monde invite les Françaises et les Français à parrainer 100 filles  pour leur permettre de grandir dignement loin de toutes formes de violences.  

Paris Fashion Week, l’Oréal rappelle son engagement aux côté des femmes

À l’occasion de la Paris Fashion Week, la première marque de beauté au monde s’empare une nouvelle fois d’un lieu hautement symbolique pour célébrer ses valeurs féminines et féministes, et rappeler l’importance de son programme « Stand Up contre le harcèlement de rue ».

Comme chaque année depuis 2017, le dimanche 3 octobre à 15 h, L’Oréal Paris, partenaire officiel de la Paris Fashion Week ®, organise la 4ème édition de son Défilé tant attendu et ouvert à tous, retransmis dans plus de 30 pays sur les réseaux sociaux de la marque.

Le thème de cette édition, qui marque également le 50ème anniversaire de la signature emblématique de la marque « Parce que vous le valez bien », est une ode à l’émancipation des femmes et à la diversité, et rappelle l’engagement militant de L’Oréal Paris aux côtés de toutes les femmes. Un engagement qui s’illustre également par le programme de formation   « Stand Up contre le harcèlement de rue », conçu pour lutter contre ce fléau et permettre aux femmes de marcher librement, sans crainte.
 
Une édition qui se distingue des précédentes également par sa direction créative audacieuse, qui célèbre la liberté de mouvement, d’expression de soi et de féminité. En organisant son défilé sur le Parvis des Droits de l’Homme – lieu chargé d’histoire où fut adoptée la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme – et en le rebaptisant pour l’occasion, « Parvis des Droits de L’Homme et de la Femme », L’Oréal Paris veut amplifier son message d’émancipation à destination de toutes les femmes du monde.

Pour Delphine Viguier-Hovasse, Directrice Générale internationale de L’Oréal Paris : « Le Défilé de cette année se veut une tribune exceptionnelle pour l’émancipation des femmes. Il véhiculera un message fort en faveur de l’estime de soi et bouleversa les codes des défilés traditionnels en invitant le public à rejoindre le programme « Stand Up contre le harcèlement de rue ». L’événement célèbrera notre vision de la féminité et du féminisme, et sera un cri de ralliement pour toutes les femmes – mais aussi pour les hommes – qui partagent nos convictions. Je suis fière de réunir notre famille mondiale de porte-parole inspirants pour défendre ces valeurs. »
Des porte-parole internationaux seront présents pour représenter les valeurs de diversité et d’inclusion de la marque, parmi lesquels Katherine Langford, Helen Mirren, Camila Cabello, Gemma Chan, Yseult, Nidhi Sunil, Aja Naomi King, Camille Razat, Jaha Dukureh, Liya Kebede, Cindy Bruna, Soo Joo Park, Luma Grothe, Nicolaj Coster Waldau, tout en perpétuant la tradition de L’Oréal Paris : mettre en scène une vision unique de la beauté dans les lieux les plus emblématiques de la Capitale.

Cette vision créative audacieuse est particulièrement pertinente cette année, puisque L’Oréal Paris fête le 50e anniversaire de la création de son fameux slogan « Parce que vous le valez bien », un puissant message féministe sur la valeur individuelle qui unit les consommatrices autour de la marque. L’Oréal Paris souhaite poursuivre aujourd’hui un objectif universel : être aux côtés de chaque femme, peu importe son âge et quelle que soit son origine, pour l’aider à prendre conscience de sa valeur.

« The Space That Makes Us Human », une série documentaire au cœur du débat spatial mondial

Réunissant bon nombre des principaux acteurs.ices de l’écosystème spatial international contemporain, The Karman Project dévoile le documentaire « The Space That Makes Us Human » (l’espace qui nous rend humains), tissant des liens entre l’Art et la science menée par l’agence de production et de stratégie créative Impolite Culture GmbH.

Au moment où l’espace est une part essentielle du futur de l’humanité, l’ambition de ce projet est de faire entendre des voix nouvelles au sein du débat mondial spatial, accélérant ainsi les collaborations et coopérations vers un avenir où l’espace sera exploré et investi dans le sens du bien commun.

Cette nouvelle série de documentaires met en avant l’importance de la diplomatie spatiale avec des leaders de l’industrie spatiale publique et privée, destinée à engager un dialogue entre les acteurs de la communauté spatiale et la société, dans le but de susciter une prise de conscience de l’importance de la coopération spatiale, et analyse ainsi les retombées positives de l’exploration spatiale sur l’humanité.

À travers ce documentaire mêlant aux entretiens inédits des courts-métrages réalisés par des cinéastes reconnus, le projet dévoile les réflexions et anecdotes de figures centrales de la communauté spatiale réunis au sein du Karman Project dont plusieurs femmes d’influences Karen Hitschke, Impact investisseur, Katherine Bennell, Director of Space Capability and Director of Robotics & Automation Australian Space Agency, Hélène Huby, Co-Founder & Chairwoman of The KarmanProject, VP Orion-ESM, dont vous pouvez retrouvez les interviews sur la chaine YouTube de Brillante Magazine.
Mais également des hommes et pas des moindres : Jean-Jacques Dordain, ancien directeur général de l’ESA, William Gerstenmaier, ancien administrateur associé de la NASA et actuel vice-président de Space X, Thomas Pesquet, astronaute, Chris Boshuizen, entrepreneur et investisseur spatial.

Le documentaire met en lumière des aspects clefs, tels que les technologies spatiales en tant que vecteurs essentiels de l’éducation, la connectivité, de la lutte contre le changement climatique ou encore les questions de gouvernance et diplomatie spatiales. Conçus par la Karman Community, ses quatre chapitres explorent également l’étroite relation que l’humanité entretient avec l’espace, autant d’expériences artistiques s’adressant aussi bien aux experts qu’à un public plus vaste fasciné par l’espace.

Le chapitre 1 « Exploring The Unknown » (Explorer l’inconnu) nous entraîne au sein d’un parcours orinique qui commence au début de l’existence, dans cette expérience commune aux êtres humains, qui en regardant vers le ciel, se laissent aller au rêve. Le duo de réalisateurs Bonasia & Narcisi se penche sur la source de toute exploration, nous emmenant dans un voyage vers l’inconnu pour comprendre les limites de l’univers – et y briser les nôtres.

Le chapitre 2 « Cosmic Link » (Lien cosmique) est conçu par trois réalisateurs et produit entre la France, l’Allemagne et l’Ukraine. Ce film emprunte la forme d’une danse légère mettant en scène 30 danseurs dirigés par le chorégraphe Sadeck Waff. Cosmic Link représente la connexion entre l’espace et la Terre,ainsi que la connectivité des hommes et des machines en tout temps et tout lieu, grâce aux infrastructures spatiales. Le film comprend un extrait d’interview deJonathan Hofeller, vice-président des ventes commerciales de Starlink chez Space X, il est réalisé par Lorenzo Musiu, Anastasia Kovalchuk, Stephane Barbato.

Le chapitre 3 « Terra Cene » En 1977, le Golden Record étant envoyé dans l’espace,contenant des sons et des images sélectionnés pour représenter la diversité de la vie et de la culture sur Terre, et destiné à toutes formes de vies extraterrestres intelligentes susceptibles de le trouver. Dans ce film, les réalisateurs Rodrigo Inada et NONO – Nono Ayuso – explorent comment les hommes ont tenté d’établir le contact avec des formes de vies existantes par-delà notre galaxie, sur de lointaines planètes. Un constat s’impose : 50 ans seulement après le lancement d’Apollo, nous avons malheureusement perdu le contact avec notre planète.

Pour clôturer cette série, le chapitre 4 « The Way Forward » (La voie à suivre) souligne notre responsabilité collective face à notre avenir dans l’espace, lequel ne pourra être assuré qu’à travers une collaboration transparente et responsable. Inspiré par les 300 scientifiques impliqués dans le projet Event Horizon Telescope qui a permis de photographier la toute première image d’un trou noir, le duo de réalisateurs Jungle dépeint notre ambition collective d’explorer « The space that makes us human ».

Une première exclusive a été diffusée le 19 juillet 2021, devant un public d’environ 2 millions de personnes sur le site NOWNESS.

Le premier film pourra être visionné le 19 juillet 2021 sur la plateforme : media.karmanproject.org.
Les autres chapitres seront ensuite diffusés indépendamment tous les deux jours.

« Nées pour surfer », un hommage aux femmes qui font le surf

Loin du cliché tenace du surfeur blond à la peau tannée par le soleil et les embruns, les femmes, font le surf et font du surf. Ce sport, si masculin, attire de plus en plus de mamans, d’exploratrices, de globe-trotteuses ou encore d’activistes qui font changer le regard du grand public et c’est tant mieux !

L’hommage que Carolina Amell rend à ces femmes est beau et émouvant.

Carolina Amell est graphiste freelance créative. Elle est tombée amoureuse du monde de l’édition et plus particulièrement des livres illustrés et de l’aspect créatif que requiert leur création. Sa sensibilité de graphiste est criante de beauté dans le livre qu’elle nous présente ici, hommage en forme d’ode aux femmes qui pratiquent le surf.

Elles sont photographes, réalisatrices, globe-trotteuses, entrepreneuses ou « mamans professionnelles » et entretiennent toutes une passion en commun, aller glisser sur l’océan. Entrer dans la vague qui donnera ce shoot d’adrénaline tant attendu, cette sensation de risque. Mesuré, certes, mais risque quand même.

Surfeuses et femmes

Qu’on ne s’y trompe pas, ces femmes engagent autant d’énergie à la pratique de leur sport que le font les hommes. Pas de protection supplémentaire, de soins ou d’artifices de sécurité, les femmes que Carolina présente prennent en réalité bien plus de risques que leurs homologues masculins. Elles mènent leurs vies de femmes, leurs vies de revendicatrices, pour certaines, et leurs vies sportives de haut – très haut – niveau.

Leur philosophie, leurs motivations, elles les expliquent en complément de splendides images, beautés réelles et charnues. Charnues comme les vagues, charnues comme la houle, charnues comme de vraies femmes, loin des clichés anorexiques d’ordinaire portés pour vendre quelque vêtement sans âme.

De grands noms au service d’une cause noble

Si ces femmes parlent et témoignent de leur passion, c’est pour délivrer un double message au sein de cet ouvrage. De front, elles soutiennent la voix de l’océan, militent pour la préservation et le respect de cet écosystème si vulnérable qui anime leurs feux sacrés. En tant que femmes, elles forcent le respect dû à toutes celles et à tous ceux qui ont osé. Osé aller dans la vague, oser saisir cette chance dont Séréna Lutton dit “Dans la vie, la seule chance qu’on a est celle qu’on se donne”.

En définitive, ce ne sont pas 36 portraits de 36 femmes ou de 36 surfeuses, que nous propose ce beau livre, touchant et captivant de Carolina Amell. Au delà du genre et des clmichés, ce sont 36 portraits d’êtres humains qui entretiennent en commun une passion.

Nées pour surfer

  • Édition Glénat
  • 22 x 28,5 cm
  • 242 pages
  • 39,50 €
  • EAN : 9782344042922

Thaïlande. Des féministes harcelées pour leur engagement démocratique.

LAUREN DECICCA / GETTY IMAGES VIA AFP

D’après un rapport publié en février dernier par l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, les droits fondamentaux des femmes qui ont joué un rôle majeur dans la conduite de manifestations pro-démocratiques en 2020 en Thaïlande ont fréquemment été bafoués dans le but d’entacher leur crédibilité et de les décourager.

« Garder la tête haute : c’est la devise des défenseures* des droits humains en première ligne des manifestations pro-démocratie en Thaïlande ». C’est ainsi que pourrait se traduire le titre du rapport Standing tall – Women human rights defenders at the forefront of Thailand’s pro-democracy protests . 22 femmes ont été interviewée, toutes engagées dans la protection et la promotion pacifiques des droits humains et des libertés fondamentaux dans le cadre des manifestations qui ont démarré en juillet 2020 réclamant une réforme de la monarchie à travers le pays. Ces militantes ont été les cibles systématiques d’acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux pour avoir participé à ces rassemblements .

Attaques et violences répétées

Recours à des lois et décrets répressifs contraires aux normes internationales , harcèlement, intimidation et surveillance de la part des autorités qui se rendaient notamment à leur domicile ou dans leur établissement universitaire afin de les intimider ou recueillir des informations sur leurs activités: la liste des attaques et tentatives de déstabilisation est longue. Elles doivent aussi faire face à d’autres types de violences liées à leur sexe : elles ont notamment rapporté avoir été la cible d’agressions par les acteurs gouvernementaux, principalement des violences et harcèlements oraux qui leur étaient destinés uniquement en raison de leur sexe et/ou de l’expression de leur genre. Elles ont en outre subi une pression de la part de leur propre entourage en raison de leur militantisme. Cette situation a touché les étudiantes de façon disproportionnée, car elles sont nombreuses à dépendre de leur famille.

Démocratie et féminisme

Les féministes ont connu des difficultés au sein même du mouvement pro-démocratie. Une frange de manifestants jugent que leurs combats sont moins urgents que la lutte démocratique et qu’ils peuvent attendre. « Ça serait complètement hypocrite de prétendre se battre pour la démocratie tout en ne voyant rien de mal dans l’inégalité des sexes » condamne Verita Sriratana, professeure agrégée au Département d’anglais de la Faculté des arts de l’une des plus grandes universités de Bangkok, l’Université Chulalongkorn, et engagée sur les questions féministes en Thaïlande.

Le rapport formule de nombreuses recommandations tant à l’égard du gouvernement thaïlandais que de la communauté internationale pour assurer la protection des femmes défenseures des droits humains et le respect de leurs droits fondamentaux conformément aux normes internationales.

*le parti qui a été pris ici est de féminiser à dessein le mot « défenseur », même si la féminisation du terme n’est pas reconnue par l’Académie française.

Iran : trois femmes détenues politiques entament une grève de la faim

Trois femmes ont entamé une grève de la faim dans la prison de Qarchak en Iran pour protester contre les conditions déplorables dans lesquelles elles sont détenues.

Les prisonnieres, Sakineh Parvaneh, Soheila Hejab et Zeinab Jalalian ont entamé une grève de la faim ces derniers jours pour protester contre le traitement inhumain infligé par les autorités pénitentiaires, les peines de prison inéquitables et le non-respect du principe de la séparation des détenus par le type et la durée de la détention.

La prisonnière politique Zeinab Jalalian a entamé une grève de la faim depuis le samedi 20 juin pour exiger son transfert à la prison centrale de la ville de Khoy, dans la province de l’Azerbaïdjan occidental. La détenue kurde de souche, qui a été transférée de la prison de Khoy à la prison de Qarchak le 10 mai, avait récemment annoncé qu’elle entamerait une grève de la faim dans les prochains jours si elle n’était pas transférée à la prison de Khoy. Cette prisonnière politique a récemment été diagnostiqué du Coronavirus mais est détenue dans la salle de quarantaine de la prison de Qarchak sans accès à des soins médicaux.

Le 16 juin 2020, un militant des droits de l’homme basé à Téhéran a publié sur sa page Facebook les informations concernant le transfert de Zeinab Jalalian à la prison de Qarchak. «Malgré son infection par le coronavirus, les conditions de son emprisonnement n’ont pas changé. Même lorsqu’elle a été emmenée à l’hôpital pour subir un test de dépistage du coronavirus, elle a été maintenue menottée, y compris pendant l’examen. Elle a envoyé des lettres à de nombreuses autorités, mais personne n’a prêté attention à sa situation difficile », a-t-il écrit.

Zainab Jalalian, qui vient d’une famille kurde à Maku, dans le nord-ouest de l’Iran, est en prison depuis 13 ans.

Soheila Hejab, une autre prisonnière politique, a également entamé une grève de la faim depuis le 16 juin pour protester contre sa détention à la prison de Qarchak à Varamin et contre le refus des autorités de la transférer à la prison d’Evin.

Soheila Hejab a été violemment arrêtée par les agents des Gardiens de la révolution après avoir assisté à une audience devant la cour d’appel le 23 mai. Elle a été arrêtée pour la première fois en janvier 2018 à Shiraz pour «rassemblement, collusion et propagande contre le système». Elle a été arrêtée de nouveau le 6 juin 2019 par la Revolutionary Guard Intelligence Organisation et emmenée à la prison d’Evin où elle raconte avoir été si violemment battue par des gardiens de prison qu’elle a dû être emmenée à l’hôpital. Cependant, elle a été renvoyée en prison avant tout traitement.

Le 14 mars, Soheila Hejab a été temporairement libérée sous caution lourde. Le 18 mars, un tribunal présidé par le célèbre juge Mohammad Moghiseh l’a condamnée à 18 ans de prison pour «propagande contre le système», «formation d’un groupe de défense des droits des femmes» et «appel à l’organisation d’un référendum pour modifier la Constitution». La Cour d’appel a maintenant confirmé la peine.

La prisonnière politique Sakineh Parvaneh est également en grève de la faim depuis le 25 mai pour protester contre sa peine de cinq ans d’emprisonnement et sa détention illégale avec des prisonniers reconnus coupables de crimes violents.

Le tribunal révolutionnaire de Téhéran a condamné la prisonnière kurde à cinq ans de prison et à deux ans d’interdiction d’appartenir à des groupes politiques. Elle a récemment été battue par plusieurs criminels en prison.

Ils l’ont pris pour cible après que des responsables de la prison du quartier 3 de la prison de Qarchak les aient incités à la malmener.

Sakineh Parvaneh vient d’une famille kurde de la province de Khorasan, dans le nord-est de l’Iran. Elle a été transférée au quartier des femmes de la prison d’Evin après la période d’interrogatoire.

En mars 2020, la prisonnière politique a été transférée au quartier des femmes à Evin, où elle a griffonné des slogans anti-régime sur les murs et pour laquelle elle a été punie. Elle a ensuite été envoyée à la prison de Qarchak.

Plusieurs cas de mauvais traitements épouvantables ont été signalés à la prison de Qarchak.

L’installation est un élevage de poulets désaffecté qui détient des prisonniers dans des conditions surpeuplées et insalubres, sans accès à l’eau potable, à une nourriture décente, aux médicaments et à l’air frais. Connu pour ses conditions de vie «inhumaines», l’établissement était destiné à emprisonner des criminels de droit commun, mais le pouvoir judiciaire l’a également utilisé pour détenir des militants et des dissidents. De nombreuses informations ont fait état d’agressions à l’encontre de détenus à la fois par d’autres détenus et du personnel pénitentiaire, ainsi que d’une consommation de drogues et de maladies infectieuses.