Raquel Hab, la vie comme un roman

Raquel Hab, a 34 ans et vis et travaille à Paris dans une galerie d’art contemporain en tant que responsable administrative et juridique.

Passionnée d’art, de lecture, de voyages, de musique, de lego à ses heures perdues et tout récemment d’écriture, elle a eu la chance de voir son premier roman publié aux nouvelles éditions Hachette BMR dédiées à la romance.
Ces trois tomes reflètent tout ce qu’elle aime dans la vie et mets la femme à l’honneur avec un personnage qui a du caractère. Elle a souhaité nous raconter sa fabuleuse histoire …

Crédit photo : Vincent Bousserez – DR.

« Mais tu avais déjà écrit avant ? »
Je n’ai pas fait d’études littéraires, ni écrit quoi que ce soit auparavant, si ce n’est pour
accompagner un cadeau.
Nous sommes au début de l’année 2019, je viens de perdre ma grand-mère, tout va mal
dans ma vie, mon travail, ma vie sentimentale. Je vois les autres avancer, se marier, avoir
des bébés, j’ai l’impression de stagner. Je déprime silencieusement dans mon coin.
Puis je décide de me ressaisir, j’ai toujours voulu faire un voyage culturel et artistique,
c’est l’occasion ou jamais. Je cherche sur google et je tombe sur un site qui propose la
Pologne, 4 jours c’est parfait et je ne connais pas ce pays en plus. Direction Varsovie.
Le voyage est prévu pour mai. Mais en avril, il se passe quelque chose d’étrange, j’ai
comme des flash, des personnages, une histoire, je vois des scènes défiler devant moi
toute la journée. Je pars en Pologne en espérant que cela va s’atténuer ou disparaître
mais c’est pire, je suis comme possédée, ça ne veut plus s’arrêter.
Le voyage est au-delà de mes espérances, j’ai libéré les chakras comme on dit, une
nouvelle énergie positive est née, j’ai visité, rencontré, échangé, je me suis éclatée autour
d’une passion commune, l’ art, la culture, la préservation du patrimoine.
Après mon retour, les images ne cessent pas, ça s’amplifie. Je n’arrive pas à m’en défaire,
je dois évacuer mais comment ?
1 mois et demi après les premiers flashs, je décide d’écrire. Et là, je ne peux plus
m’arrêter, comme si j’avais été frappée par la foudre de l’écriture. Mon roman s’intitule
31 jours, c’est une histoire d’amour avec des personnages haut en couleurs, sur fond
érotique, artistique, juridique.
L’action se déroule à San Francisco sans que je ne sache pourquoi. Je décide de partir
directement là-bas pendant les vacances. Une fois arrivée, le livre prend vie dans la ville.
Je vois mes personnages marcher à mes côtés, se rencontrer, tomber amoureux.
Je l’achève au bout de trois mois. Vient le temps de la relecture et l’écriture, puis ça
devient pire. J’ai des images du 2 e , du 3 e et du prequel. Je comprends que c’est une
trilogie. Un an après l’avoir commencé je décide de l’envoyer à des Maison d’éditions
sans grande conviction. Sachant que personne ne l’a jamais lu, Je souhaite tout de même
avoir un refus.
J’essuie des refus jusqu’à le mail qui a changé ma vie. Hachette me contacte et me
demande si mon manuscrit est disponible. Mon cœur fait un bond en avant. Je réponds
positivement. On me recontacte deux semaines après. On veut le publier avec le label
romance d’Hachette qui s’appelle BMR. Une éditrice me contacte, elle a adoré. Mais
surtout, elle veut publier toute la trilogie.
31 jours sort le 2 juillet 2021 en numérique puis en papier…, le 2e sort le 2 aout, le 3e le 20
octobre (troisième tome que j’écris en 20 jours).
Les commentaires dessus sont incroyables, on me dit que ma plume est ensorcelante,
que je suis une magicienne des mots, mon histoire est captivante, elle casse les codes de
la romance. Les hommes adorent, je me fie aux commentaires sur les plateformes, c’est
une aventure folle qui commence.

Et pour répondre à la première question…Non, je n’avais jamais rien écrit auparavant.

Crédit photo : Raquel Hab. DR.

Trilogie 31 jours Tome 1, 2, 3 – Auteur Raquel Hab – Editions Hachette BMR

Focus sur le premier congrès « Femmes en sciences »

Le premier congrès Femmes En Sciences aura lieu les 18, 19 et 20 février 2022 au Centre des Congrès de la Villette, dans le 19e arrondissement de Paris.

La Journée internationale des Femmes et Filles de science a lieu chaque année le 11 février et c’est l’occasion de rappeler que le monde a besoin des sciences, et que les sciences ont besoin des femmes et des filles.

Cette année, le projet “Femmes En Sciences”, porté par l’Association Fédérative Nationale des Étudiant.e.s Universitaires Scientifiques (AFNEUS), organise son premier congrès, pour une valorisation de la femme dans les études scientifiques puisque moins de 40 % des étudiant.e.s en sciences sont des femmes (chiffres 2020).

Ouvert à tout.e.s et gratuit, vous pourrez ainsi assister à des conférences, des tables rondes, des ateliers de science participative, des expositions, des stands variés, des temps d’échange ainsi que des projections de documentaires et autres, pendant 3 jours.

Au travers des ateliers, vous découvrirez de nombreuses femmes scientifiques, leurs contributions, leur parcours ainsi que leur importance dans l’ensemble des domaines scientifiques. Vous pourrez également échanger avec elles sur leur quotidien, sur leur métier, leurs études et sur le monde scientifique dans sa globalité.

Des ateliers de sciences participatives permettront de découvrir tous les aspects de la science, de manière ludique et révèleront peut être des passions cachées ou feront naître des vocations.

Des conférences seront données par des chercheuses, des doctorantes, des ingénieures, des techniciennes, etc. vulgarisées afin de les rendre accessibles à toutes et tous. Ces femmes expertes parleront de leur domaine de travail et de leur métier.

Des expositions sur les « Femmes scientifiques d’hier et d’aujourd’hui » ainsi que « La Science taille XX Elles » seront également au programme.

Des ateliers permettant de découvrir tous les aspects de la science; expériences ludiques et surprenantes permettront aux plus jeunes de mettre un premier pas dans la science, et aux moins jeunes de voir le monde autrement.

Le congrès « Femmes en science » démarrera le vendredi 18 février à 10h par une plénière d’ouverture. Antoine Petit, PDG du CNRS ; Paul Mayaux, président de la FAGE ainsi que Anaëlle GATEAU, présidente de l’AFNEUS prendront la parole.

Chaque jour, 1000 places sont disponibles pour venir assister à cet évènement. Bien que totalement gratuit, il faut obligatoirement réserver son billet afin de pouvoir accéder au centre des congrès.

Charlotte, sage-femme : « j’ai peur car notre système va craquer, et nous aurons des morts. »

Charlotte, sage-femme libérale entend dénoncer les conditions de travail d’une profession au bord du gouffre et souhaite agir avant le drame.

Alors que l’ONSFF, l’une des deux principales organisations syndicales de la profession à appelé à une « semaine noire » pendant les fêtes, la plupart des maternités de France sont en grève illimitée depuis le 24 décembre.

Leurs revendications portent avant tout sur le manque de moyens et la revalorisation d’une profession mal (re)connue encore aujourd’hui, comme nous l’explique Charlotte : « Beaucoup de sages-femmes sont en arrêt de travail pour burn out ou dépression et non remplacées (les candidatures ne se bousculent plus à ces postes éreintants et mal reconnus). Beaucoup sont sur le point de faire une reconversion professionnelle, car ce métier qu’ils et elles chérissent les tue à petit feu. Beaucoup d’étudiants et étudiantes sages-femmes réfléchissent déjà à changer de métier avant même d’avoir exercé.« 

Charlotte est sage-femme libérale dans un désert médical en Sarthe depuis 4 ans. Elle a auparavant exercé en tant que sage-femme territoriale au sein d’une PMI (Protection maternelle et Infantile) auprès des femmes les plus précaires et vulnérables puis comme sage-femme hospitalière dans une maternité durant 3 ans.

Au plus près du terrain, Charlotte voit passer des témoignages alarmant chaque jour à l’image de « celui d’une sage-femme, qui a dû quitter une jeune accouchée faisant une hémorragie pour courir au bloc opératoire extraire en urgence par césarienne le bébé d’une autre patiente. D’autres qui avouent ne plus être assez nombreuses pour pouvoir surveiller tous les rythmes cardiaques des bébés in utero en salle d’accouchement durant parfois 30 minutes consécutives. Si ces cœurs faiblissent, rien n’est vu, et donc rien ne peut être fait. C’est gravissime. Début novembre, une patiente enceinte de jumeaux, en menace d’accouchement prématuré, ne pouvait être accueillie en urgence près de chez elle, faute de
professionnels dans les maternités plus proches, de lits disponibles, et de respirateurs pour bébé… Elle a tenu bon sur 200 km, de Laval jusqu’à Vannes.
« 

Charlotte Besson, sage-femme libérale dans la Sarthe DR.

Le Conseil national de l’Ordre des sages-femmes a tiré la sonnette d’alarme dès cet été. En effet de nombreuses maternités rencontrent d’immenses difficultés à recruter des sages-femmes avec des conséquences dramatiques : les effectifs réduits ne permettent plus de garantir la sécurité des patientes. Aujourd’hui, les sages-femmes sont nombreuses à quitter l’exercice en maternité, épuisées par des conditions de travail de plus en plus critiques. A l’approche de l’été, période sensible en raison des congés estivaux, les sages-femmes nouvellement diplômées permettent en général d’assurer la continuité des activités dans les établissements mais cette année, pour la première fois, ces dernières n’ont pas assez nombreuses pour prendre la relève dans les maternités, préférant s’orienter vers l’exercice libéral. Les contrats précaires, la faible rémunération et le sous-effectif permanent – source majeure d’insécurité à la fois pour les soignants et les patients – en sont les principales causes.

Et Charlotte de nous détailler la situation actuelle sur le terrain : « concrètement, aujourd’hui, être sage-femme en hôpital ou clinique c’est : être seule pour assurer la sécurité de 3 à 4 patientes qui sont en travail, et qui parfois peuvent avoir besoin de nous en même temps. Surveiller seule la sécurité de 20 à 30 patients (10 à 15 jeunes mamans et 10 à 15 nouveaux-nés), avec de plus en plus de pathologies complexes associées. Travailler 12 heures de suite, (en alternant les gardes de 12h de jour comme de nuit), en courant d’une urgence à l’autre, sans pause (ni repas, ni pipi), en sachant pertinemment que vous serez rappelée pour revenir travailler sur vos quelques jours de repos. En effet, la structure qui vous emploie est au bord de la fermeture pour manque d’effectif, et si vous ne revenez pas travailler sur vos jours de repos, on vous accusera d’être en partie responsable de la fermeture d’un service hospitalier, voire de la maternité entière. Ne plus réussir à dormir par manque de jours de repos.
Pleurer sans pouvoir s’arrêter en découvrant son planning de travail (qui paraît chaque mois seulement 15 jours avant), en y découvrant beaucoup d’heures supplémentaires.
« 

Elle en profite pour rappeler qu’en 40 ans, du fait de décisions politiques désastreuses, deux tiers des maternités de France ont déjà fermé et qu’un grand nombre des maternités françaises restantes sont sur le point de fermer, par manque de professionnelles.

A l’image de nombreuses sage-femmes en France, Charlotte appelle le gouvernement à prendre des mesures urgentes afin d’éviter le drame :  » Il s’agit de revoir de toute urgence les décrets de périnatalité obsolètes (datant de 1998) , qui régissent le nombre de sages-femmes par établissement. C’est la révision de ces décrets qui permettra de régler le problème des sous-effectifs dans les
services, pour de bonnes conditions de travail et de sécurité. Aucune proposition politique ne va dans ce sens pour le moment, malgré beaucoup de d’agitation autour du rapport sur les 1000 premiers jours ! La détresse de la profession ne sera pas apaisée tant que ce sujet ne sera pas étudié sérieusement…
« 

La revalorisation de 500 euros nets mensuels par sage-femme hospitalière annoncé par le ministère de la santé ce 22 novembre 2021, suite à la signature d’un protocole d’accord avec les syndicats hospitaliers (concernant la revalorisation de la profession de sage-femme), n’a pas calmé les esprits, bien au contraire ! « Près de 500 euros par mois, majoritairement sous forme de primes supprimables à tout moment, et non prises en compte pour le calcul de la retraite est bien inférieure à ce que notre responsabilité mérite » s’énerve Charlotte, « de plus, elle ne concerne pas totalement les nombreuses sages-femmes contractuelles, ni celles des établissements privés, ni les sages-femmes territoriales !
Un amendement proposant de revaloriser la rémunération des sages-femmes selon les recommandations de l’IGAS (jusqu’à près de 700 euros par mois) a même été rejeté fin octobre par les députés.
« 

Une avancée pour la profession qui entend toutefois bien continuer les négociations. Pour Charlotte, celles-ci doivent prendre davantage d’envergure, il ne faudrait pas que le gouvernement se croit débarrassé du problème : « Il s’agit de rémunérer les sages-femmes correctement. Nous partageons une partie de nos études et le statut de prescripteur avec les médecins et les dentistes. Malgré une formation équivalente en heures à celle des dentistes, notre profession, nettement plus féminisée, perçoit une rémunération bien inférieure. Ça ne paye donc pas d’être une profession féminine qui s’occupe de la santé des femmes.
Il faut d’urgence arrêter la précarisation de la profession, avec son recours massif au contrats précaires (CDD, se transformant parfois après nombreuses années en CDI plutôt qu’en statut de fonctionnaire, pour éviter d’avoir à verser des primes !)
Il faut mettre en place un nouveau statut médical pour la profession, en accord avec la grande responsabilité professionnelle qui pèse sur les sages-femmes, et la quantité de savoirs acquis au cours de la formation. Cela permettrait d’accroître l’attractivité, de favoriser l’accès à la formation professionnelle, d’accéder à un exercice hybride (ville/ hôpital), ou encore de participer à des activités de recherche pour celles qui le souhaitent.
Il faut supprimer la limitation des prescriptions, que ne subissent ni médecins, ni dentistes.
Si une 6eme année d’étude doit être ajoutée (en raison de l’abondance des connaissances à intégrer pour devenir sage-femme), il faut alors nous reconnaître le même niveau universitaire que les dentistes, qui eux aussi ont 6 ans d’études supérieures, couronnées par une thèse, leur conférent le statut de Docteur.
Il ne faut plus dire que les sages-femmes travaillent sous l’autorité médicale des gynécologues. Nos compétences ne sont pas les mêmes. Les gynécologues n’ont pas particulièrement de compétences en matière de pédiatrie, d’allaitement, et très peu en matière d’accouchement physiologique. Ce sont en revanche des spécialistes de la pathologie et des chirurgiens chevronnés. Nous sommes simplement leurs collègues, autonomes dans nos responsabilités.
« 

La lutte continue.


« La photographie n’est pas un art, c’est un artisanat. » Sabine Weiss n’est plus.

Celle qui restera l’un des derniers grands noms de la photographie humaniste est décédée ce mercredi 29 décembre à l’âge de 97 ans (source AFP).

Doyenne de l’école humaniste, incarnée par Robert Doisneau, Willy Ronis, Édouard Boubat ou Brassaï, Sabine Weiss (née Weber en 1924) se définit elle-même comme une photographe de la compassion, dénonçant l’injustice, la femme est tout autant généreuse que malicieuse. Sabine Weiss photographie des gens simples et pauvres avec émotion, tendresse et empathie, faisant ainsi exister par son regard les plus humbles, ceux que l’on ne voit plus. Sa exigence et sa maitrise du noir et blanc lui permettent de capter la spontanéité des gens, sobrement, sans mise en scène ni pose, tout près du sujet.

Elle s’exprime en 1965 sur son métier, les difficultés d’être une photographe femme, quelques-uns de ses reportages, les voyages qu’elle a fait… Elle photographie des poussins dans son atelier.

Peu connue du grand public, avec à son actif pas moins de soixante-dix ans de métier : photos de mode, portraits de musiciens, artistes et célébrités, photojournalisme, une vingtaine d’ouvrages, des publications dans Paris-Match, Life, Vogue, Time, Newsweek, etc, ses photographies font parties des collections les plus prestigieuses comme le MoMa de New-York, le Musée d’Art Moderne de Kyoto, le Musée Carnavalet, le Centre Georges-Pompidou, et bien d’autres.

Alké x Noël 2021 : « Pas besoin d’avoir l’air d’un homme pour jouer au foot ! »

Fan du ballon rond ? Savez-vous que les femmes jouent au foot depuis plus d’un siècle (depuis la fin du XIXe siècle en Angleterre et en Écosse). Le foot féminin connaît ainsi son âge d’or au début des années 1920, jusqu’au bannissement des femmes des terrains par l’association britannique de football, interdiction qui a duré de 1921 à 1971. En France, l’interdiction faite aux femmes de pratiquer le football, a été instaurée sous le Régime de Vichy.

Ce n’est que très récemment que le premier Ballon d’or féminin est attribué en décembre 2018 à l’attaquante norvégienne Ada Hegerberg. Selon les estimations établies par un rapport de l’Unesco, il existe aujourd’hui, 33 millions de pratiquantes dans le monde, dont 125 000 en France.

Soutenir le développement du sport féminin, c’est le parti pris par La marque de mode engagée et militante, Alké qui souhaite dédier 1% de son chiffre d’affaire au soutien d’actions en faveur du développement du sport féminin et de l’émancipation des femmes.

DR.

Les créatrices ont ainsi choisi de miser sur le football féminin : « parce que c’est un sport universel, car on peut y jouer n’importe où et avec n’importe quoi, et que tout le monde est à peu près compétent pour en parler ! Il porte en lui des valeurs fortes telles que l’esprit d’équipe, la discipline, le respect, la solidarité et surtout le plaisir de jouer et de se dépasser.« 

Avec comme credo : « Pas besoin d’être un homme pour jouer au foot. Pas besoin d’avoir l’air d’un homme pour jouer au foot. » Après une première collection axée sport qui reprend les basiques du vestiaire de la joueuse de foot, Alké diversifie son style avec une seconde collection streetwear unisexe. Des collections capsules et série spéciale « octobre rose » viennent compléter l’offre.

Pour Noël, Alké inaugure un pop-up store eco-féministe, en partenariat avec des Femmes et des Médias qui font vivre le Football. Du 11 au 19 décembre, Alké investira le Canal Saint Martin. La galerie photo B&B dans le 10ème arrondissement, accueillera pour l’occasion les collections Alké, une exposition de certains clichés pris par le photographe Christophe Berlet, et de nombreux ouvrages autour du féminisme, du football et du sport. Une braderie de Noël, avec des archives, permettra également de se procurer des articles en édition limitée.

100% féminin, découvrez les lauréates du Grand Prix du Roman aufeminin-Michel Lafon 2021

​Depuis 11 ans, le Grand Prix du Roman aufeminin révèle de nouveaux talents de la littérature tels qu’Olivier Norek, Virginie Grimaldi et Camille Anseaume. Pour la quatrième année, les éditions Michel Lafon se sont associées au prix en accompagnant le lauréat de ce concours vers la publication de son premier roman.

C’est la vocation première du Grand Prix du Roman d’aufeminin, qui depuis 11 ans, permet de découvrir et mettre en lumière les belles plumes de demain ! Ce Prix a été par le passé, l’occasion de révéler de véritables talents littéraires puisque parmi les auteurs découverts par le jury du Prix aufeminin, on compte Olivier Norek, auteur de romans policier à succès, troisième lauréat du concours en 2011 avant d’être édité et publié et l’on ne peut que se souvenir également de Virginie Grimaldi, deuxième lauréate du concours en 2014, aujourd’hui la romancière la plus lue de France en 2019 et 2020 (Palmarès Le Figaro GFK) et auteure traduite dans plus de vingt langues dans le monde. 

Cette année, le concours changeait de formule puisque les candidats devaient présenter non pas un livre complet mais le synopsis et un chapitre au choix de leur projet littéraire. Plus de 350 manuscrits sont ainsi arrivés dans les bureaux d’aufeminin.

Raphaëlle Giordano, marraine du Grand Prix aufeminin 2021 et Élisa Sagnelonge, lauréate 2021


Les écrivains en herbe ont tous été inspirés par le thème de cette édition : l’audace. Et ils n’en ont pas manqué pour soumettre leurs récits (synopsis et un chapitre de leur roman) à un jury de professionnels, composé de personnalités du monde littéraire, des médias et de la culture, présidé par Raphaëlle Giordano, l’auteure du best-seller « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une » et marraine de cette édition 2021. Le jury a défendu avec passion ses choix pour désigner, parmi les seize finalistes, quatre lauréates :

1ère lauréate : 
Élisa Sagnelonge : « Le livre de Jade »
Publication du roman aux éditions Michel Lafon et Pocket au printemps 2022

« Je suis tellement heureuse d’avoir remporté le Grand Prix du Roman aufeminin qui va me permettre de publier mon premier livre. La rédaction n’est pas encore terminée mais je vais pouvoir bénéficier de tout le soutien, de l’expérience et des conseils de Raphaëlle Giordano qui m’accompagne désormais dans cette aventure jusqu’à la publication de mon premier roman », a déclaré Elisa Sagnelonge à l’annonce des résultats. 

2ème lauréate : 
Florence Fischel : « Des milliers de ronds dans l’eau »
Participation à un atelier d’écritures à l’École des Mots

3ème lauréate : 
Diane Frachon : « Direction n’importe quoi », retitré « Des crocodiles sur le bitume »
https://www.instagram.com/diane_raconte
Dotation de 20 livres du catalogue Michel Lafon et Pocket

Le Prix des Internautes : 
Claire Vergier : « EGOTRIP »

Ce Grand Prix du roman aufeminin se veut accessible à tous.tes, même celles.ceux qui écrivent en secret, à l’abri des regards de leurs proches. Les seules conditions pour participer sont qu’il suffit de n’avoir jamais été édité, sauf en auto-édition, de n’avoir jamais gagné un prix aufeminin.
En attendant l’édition 2022, aiguisez vos meilleures plumes !

Sylvaine Grévin, présidente de la Fédération Nationale des Victimes de Féminicides : « La réponse judiciaire n’est pas adaptée »

Elle parle d’une voix douce mais convaincue, Sylvaine Grévin, Présidente de la Fédération Nationale des Victimes de Féminicides (FNVF) est bien décidée à faire bouger les choses et évoluer la société.

Un projet ambitieux ? Pas si l’on prend le temps de comprendre son parcours. Sylvaine est avant tout une femme meurtrie dans sa chair. Suite au décès de sa soeur Bénédicte Belair le 4 avril 2017, une instruction judiciaire est en cours pour meurtre sur conjoint depuis 2018 au parquet de Senlis.
Elle est donc la mieux placée pour écouter et assister les familles victimes collatérales de ce type de drame. Très sensible, celle qui a pour habitude « d’évacuer sur son mari les histoires entendues dans la journée » ne manque pas de courage et il en faut une sacrée dose. Mais Sylvaine, cadre dirigeante, est de ces femmes fortes, forgée aux us et coutumes des méthodes d’entreprise.

Fondatrice de la FNVF, Sylvaine Grévin est cosignataire – en compagnie de l’AFVF – d’une tribune adressée au Gouvernement, vendredi 3 novembre (disponible ici). Pour mieux comprendre le contexte, Sylvaine nous rappelle que « ce lundi 29 novembre à Portel-des-Corbières dans l’Aude une femme d’une quarantaine d’années a été tuée à l’arme blanche par son conjoint, le drame a eu lieu au sein du domicile du couple où il vivait avec leurs deux enfants de 7 et 10 ans. Il s’agit de la 106ème victime de féminicide depuis le 1er janvier 2021. »

A peine quelques jours avant elle, Sylvaine nous raconte avec horreur les circonstances du décès de Bouchra, mère de deux filles âgées de 5 et 14 ans, sous les coups de poignards de son ex-conjoint, qui sortait de prison: « Bouchra bénéficiait d’un dispositif de protection dont le fameux téléphone « grave danger ». Libéré le 5 octobre, son ex-conjoint avait violé son interdiction d’entrer en contact avec Bouchra ce qui avait déclenché ce dispositif. Il a été écroué le 8 octobre et quelques jours après le juge d’application avait révoqué deux mois sur les six de sursis. Il devait donc sortir le 7 décembre mais avec les remises de peine, l’ex-compagnon de Bouchra est sortie le 17 novembre, sans qu’elle n’en soit avertie. »

Et Sylvaine de se poser des questions bien légitimes : « pourquoi ce récidiviste ne portait-il pas de bracelet électronique ? Comment se fait-il que personne (NDLR : ni son avocat, ni le tribunal) n’est averti la jeune femme ? La majorité des victimes doivent faire elles-mêmes la démarche de contacter le Juge aux Affaires Familiales pour savoir si leur ex-conjoint est sorti de prison. » Et de conclure avec son empathie habituelle: « Bouchra n’aurait jamais dû mourir ! « 

A l’heure où la championne de judo Margaux Pinot, soutenue par de nombreuses personnalités du monde sportif, dénonce des faits de violences commis par son compagnon et entraîneur Alain Schmitt, le tribunal de Bobigny estime “n’avoir pas assez de preuves de culpabilité” pour inculper le compagnon de Margaux Pinot qui pose la question à son tour : « Que manquait-il ? La mort au bout, peut-être ? » Le parquet a fait appel de la relaxe.

En France, les chiffres des violences conjugales s’envolent.

Selon le ministère de l’Intérieur, elles ont ainsi augmenté de 10% sur l’année 2020 (confinement oblige). Environ 87% des victimes de violences conjugales sont des femmes.

Dans un rapport produit le 9 octobre 2020 le haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes indique que 80% des plaintes de violences conjugales sont classées sans suite.

La FNVF a noté une augmentation des crimes conjugaux avec un taux de récidive sur les 105 auteurs recensés de 26%.

Selon le rapport du ministère de l’Intérieur, sur les morts violentes au sein du couple pour 2020, les femmes représentent 82% du total des victimes.

Pour Sylvaine Grévin, « jamais autant de mesures n’ont été mises en place : bracelets électroniques, téléphone « grand danger », pour autant – et elle insiste – l’accompagnement des victimes, les réponses judiciaires, le suivi des auteurs et l’application des mesures décidées par le gouvernement, ne sont pas adaptées ni évaluées comme il le faudrait. Les délais d’obtention du « téléphone grand danger », par exemple, sont beaucoup trop longs (Sylvaine nous raconte alors l’histoire de Laly1, femme victime de violences, qui a mis 4 mois pour obtenir enfin le téléphone grave danger après en avoir fait la demande auprès d’une association – NDLR), les hébergements d’urgence ne sont pas toujours adaptés, avec des décisions judiciaires incompréhensibles qui interdisent à l’auteur des violences de s’approcher de sa compagne mais qui en parallèle l’autorise à rendre visite à ses enfants dont on sait qu’ils sont les victimes directes des violences subies par leur mère. »

Face à un véritable phénomène sociétal en hausse, Sylvaine nous évoque le modèle Espagnol où le nombre de féminicides a baissé de 25 % depuis 2004. Selon ONU Femmes, l’Espagne bénéficie d’une des lois les plus protectrices dans le monde. Une loi-cadre intitulée : « Mesure de protection intégrale contre les violences conjugales » a en effet été votée en 2004. Elle a été complétée en 2017 par une loi « pacte d’État » contenant 290 mesures interministérielles.

« Il faut évaluer la dangerosité des potentiels auteurs de féminicides, mais la justice manque de moyen et de psychiatres sur le terrain car le métier de psychologue public est peu reconnu et malheureusement sous-payé« , nous détail Sylvaine, « il y a encore trop d’effets d’annonces suivis de peu d’applications des mesures. Le ministère public n’a pas de moyens humains et il n’y a pas de coordination entre les services. Savez-vous que les familles des victimes de féminicides sont tenues de nettoyer elles-mêmes la scène de crime ou de prendre à leur charge la société de nettoyage ? Cela rajoute au traumatisme.. » nous raconte celle qui se retrouve confrontée à cette réalité violente et inhumaine au quotidien.

Nommée au sein du groupe de travail du gouvernement sur le sujet, ses propositions sont entendues mais sont-elles véritablement prises en compte ? Parmi les nombreuses demandes de la FNVF dans la Tribune à paraître dans Le Monde, Sylvaine Grévin insiste sur l’urgente nécessité de faire évoluer le fonctionnement actuel de la justice concernant l’application des lois et une meilleure prise en compte des victimes et parties civiles. Elle s’associe en cela à l’appel des 3000 magistrats et leur tribune (parue le 23 novembre dans Le Monde, NDLR) soulignant un certain nombre de problématiques sur la désorganisation générale et l’archaïsme de cette lourde machine judiciaire mais souhaite aller encore plus loin.

« Nous souhaitons la nomination d’une commission interministérielle indépendante en charge des violences conjugales et des Féminicides (…) Nous souhaitons à l’instar de l’Espagne la création d’un tribunal spécifique aux violences intra-familiales avec la mise en place d’une filière de formation débouchant sur la fonction de juge spécialiste en violences conjugales afin que ce fléau soit traité à part entière ce qui permettrait une prise charge plus efficiente et allègerait la surcharge actuelle des tribunaux judiciaires. »

Cadre dirigeante dans sa vie professionnelle, Sylvaine nous évoque les reportings effectués en entreprise auprès de sa hiérarchie : « L’objectif de cette commission serait d’effectuer un contrôle qualitatif des mesures décidées par le gouvernement en fournissant un rapport semestriel à chaque ministère concerné. Nous le faisons tous tous les jours dans le cadre professionnel privé, pourquoi n’en serait-il pas de même dans le domaine public ? »

Collage Paris 2019 – Ittmust

On les oublie encore trop souvent.. D’après Josiane Bigot, présidente de la CNAPE et magistrate, on estime à 4 millions le nombre d’enfants qui seraient au total témoins de violences conjugales en France. Pour Sylvaine Grévin ces premières victimes collatérales sont à protéger plus efficacement : « Nous devons aller plus loin que le décret n° 2021 -1516 du 23 novembre 2021 tendant à renforcer l’effectivité des droits des personnes victimes et souhaitons la suspension immédiate pour le conjoint violent des droits de visite et d’hébergement de ses enfants. L’interdiction de visite médiatisée pour les conjoints condamnés avec retrait systématique des droits parentaux aux conjoints maltraitants.« 

Combattive, sans une once d’agressivité, Sylvaine, qui se dit féministe, n’est pas une femme résignée. Afin de légitimiser le combat, elle souhaite avant tout « porter les voix de celles qui ne sont plus » avec la ferme conviction que « la sororité et l’espoir peuvent changer les choses« . Pour cette femme sensible, les associations féministes sont d’une aide précieuse qu’il ne faut pas sous estimer, « ensemble et dans la bienveillance on peut faire beaucoup en se soutenant les unes, les autres« .
Gageons qu’avec une telle humanité, de telles actions et une motivation chevillée au corps, la porte parole de celles qui ne sont plus, fera résonner à nouveau leurs cris très haut.

1 Pour des raisons d’anonymat, le prénom a été changé.

Site de la Fédération Nationale des Victimes de Féminicides : www.fnvf.org

Page Facebook de la Fédération Nationale des Victimes de Féminicides : www.facebook.com/FNVF.Asso

Tribune au gouvernement

Si vous êtes victime de violences, ou si vous êtes inquiet pour une membre de votre entourage, il existe un service d'écoute anonyme, le 3919, joignable gratuitement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. D'autres informations sont également disponibles sur le site du gouvernement, où il est également possible de déposer un signalement.

#LesFemmesAvecZemmour : Mythe ou réalité ?

Dans le cadre de son travail d’analyse des forces politiques françaises, la Fondation Jean-Jaurès publie « Les questions de genre et de lutte contre le sexisme dans le vote à la présidentielle, un frein au zemmourisme ? », une note rédigée par Louise Jussian, chargée d’études à l’Ifop et membre de l’Observatoire de l’opinion.

Face à l’ascension dans les sondages d’un candidat aussi ouvertement misogyne qu’Éric Zemmour, la question se pose de savoir comment l’électorat féminin appréhende la candidature de l’auteur du Premier sexe (2006) et, plus largement, quel rôle vont jouer les enjeux relatifs aux droits des femmes et à la lutte contre le sexisme dans cette première campagne présidentielle de l’ère post-MeToo.  Dans une pré-campagne souvent marquée par une concurrence entre hommes et femmes au sein de chaque camp (ex : Y. Jadot versus S. Rousseau pour la primaire EELV, X. Bertrand versus V. Pécresse pour la primaire LR, E. Zemmour versus M. Le Pen pour les nationalistes), on peut se demander si le genre des candidat(e)s joue encore un rôle dans un processus de décision électorale marqué cette année – il faut le rappeler – par des appels à « la virilité » (J.-M. Le Pen, juin 2021) ou des assertions selon lesquelles « les femmes n’incarnent pas le pouvoir » (Éric Zemmour).  Confirmant les enseignements tirés de grandes enquêtes publiées récemment, une étude de l’Ifop menée pour le magazine Elle auprès de 2 000 personnes montre que si l’électorat féminin n’échappe pas à une certaine extrême-droitisation, il n’en n’exprime pas moins une forte aversion à l’égard d’Eric Zemmour, qui fait craindre à beaucoup d’électrices une remise en cause des droits des femmes, droits qui constitueront pour les jeunes femmes de la génération #MeToo le critère déterminant de leur vote le 10 avril 2022.    

Louise Jussian part du constat que l’électorat féminin est moins perméable aux discours du « presque » candidat Éric Zemmour, ce dernier faisant craindre à bon nombre d’électrices une remise en cause des droits des femmes. La candidature d’Éric Zemmour réactive ainsi le « radical gender gap », alors même que Marine Le Pen était parvenu à le neutraliser, l’électorat féminin apparait moins perméable à l’extrême droite de Zemmour : 12% des femmes ont l’intention de voter pour le polémiste, contre 17% des hommes. On peut donc se poser légitiment la question, Éric Zemmour, fait-il peur aux femmes ? Plus d’une femme sur trois (66%) se dit inquiète pour les droits des femmes à l’idée que ce dernier soit élu président de la République. Le droit des femmes reste déterminant pour les jeunes femmes (86% des moins de 25 ans le prendront en compte dans leur vote pour 2022) mais pas pour toutes les femmes (47% des Françaises seulement jugent ce thème déterminant dans leur vote). Ces résultats révèlent l’absence d’effet MeToo notable dans l’ensemble de l’électorat féminin, malgré une très forte mobilisation des plus jeunes.   Emmanuel Macron arrive en tête des intentions de vote (25% des femmes ont l’intention de voter pour lui) malgré un bilan mitigé en matière de droits des femmes : moins d’une Français sur deux (47%) est satisfaite de l’action du président de la République.  

Il est à noter cependant la fin du mythe de la prime à la « virilité » dans la compétition pour l’élection présidentielle : 41% des femmes ayant l’intention de voter pour une femme déclarent que le genre de leur candidate est déterminant dans leur choix. Il existerait donc aujourd’hui une prime à la féminité dans une dynamique d’habilitation des femmes dans le politique.    

Un électorat féminin moins perméable au zemmourisme   Cette étude Ifop pour Elle confirme la réémergence du « radical right gender gap » (expression signifiant une adhésion moindre des femmes à l’extrême droite par rapport aux hommes) en la candidature d’Éric Zemmour, mise en lumière récemment dans de grandes enquêtes (ex : étude Ifop pour la LICRA, étude Ipsos-Cevipof-Fondation Jean Jaurès) Le scrutin présidentiel de 2017 semblait avoir confirmé le nivellement des choix électoraux selon le genre. Marine Le Pen était en effet parvenue à capter l’électorat féminin sous sa candidature alors que la droite radicale avait toujours pâti d’un plus faible engagement du vote féminin. A six mois du premier tour de l’élection présidentielle de 2022, la chute du mur entre les femmes et l’extrême droite semble se confirmer comme le donnent à voir les intentions de vote (toutes précautions d’interprétation gardées dans l’analyse de ces dernières à ce stade de la campagne). Les partis comme le Rassemblement national (RN) ne font plus office de repoussoir auprès des femmes ; les votes de l’électorat féminin en leur faveur ont connu une forte augmentation depuis 2012. A cette époque, le bloc de la droite nationale populiste représentait 19% du vote féminin, pour ensuite s’élever à 27% en 2017 et atteindre aujourd’hui 34%. L’hostilité des femmes envers le RN n’est plus. Ce phénomène est sûrement boosté par la posture moins guerrière et plus apaisée affichée par Marine Le Pen par souci de présidentialisation, ainsi que par la précarisation accrue des femmes déjà en situation de fragilité, pour qui la gauche ne parvient plus à s’ériger en « défenseuse » si l’on observe ses difficultés à s’imposer dans les intentions de vote.

Source : Étude Ifop pour Elle réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 20 au 22 octobre 2021 auprès d’un échantillon de 1 030 femmes, extrait d’un échantillon national représentatif 2 002 personnes âgées de 18 ans et plus.
 

Toutefois, les données pré-électorales récoltées à ce stade révèlent une réactivation du gender gap à l’extrême droite en la candidature d’Éric Zemmour. Si Marine Le Pen était parvenue à neutraliser ce phénomène, le polémiste le ranime, sa candidature faisant office de repoussoir pour les femmes. Si l’élection présidentielle avait lieu demain, à l’instant T et selon le rapport de force actuel, ce sont 17% des hommes qui voteraient pour Eric Zemmour contre seulement 12% des femmes. Et le négatif photographique de ce résultat se retrouve dans les intentions de vote pour Marine Le Pen : 20% des femmes et 16% des hommes ont l’intention de voter pour elle, donnant à voir une différenciation selon le genre dans le vote d’extrême droite.  

Autre faiblesse de la base électorale du polémiste : les jeunes femmes « primo votantes ». En effet, un clivage générationnel émaille l’électorat féminin, et le poids de cette variable dans les choix électoraux semble presque se substituer à celui du genre dans les intentions de vote pour les autres bords politiques. Les femmes âgées de moins de vingt-cinq ans adoptent des comportements plus typiques que les autres générations, peut-être car leur récente politisation s’est opérée dans un contexte post-MeToo et rythmé par les marches pour le climat, en faisant un électorat encore à part. Quand on focalise sur le vote des femmes âgées de dix-huit à vingt-quatre ans, la hiérarchie entre les candidats semble s’inverser : Yannick Jadot recueille ainsi 22% de leurs intentions de vote quand sa candidature ne rassemble que 7% des voix chez l’ensemble des femmes. Quant à Eric Zemmour, il tombe à 7% des intentions de vote auprès de cette cible.

Source : Étude Ifop pour Elle réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 20 au 22 octobre 2021 auprès d’un échantillon de 1 030 femmes, extrait d’un échantillon national représentatif 2 002 personnes âgées de 18 ans et plus.

 Ainsi, Éric Zemmour, ou « l’agitateur » de cette pré-campagne, vient fractionner l’électorat d’extrême droite ; son ton guerrier et offensant envers les femmes l’empêchant de recueillir leur adhésion. Les électeurs et électrices de la droite nationaliste se retrouvent donc presque scindés en deux groupes : les femmes avec Marine Le Pen et les hommes avec Éric Zemmour.                         

Mais existe-t-il toujours un « vote des femmes » ?   Dans les années 1990, Janine Mossuz-Lavau identifiait trois phases dans la construction du vote des femmes, depuis son acquisition dans les années 1940 jusqu’à l’époque contemporaine de la rédaction de son analyse. La première phase dite de « l’apprentissage » s’étalant jusqu’aux années 1960 se définit par une participation des femmes bien inférieure à celle des hommes, et par une orientation plus droitière de leur vote. La deuxième phase de « décollage » voit, dans les années 1970, une hausse de la participation féminine et une première réduction de l’écart entre les hommes et les femmes sur le vote de gauche. Et la troisième phase de « l’autonomie », dont le tournant des années 1980 ancre encore le virage vers la gauche du vote des femmes, met également en exergue une certaine hostilité de cette frange de l’électorat à l’égard des forces politiques d’extrême droite. Aujourd’hui, et après le chamboulement du scrutin présidentiel de 2017, le vote des femmes s’inscrit-il toujours dans cet âge de l’autonomie ? Il serait impossible d’apporter ici une réponse, mais la précédente analyse d’un alignement de l’orientation du vote des femmes sur celui des hommes au travers de leur appétence pour l’extrême droite constitue un premier point de départ à cette réflexion. Un autre point de départ serait l’analyse du taux de participation des femmes aux scrutins des années 2010.  La phase d’autonomie conceptualisée par Janine Mossuz-Lavau met en exergue une quasi égale participation à des scrutins entre les hommes et les femmes. La variable du genre n’apparaitrait alors plus significative dans l’explication de l’abstention comme l’affirme Mariette Sineau. C’est en effet ce qui est mesuré depuis les années 1980 et qui se confirme lors des premiers tours des derniers scrutins présidentiels : en 2012, 79% des hommes se sont rendus aux urnes et 81% des femmes, et en 2017 ce sont 80% des hommes et 79% des femmes (sondages jour du vote, Ifop). C’est également ce que l’on observait en 2014 pour les élections municipales : 64% des hommes sont allés voter et 62% des femmes. Toutefois, 2015 et les élections régionales voient s’amorcer une baisse de la participation féminine sur les autres formes de scrutin que l’élection reine. Ainsi, aux élections régionales de 2015, ce sont 57% des hommes qui se sont déplacés pour voter contre 45% des femmes, soit un différentiel de 12 points, et aux élections européennes de 2019, nous retrouvons un écart de 8 points sur la participation. La crise du Covid apparait alors comme un catalyseur de cette baisse amorcée lors des précédents scrutins (12 points d’écart sur la participation aux élections municipales de 2020, et 6 points pour les dernières élections régionales), et met à jour la fragilité de l’engagement des femmes par rapport aux hommes dans le vote.                      

Eric Zemmour, demeure pourtant le candidat qui inquiète deux femmes sur trois. L’une des clefs d’explication de la réactivation de cette différenciation du vote entre les hommes et les femmes est à trouver dans la « zemmouro-scepticisme » exprimée par deux électrices sur trois. Diverses études ont montré que malgré sa capacité à capter son électorat dans quasi toutes les strates de l’opinion, la faiblesse de la candidature du polémiste réside dans sa difficulté à rallier le vote des femmes, réactivant ainsi une forme de « radical right gender gap » sur sa candidature, phénomène qui tendait pourtant à se résorber depuis ces dernières années. Pointé du doigts pour ses prises de position misogynes et violentes à l’égard des femmes, non seulement le polémiste souffre d’un déficit de voix chez les femmes, mais il provoque également chez elles une aversion forte. Ce sont en effet 66% des femmes qui se disent inquiètes pour leurs droits s’il était un jour élu à la présidence de la République. Cette « zemmouro-scepticisme » traverse largement toute la gent féminine, et imprègne particulièrement les femmes ayant une sensibilité féministe (70% d’inquiétude chez les « très féministes »).

Source : Étude Ifop pour Elle réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 20 au 22 octobre 2021 auprès d’un échantillon de 1 030 femmes, extrait d’un échantillon national représentatif 2 002 personnes âgées de 18 ans et plus.

             

Les droits des femmes : un rôle déterminant du vote des jeunes électrices mais pas de l’ensemble des femmes.  L’impact de cette crainte pour les droits des femmes est tout de même à nuancer car comme le montre l’étude Ifop pour Elle, toutes les femmes ne lui accordent pas la même importance dans la construction de leur vote. Comparativement à 2017, la place des droits des femmes dans les déterminants du vote féminin semble relativement constante. En effet, ce sont toujours 47% des femmes qui jugent cet enjeu « déterminant » dans le choix de leur vote à l’élection présidentielle. Si le positionnement des candidats en matière de droit des femmes reste déterminant, ce dernier est à relativiser une fois mis en concurrence avec d’autres thématiques dont le poids dans le vote a augmenté depuis 2017. Ainsi, la santé (déterminante pour 71% des femmes) a, sous l’effet de la crise liée à la Covid-19, augmenté de 8 points depuis 2017, comme la lutte contre l’insécurité et la délinquance, qui a connu une hausse de 12 points (70% des femmes déclarent que c’est un enjeu déterminant).  

Source : Étude Ifop pour Elle réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 20 au 22 octobre 2021 auprès d’un échantillon de 1 030 femmes, extrait d’un échantillon national représentatif 2 002 personnes âgées de 18 ans et plus

  Toutefois, cette hiérarchie des thématiques dans le déterminant du vote s’inverse totalement chez les femmes de moins de vingt-cinq ans. Beaucoup plus nettement touchées par le mouvement MeToo et l’émergence de collectifs féministes comme Nous toutes, les jeunes placent la défense des droits des femmes en tête de leurs déterminants du vote (86%, soit plus de 27 points depuis 2017). L’impact de la crise sanitaire se fait également sentir au sein de cette population (73% déclarent la santé comme déterminante, soit une hausse de 21 points depuis la dernière élection présidentielle). Enfin, depuis le dernier scrutin national, la protection de l’environnement s’est fortement imposée dans les ressorts du vote des jeunes femmes. Avec une hausse de 30 points, ce sont désormais 71% d’entre elles qui prendront en compte les positionnements des candidats sur la lutte contre le réchauffement climatique dans leur choix de vote pour 2022.

Source : Étude Ifop pour Elle réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 20 au 22 octobre 2021 auprès d’un échantillon de 1 030 femmes, extrait d’un échantillon national représentatif 2 002 personnes âgées de 18 ans et plus

A contre-pied des idées reçues, c’est dans le vote des femmes les moins diplômées et les plus précaires que la défense de la condition féminine sera le plus déterminante : 52% des femmes ayant un diplôme inférieur au baccalauréat jugent cet enjeu déterminant, contre 38% de celle diplômées du supérieur. Pareillement pour les employées qui sont 51% à prendre en compte le droit des femmes dans leur vote, contre 31% des cadres et professions intellectuelles supérieures. Ce résultat peut être compris comme la manifestation de la précarisation accrue des femmes étant dans des situations socio-professionnelles moins certaines et subissant une forme de double peine : celle de leur statut social plus précaire et celle de la domination subie incombant à leur genre. La candidature d’Emmanuel Macron ne pâtit pas d’un jugement mitigé sur son action en faveur des droits des femmes. Preuve que l’aspect déterminant des droits des femmes ne traverse pas l’opinion féminine de manière homogène, Emmanuel Macron parvient, malgré un bilan mitigé en la matière, à se hisser, pour l’instant, en tête des intentions de vote des femmes et des féministes. Au lendemain de son élection, Emmanuel Macron présentait la lutte pour l’égalité entre les hommes et les femmes comme la « grande cause du quinquennat ». A la veille du prochain scrutin, quel bilan les femmes en tirent-elles ? Ce sont moins de la moitié des Françaises (47%) qui se disent satisfaites de l’action du président de la République concernant « l’amélioration des droits des femmes ». Ce résultat mitigé reste cependant important quand on le compare aux autres domaines d’action du chef de l’Etat. L’amélioration de la situation des femmes en France arrive en effet en deuxième position des secteurs vecteurs de satisfaction après l’entretien des relations avec l’Union européenne (56%). Toutefois, cette satisfaction ne semble pas traverser l’opinion féminine de manière homogène : les plus jeunes (qui, on l’a vu précédemment, sont particulièrement attachées à cette thématique) sont 39% à se déclarer satisfaites contre 50% des 35-49 ans. Ce résultat fluctue également selon le positionnement politique des femmes interrogées, et plus particulièrement qu’elles soient sympathisantes ou non de la majorité présidentielle (96% des partisanes de La République en marche sont satisfaites contre 37% des sympathisantes d’Europe-Ecologie-Les Verts ou 41% du Parti socialiste). Le degré de féminisme joue également sur leur rapport au bilan du chef de l’Etat et tend à relativiser sa bonne évaluation : plus les femmes interrogées sont féministes, moins elles s’avèrent satisfaites de l’action menée par le gouvernement (34% des « très féministes » contre 50% chez les « non féministes »).    

Source : Étude Ifop pour Elle réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 20 au 22 octobre 2021 auprès d’un échantillon de 1 030 femmes, extrait d’un échantillon national représentatif 2 002 personnes âgées de 18 ans et plus

 Toutefois, ce bilan en demi-teinte ne semble pas se faire ressentir sur l’engagement des femmes à l’égard du président de la République puisqu’il recueille 25% des intentions de vote de ces dernières, le plaçant en première position chez les femmes. S’il apparaît « fort » chez ces dernières, il l’est particulièrement chez les électrices revendiquant une sensibilité accrue à la condition féminine puisque 31% des femmes « très féministes » ont l’intention de voter pour lui. Ces deux résultats « paradoxaux » donnent peut-être à voir la manifestation de deux formes de féminisme ne donnant pas la primeur aux mêmes problématiques, l’une étant satisfaite de l’action du gouvernement en matière de droit des femmes, l’autre jugeant ce bilan encore largement insuffisant au vu des enjeux et des promesses de début de mandat.   

Source : Étude Ifop pour Elle réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 20 au 22 octobre 2021 auprès d’un échantillon de 1 030 femmes, extrait d’un échantillon national représentatif 2 002 personnes âgées de 18 ans et plus

Le mythe de la prime à la « virilité » dans la compétition présidentielle. Dans un modèle de société où l’identité particulière des individus semble de plus en plus prise en compte, chaque candidat à une élection présidentielle tente de se distinguer de ses adversaires sur ses traits de personnalité et d’appartenance. La virilité a longtemps été présentée comme une qualité incontournable d’un participant au « combat » pour l’Elysée. Flotterait alors l’idée qu’il existe une « prime à la virilité », idée aujourd’hui largement contestée par l’opinion publique. En effet, 41% des femmes ayant l’intention de voter pour une femme en 2022 déclarent que le genre de cette candidate les a incitées à voter pour elle plutôt que pour un homme portant les mêmes idées. Il existe donc une « prime à la féminité » chez les femmes, mais aussi chez les hommes souhaitant voter pour une femme qui sont 43% à partager cette opinion. En négatif, la masculinité d’un candidat semble moins jouer, notamment sur le vote des femmes (15% des électrices potentielles d’un homme votent pour ce dernier du fait de son genre). Ce double résultat peut nous permettre de formuler l’hypothèse selon laquelle la prime au féminin dans le vote féminin s’inscrit dans une dynamique d’habilitation des femmes dans le politique par rapport aux hommes, en effet, leur présence à des postes électifs est plus courante.

Source : Étude Ifop pour Elle réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 20 au 22 octobre 2021 auprès d’un échantillon de 1 030 femmes, extrait d’un échantillon national représentatif 2 002 personnes âgées de 18 ans et plus.
 

De plus, le fait de voter pour une femme en raison de son identité de genre apparaît comme un choix « féministe ». En effet, les femmes déclarant avoir une sensibilité féministe sont plus nombreuses à prendre en compte ce critère que celles n’en déclarant aucune, et les plus militantes placent ce critère au premier plan (61% d’entre elles) lorsque deux candidats présentent des idées semblables. Le fait qu’aucune femme n’ait encore été élue à la présidence de la République peut appuyer cette démarche des électeurs et électrices à voter davantage pour l’une d’elle. Être un femme candidate à la présidentielle en 2022 ne semble plus représenter un handicap. Si ces résultats rendent caduques les « appels à la virilité » de certains hommes politiques, le genre des candidats n’apparaît tout de même pas totalement déterminant au point de surclasser les propositions programmatiques et la personnalité de ces derniers dans les déterminants du vote. Contrairement aux assertions d’Eric Zemmour selon qui « les femmes n’expriment pas le pouvoir », la figure de la femme présidente de la République semble de plus en plus s’imposer dans l’opinion publique. La capacité des femmes à occuper de hauts postes électifs n’est plus frontalement questionnée par les Français puisque nous mesurons depuis les années 1980 un tournant dans la confiance accordée aux femmes pour assumer les fonctions de présidente de la République. Ce sont ainsi près de huit Français sur dix qui déclarent leur confiance envers une femme pour mener le pays, et ce résultat imprègne dans les mêmes proportions aussi bien les hommes que les femmes. Non seulement l’ensemble des Français apparaît en adéquation avec l’idée qu’une femme puisse être présidente, mais il semblerait que ce taux soit supérieur à celui mesuré à l’égard des hommes. En effet, « seulement » 71% des femmes et 77% des hommes disent faire confiance à un homme pour tenir le rôle de président de la République, contre 80% des femmes et 81% des hommes qui déclarent faire confiance à une femme.

Source : Étude Ifop pour Elle réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 20 au 22 octobre 2021 auprès d’un échantillon de 1 030 femmes, extrait d’un échantillon national représentatif 2 002 personnes âgées de 18 ans et plus.

Toutefois, il convient de prendre ce résultat pour ce qu’il est, c’est-à-dire purement déclaratif, avec tous les biais que cela comporte. Ce phénomène déclaratif n’a en effet toujours pas abouti à l’élection d’une femme comme présidente de la République, et nous notons une autre forme de paradoxe : si l’idée qu’une femme est capable d’être présidente imprègne l’opinion publique féminine de manière quasi homogène, les femmes les moins diplômées semblent légèrement plus en retrait que les plus diplômées. Ces dernières sont aussi moins nombreuses à déclarer voter pour une femme parce que c’est une femme. Pour autant, on retrouve une partie de ces femmes moins diplômées dans l’électorat de Marine Le Pen, la femme politique rassemblant ces dernières années le plus de voix autour de sa candidature.

Sources

« Sociologie du « zemmourisme » : radiographie d’un nouvel électorat national-populiste », par François Kraus. Note de l’Ifop pour la Licra et la revue « Le DDV ».

« Radiographie de l’électorat potentiel d’Éric Zemmour », par Antoine Bristielle et Tristan Guerra dans une enquête de la Fondation Jean-Jaurès intitulée « Le Dossier Zemmour : idéologie, image, électorat ».

Mossuz-Lavau Janine. Le vote des femmes en France (1945-1993). In : Revue française de science politique, 43?? année, n°4, 1993. pp. 673-689.

« Sociologie du « zemmourisme » : radiographie d’un nouvel électorat national-populiste », par François Kraus et « Radiographie de l’électorat potentiel d’Éric Zemmour », par Antoine Bristielle et Tristan Guerra.

Réussite professionnelle des femmes.. État des lieux.

Pourquoi les femmes sont-elles moins nombreuses à occuper des postes de pouvoir ? Existe-t-il vraiment un « leadership féminin » ? Et surtout, comment la féminisation des entreprises et des directions peut-elle devenir un véritable tremplin d’innovation et de performance pour les organisations ?

D’après l’enquête « Great Insights » menée en janvier 2021 par le leader mondial dans l’évaluation de l’expérience au travail et l’amélioration de la qualité de vie au travail, Great Place To Work® France auprès d’un échantillon représentatif de 4119 actifs français; 79% des Français estiment que « l’entreprise est un environnement propice à la réussite professionnelle des femmes« (contre 65% en 2018) et 76% que « les femmes ont les mêmes chances que les hommes d’accéder à des postes de direction » (63% en 2018). Elles / ils ne sont pourtant encore que 68% à considérer qu’à poste égal, hommes et femmes perçoivent la même rémunération.

Ces chiffres soulignent une belle progression. Mais face au challenge toujours important de l’égalité professionnelle, il reste essentiel de mettre en lumière les organisations qui misent sur leur capital humain et font de l’inclusion un axe fort de leur succès.

L’année dernière, Great Place To Work France en partenariat avec le Think Tank Marie Claire Agir pour l’Egalité, dévoilait la première édition de Best Workplaces For Women, qui comptait dix sept entreprises, huit de plus ont été sélectionnées cette année sur les mêmes critères méthodologiques.

La liste des Best Workplaces For Women a été révélée en janvier lors de l’événement citoyen « L’Appel pour l’Égalité » se tenant au Siège de l’UNESCO à Paris. En 2021, 25 organisations s’illustrent et inspirent toutes les entreprises par leur engagement concret.

Trois aspects sont évalués; la représentativité des femmes au sein de l’organisation et aux postes de management; la perception des femmes au Trust Index© sur des questions spécifiques sur quatre thématiques : responsabilisation, promotions et équité, reconnaissance, équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle et les pratiques mises en œuvre par l’organisation en matière d’égalité professionnelle et de parentalité.

Pour être éligible à la liste Best Workplaces For Women, une organisation doit dans un premier temps remplir certains critères : être lauréate du Palmarès Best Workplaces France 2021, compter au moins 33% de femmes dans ses effectifs et compter au moins 33% de femmes managers.

Sur les 25 entreprises de la liste, une majorité est issue du secteur des services. Si une seule, Stryker, possède des unités de production en France, d’autres entreprises industrielles sont présentes sur la liste, comme Brown-Forman ou SC Johnson. Deux d’entre elles, AbbVie et Biogen, représentent le secteur de l’industrie pharmaceutique. On trouve aussi des distributeurs comme Bleu Libellule (produits de coiffure et d’esthétique) ou W.L. Gore, qui distribue le fameux tissu Gore-Tex. Du côté des services financiers et assurances, on retrouve Cofidis et Monabanq, Direct Assurance, Garance, HomeServe, Lelynx ou encore L’Olivier Assurance. Le secteur des services est bien représenté, tant aux particuliers (leboncoin Groupe, lesfurets) qu’aux professionnels (Easylife, Epsa Tax & Innovation, Start People ou Utopies). L’immobilier est présent avec la société foncière Hammerson, tout comme les technologies de l’information : Des Systèmes et des Hommes, Infiné Group, Intuit Quickbooks ou le centre d’appel UES MCRA.

Pour Tiphaine Galliez, directrice consulting chez Great Place To Work® France, « la surreprésentation des entreprises de services pourrait s’expliquer, entre autres, par le caractère moins ‘genré’ des emplois proposés, avec souvent moins de barrières à l’entrée pour les femmes, un marché de l’emploi plus fourni en profils féminins, la possibilité de se projeter dans un environnement perçu comme plus favorable… « .

Plus de 50% des entreprises de la liste sont d’origine française, « ce qui montre que les entreprises françaises sont largement capables de s’emparer du sujet et d’en faire une priorité, tout en développant une approche culturelle autonome – même si les politiques d’inclusion sont aussi parfois impulsées par des groupes multinationaux », analyse Tiphaine Galliez.

12 entreprises de la liste ont entre 50 et 250 collaborateurs – ce qui en fait la catégorie la plus représentée. 7 d’entre elles ont entre 250 et 1000 collaborateurs, 3 entre 1000 et 2500, et 3 en comptent moins de 50. Si cette répartition reflète plutôt bien celle du Palmarès Best Workplaces 2021, « il reste étonnant de ne pas y voir plus de grosses entreprises, qui auraient davantage les moyens de créer des pratiques et outils », s’interroge Tiphaine Galliez, pour qui « si les 50 à 250 sont bien représentées, c’est d’abord parce qu’elles ont un enjeu fort de marque employeur et d’attractivité ».

Liste des Best Workplaces for Women 2021 (par ordre alphabétique) 

  • AbbVie (250 à 1000 salariés) – secteur biotechnologie et industrie pharmaceutique
  • BIOGEN France (50 à 250 salariés) – secteur biotechnologie et industrie pharmaceutique
  • Bleu Libellule (250 à 1000 salariés) – secteur production et fabrication 
  • BROWN-FORMAN France (50 à 250 salariés) – secteur production et fabrication
  • Cofidis (1000 à 2500 salariés) – secteur finance et assurance
  • DES SYSTEMES ET DES HOMMES (50 à 250 salariés) – secteur numérique
  • Direct Assurance (250 à 1000 salariés) – secteur finance et assurance
  • Easylife (50 à 250 salariés) – secteur consulting
  • EPSA Tax & Innovation (50 à 250 salariés) – secteur consulting 
  • GARANCE (50 à 250 salariés) – secteur finance et assurance
  • Hammerson France (50 à 250 salariés) – secteur construction, BTP & immobilier
  • HomeServe France (250 à 1000 salariés) – secteur finance et assurance
  • Infine Group (moins de 50 salariés) – secteur numérique 
  • Intuit France (50 à 250 salariés) – secteur numérique
  • leboncoin Groupe (1000 à 2500 salariés) – secteur médias
  • LELYNX (moins de 50 salariés) – secteur finance et assurance
  • lesfurets (50 à 250 salariés) – secteur médias
  • L’Olivier Assurance (250 à 1000 salariés) – secteur finance et assurance
  • MONABANQ (50 à 250 salariés) – secteur finance et assurance
  • SC Johnson (50 à 250 salariés) – secteur production et fabrication
  • Start People (250 à 1000 salariés) – secteur consulting
  • Stryker France (250 à 1000 salariés) – secteur production et fabrication
  • UES MCRA (1000 à 2500 salariés) – secteur numérique 
  • Utopies (moins de 50 salariés) – secteur consulting 
  • W.L. Gore & Associés (50 à 250 salariés) – secteur production et fabrication

Ces entreprises pionnières endossent leur responsabilité politique et contribuent largement à faire progresser la société en prenant l’initiative de mettre en place des pratiques sur la parentalité, l’égalité salariale, la sensibilisation, le recrutement ou le leadership féminin.

Journée internationale des femmes en politiques, continuons la lutte !

A l’initiative du réseau Elues locales, qui entend soutenir et valoriser les femmes pour lever les obstacles à leur engagement politique et leur permettre d’accéder aux plus hautes responsabilités, sera lancée le 4 décembre prochain, la journée internationale des femmes en politique.

Les chiffres sont affligeants ! Une étude conjointe APCE/UIP souligne que des actes de sexisme, d’abus et de violence à l’égard des femmes sont fréquents dans les parlements nationaux des États membres du Conseil de l’Europe :

  • 85,2% des femmes parlementaires ayant pris part à l’étude indiquent avoir fait face à des violences psychologiques au cours de leur mandat
  • 46,9% ont reçu des menaces de mort, de viol ou de coups
  • 58,2% ont été la cible d’attaques sexistes en ligne sur les réseaux sociaux
  • 67,9% ont été la cible de remarques portant sur leur apparence physique ou fondées sur des stéréotypes de genre
  • 24,7% ont subi des violences sexuelles
  • 14,8% ont subi des violences physiques
  • Les femmes parlementaires de moins de 40 ans sont davantage visées par les actes de harcèlement.

Jusqu’à présent, en France, la violence que subissent les femmes en politique n’attire pas l’attention des médias ni du grand public. Les chiffres à ce sujet sont limités et compliqués à collecter. Les femmes ne témoignent pas ou peu. Pourtant cette violence est réelle et systémique et ce à tous les niveaux du pouvoir, que ce soit sous les ors de la République ou dans le couloir d’une petite mairie de village.

Une enquête nationale sur les violences sexistes à l’encontre des femmes en politique est actuellement en cours afin de collecter des données objectives. Les résultats seront dévoilés le 3 décembre lors de la conférence de presse donnée en vue du lancement de la journée. Les organisateurs espèrent également pouvoir réunir au moins 500 femmes politiques de la France entière le 3 décembre pour le lancement officiel de cette journée avec l’objectif que le 4 décembre devienne la journée où les femmes politiques de petites communes rurales, les adjointes de grandes villes, les députées, les sénatrices et les ministres se réunissent pour dire non à la violence qu’elles subissent du fait de leur genre.

Brillante Magazine est partenaire officiel de cette journée, pour que continue la lutte..

Plus d’info sur : https://www.journeeinternationaledesfemmesenpolitique.com/

«Réparer les violences» : le nouveau podcast de La Maison des femmes

La Maison des femmes de Saint-Denis accueille entre 50 et 80 femmes par jour et assure près de 15 000 consultations par an. Elle lance aujourd’hui un podcast pour comprendre et agir face à une urgence de santé publique : les violences faites aux femmes. Une immersion sans filtre pour comprendre et se mettre en action.

Au fil des épisodes, on rencontre des femmes victimes de violences et celles et ceux qui œuvrent au quotidien pour les écouter, les accompagner et les soigner. Témoignage essentiel pour montrer l’importance du travail sur le terrain, ce podcast donne de la voix à un lieu unique, créé par la gynécologue Ghada Hatem.

L’équipe de La Maison des femmes de Seine Saint Denis – Crédits LMDF

Ce podcast a une double vocation : faire entendre directement les voix des femmes et de celles et ceux qui les soignent. À travers elles, raconter les répercussions des violences subies sur le corps, l’esprit et la vie toute entière. Raconter aussi un collectif et un modèle de « médecine et de prise en charge globale de la violence » qui fonctionne et qui doit être développé en France et à l’international.

«Réparer les violences» a été réalisé grâce au soutien de la Fondation Kering, partenaire historique de La Maison des femmes, qui lutte contre les violences faites aux femmes depuis 2008. Convaincue par l’impact de ce modèle, la Fondation s’est engagée en juin dernier à financer, aux côtés de l’État, le déploiement de 15 nouvelles «Maisons des femmes » en France.

«Réparer les violences», une urgence de santé publique !

Le point de départ, c’est un constat accablant : en France, chaque année, 93 000 femmes sont victimes de viol ou de tentatives de viol et 220 000 femmes sont victimes de violences conjugales. Les répercussions de ces violences sont médicales, sociales et impactent la société tout entière.La réponse, c’est une unité de soins unique en son genre, à Saint-Denis, qui prend en charge les femmes en difficulté ou victimes de violences. Rattachée au Centre hospitalier de Saint-Denis, La Maison des femmes réunit soignants, thérapeutes, policiers, juristes, mais aussi artistes ou sportifs, qui coopèrent pour accompagner les patientes vers la guérison et l’autonomie.50 à 80 femmes passent chaque jour la porte de La Maison des femmes de Saint-Denis pour recevoir une aide et se reconstruire, tant physiquement que psychologiquement.

«Réparer les violences» a été présenté en avant-première au Paris Podcast Festival ce samedi 16 octobre, au cours d’une table ronde qui a réuni Ghada Hatem, fondatrice et médecin cheffe de La Maison des femmes, Sophie, patiente de La Maison des femmes, Céline Bonnaire, déléguée générale de la Fondation Kering, Jennifer Padjemi, autrice du podcast et Théo Boulenger, réalisateur du podcast. La discussion a été animée par Enora Malagré.

Mali. « Notre corps n’est pas la propriété de l’homme. »

Au Mali, la société reste encore très patriarcale et peu de femmes accèdent à l’éducation. Bon nombre de femmes quittent les campagnes pour Bamako, dans l’espoir d’améliorer leurs conditions de vie, voire de fuir un mariage forcé. Mais elles sont vite confrontées à une misère plus crasse encore : celle de l’exploitation dans toutes ses formes. Loin de se résigner, des religieuses ont relevé le défi de sauver et de promouvoir les femmes du Mali.

Située au Sud-Ouest du Mali, la ville de Bamako a de multiples visages entre les banques ultra modernes, les parcs au bord du Niger et les marchés surpeuplés de la vieille ville. Les larges boulevards qui traversent Bamako tranchent avec le dédale de petites ruelles adjacentes de sable rouge, ponctuées de trous plus ou moins profonds et de ponts de fortune au-dessus de fossés. Quand la nuit tombe sur la capitale, le tohu-bohu s’apaise et laisse place aux aboiements des chiens errants. Quelques notes de musique lointaine percent les ténèbres de la ville peu éclairée. Dans les rues, aucune femme ne sort seule car le danger est partout. Pourtant, chaque année, elles sont nombreuses à quitter leur village natal de brousse pour trouver du travail à Bamako et fuir la misère. Perdues, souvent seules, ces femmes sont vulnérables.

S’affranchir, s’élever, entreprendre

Sans éducation et ne connaissant pas leurs droits, les jeunes filles des campagnes maliennes sont souvent les victimes de tous les abus une fois arrivées à Bamako : maltraitance, servage, prostitution… « Il est facile de trouver du travail comme employée de maison dans une famille », explique Maria, une jeune malienne de trente ans, « tu frappes aux portes et proposes tes services pour la cuisine, le ménage, les enfants… Mais tu risques de te faire complètement exploiter ! » Aucun jour de repos, logées sous l’escalier, un salaire de misère… La liste des abus est longue. Une situation à laquelle Maria a pu échapper grâce au Centre Vicenta Maria. « J’ai quitté mon village pour gagner de l’argent et aider ma mère, veuve, à survivre. A Bamako, une vieille dame m’a indiqué ce centre. » Depuis ce jour, la vie de Maria a pris un tournant.

Au centre Vicenta Maria, les jeunes filles sont très proches des religieuses. Une relation qui va au-delà de la religion. Maria, à gauche, est musulmane.

En 2000, le centre Vicenta Maria ouvre ses portes à Bamako, dans le quartier du fleuve, afin d’accueillir les jeunes filles démunies venues des campagnes. Mais son action va bien plus loin : il promeut la femme et lui donne les clefs pour s’affranchir, s’élever et entreprendre. Il est aussi appelé « centre de promotion féminine. » « Les femmes au Mali sont encore très soumises. » Sœur Marie-Dominique est l’ancienne responsable provinciale des Religieuses de Marie Immaculée d’Afrique. Depuis près de vingt ans, la congrégation catholique se bat pour que la femme africaine puisse être indépendante. Un combat qu’elle porte partout dans le monde. « Notre vocation est d’aider les femmes. C’est notre mission. Nous voulons leur faire prendre conscience de leur dignité, de la beauté de ce qu’elles sont. L’avenir de l’Afrique passera par la femme, c’est une certitude », affirme-t-elle sans détour. Le centre Vicenta Maria se divise en trois structures : le centre social, le foyer et le centre de promotion féminine. Chaque année, 1 000 femmes sont orientées vers le monde professionnel. Le centre social forme une vingtaine d’employées de maison par semaine. Le centre de promotion propose trois formations différentes pour près de 200 femmes : coupe-couture, pâtisserie-restauration et coiffure-esthétique.

« Nous voulons leur faire prendre conscience de leur dignité. »

Soeur Marie-Dominique

Tout en longueur, recouverte de grandes glaces, la salle de classe ressemble à un studio de danse. Au programme de la journée : pose de faux ongles et cours de tressage. Chaque jeune fille est affairée sur une tête-à-coiffer au regard aussi séducteur qu’impassible. Des clientes pour le moins facile à contenter. Tresses, chignons, boucles de toutes les couleurs ornent leurs visages de plastique. « Pendant leur formation, les filles font des stages chez des professionnelles », souligne sœur Christa, « il arrive qu’elles soient embauchées à la fin du stage. D’autres veulent monter leur propre salon. » Il en va de même pour les apprenties pâtissières qui décrochent des emplois dans les hôtels huppés de Bamako. Concernant la filière couture, « c’est plus difficile pour les couturières de créer leur entreprise à cause des impôts qui sont trop élevés. Alors, elles vendent leur production sur la base du bouche-à-oreille, sans être déclarées. » Les jeunes couturières trouvent aussi du travail dans les ateliers privés de couture.

Côté centre social, les religieuses ont des exigences à contre-courant des habitudes de la société bamakoise pour protéger les employées de maison. « Nous rencontrons chaque futur employeur », explique sœur Marie-Jeanne, en charge du centre social, « nous faisons signer un contrat, entre les deux parties, conforme au droit du travail avec un salaire minimum de 20 000 francs CFA [ndlr : environ 30 €]. » Un montant relativement élevé puisque la moyenne d’un salaire d’employées de maison oscille entre 7 000 et 7 500 francs CFA. « L’employeur doit aussi fournir une chambre et la nourriture. L’employée de maison doit avoir un jour de repos par semaine. » Une association réunissant des avocats vient en aide aux religieuses en cas de litiges.

Avec l’alphabétisation obligatoire, certaines souhaitent reprendre leurs études après la formation au centre social ou au centre de promotion féminine. « Ce qui est beau, c’est qu’elles sont ambitieuses et veulent passer les diplômes », souligne sœur Christa. Un moyen pour certaines d’échapper aux mariages arrangés.

Le mariage attendra

Dans les zones rurales maliennes, les garçons sont scolarisés avant les filles. « Les familles considèrent que c’est une perte de temps et d’argent d’envoyer les filles à l’école. La femme va être mariée et donc quitter le foyer tandis que l’homme s’installe à côté de ses parents pour reprendre la ferme ou les champs », explique sœur Marie-Dominique.  Les jeunes filles du centre Vicenta Maria sont âgées de 15 à 30 ans. « Il arrive que des filles de moins de 15 ans viennent frapper à notre porte. Dans ces cas-là, nous les emmenons à l’école et tentons de sensibiliser leurs parents », explique sœur Christa, responsable du centre.

C’est le cas de Marie-Dominique, 14 ans. Foulard noué sur la tête, un large sourire illumine son visage. Venue de Côte d’Ivoire avec son oncle, Marie-Dominique avait perdu tout espoir après le décès de sa mère. « Je ne sais pas qui est mon père. Je pensais que ma vie était terminée, sans issue… » Au centre de promotion féminine, la jeune fille est orientée vers la couture « mais ça ne me plaisait pas alors j’ai suivi le cursus pâtisserie. » Les religieuses décèlent en Marie-Dominique un réel potentiel pour les études et lui suggèrent de retourner à l’école. « Je suis en classe de 5ème », dit la jeune fille avec une pointe de timidité, « je souhaite suivre des études de lettres pour un jour devenir journaliste. » Et lorsque l’idée du mariage est évoquée, Marie-Dominique botte en touche : « la femme doit travailler et ne pas rester au foyer. Il ne faut pas être pressé et construire sa vie au fur et à mesure. »

Marie-Dominique souhaite devenir journaliste.

Tous les sujets qui touchent la femme suscitent de nombreux tabous dans les familles. C’est pour cette raison que les religieuses ont mis en place des causeries pour les jeunes filles du foyer. « Nous donnons des cours de biologie et d’anatomie sur le fonctionnement du corps et les maladies du type MST. Par exemple, beaucoup de jeunes filles ne savent pas ce que sont les menstruations. Elles paniquent complètement lorsqu’elles saignent pour la première fois », souligne une religieuse. Toutes les semaines, les causeries permettent d’aborder les sujets sensibles comme les grossesses précoces ou encore l’excision. « Elle sont attentives car c’est très nouveau pour elles. » Les sœurs souhaitent faire prendre conscience aux jeunes femmes de l’importance de leur rôle dans la société, de la vertu féminine et de la beauté de leur corps.

« Notre corps n’est pas la propriété de l’homme », rappelle Maria lorsqu’elle témoigne lors des « causeries » auprès des autres jeunes filles pour les sensibiliser sur le mariage. « J’ai 32 ans à présent et je ne peux pas retourner dans mon village car je refuse de me marier. Il faut que la femme puisse être indépendante financièrement, s’élever dans la société malienne par l’étude, l’éducation et le travail. » Un défi que l’ensemble des sociétés africaines doivent relever.

Florence Foresti et de nombreux artistes s’’engagent contre les violences faites aux femmes.

Depuis maintenant deux ans, le nombre de cas de violences faites aux femmes et aux enfants explose. Face à ce fléau, la France peine à apporter une réponse adéquate. Sur le terrain, les associations qui viennent en aide et accompagnement ces victimes font face à une vague de demandes sans précédent. C’est le cas de Women Safe & Children, qui doit continuellement adapter son dispositif pour tenter de répondre à des besoins exponentiels.

À l’initiative de sa marraine Florence Foresti, Women Safe & Children lance une grande tombola solidaire sur la plateforme Karmadon. Les fonds récoltés favoriseront la poursuite de son action de terrain et la duplication de son modèle dans toute la France en métropole et outre-mer.

Women Safe & Children : un accueil, une écoute et un accompagnement gratuit qui se développent sur tout le territoire.

Depuis 2014, ce sont plus de 4 000 femmes et enfants qui ont bénéficié de la méthodologie pionnière et unique de WS&C. La spécificité de l’association est de leur proposer, en un même lieu, un accueil, une écoute et un accompagnement pluridisciplinaire gratuit. Professionnel·les de la santé (Infirmières, médecins, psychologues, ostéopathes etc.) et de la justice (juristes et avocat·es) mettent ainsi leur expertise au service des bénéficiaires afin de leur proposer une stratégie de sortie de violence concertée, efficace et pérenne.

Accueilli·es physiquement dans cet espace sécurisant, les femmes et enfants suivi·es se voient proposer un parcours adapté à la singularité de leur situation, et peuvent envisager leur reconstruction dans un climat de confiance et de bienveillance.

Reconnu à l’échelle nationale, l’accompagnement imaginé par Women Safe & Children peut maintenant se développer sur l’ensemble du territoire. Une première antenne a vu le jour en Haute-Savoie, et d’autres sont en préparation. À terme, l’objectif est d’accompagner le plus grand nombre possible de femmes et d’enfants grâce à l’implantation locale de nouveaux centres pluridisciplinaires.

Pour Frédérique Martz, Fondatrice de l’Institut : «La libération de la parole autour des différentes formes de violences subies par les femmes et les enfants suscite un tsunami des demandes d’accompagnement. Il faut s’en réjouir, car sortir du silence est une étape cruciale, mais il faut aussi répondre à ces appels à l’aide par une prise en charge effective et qualitative. Nous devons donc augmenter nos moyens et ouvrir de nouvelles antennes pour aider toujours plus, toujours plus vite et toujours au plus près des besoins. Nous attendons beaucoup de cette tombola et espérons une mobilisation citoyenne à la hauteur de l’enjeu : plus vous jouerez, plus nous aurons les moyens d’offrir une “Seconde vie” aux femmes et aux enfants que nous accompagnerons. »

Plus de 30 artistes et personnalités s’associent à la lutte contre les violences faites aux femmes et leurs enfants, en mettant en jeu des objets très personnels à gagner, afin de collecter des fonds pour soutenir l’Institut WS&C dans ses actions.

Sous l’impulsion de Florence Foresti, une trentaine de célébrités, dont Vanessa Paradis, Angèle, Gims, Vianney, Jennifer, Natoo, Jamel Debouze, et bien d’autres ont décidé de s’engager dans cette tombola solidaire sur la plateforme www.karmadon.org.

Association Women Safe & Children 
9 rue Armagis, 78100 Saint-Germain-en-Laye  
0139108535

Paris Fashion Week, l’Oréal rappelle son engagement aux côté des femmes

À l’occasion de la Paris Fashion Week, la première marque de beauté au monde s’empare une nouvelle fois d’un lieu hautement symbolique pour célébrer ses valeurs féminines et féministes, et rappeler l’importance de son programme « Stand Up contre le harcèlement de rue ».

Comme chaque année depuis 2017, le dimanche 3 octobre à 15 h, L’Oréal Paris, partenaire officiel de la Paris Fashion Week ®, organise la 4ème édition de son Défilé tant attendu et ouvert à tous, retransmis dans plus de 30 pays sur les réseaux sociaux de la marque.

Le thème de cette édition, qui marque également le 50ème anniversaire de la signature emblématique de la marque « Parce que vous le valez bien », est une ode à l’émancipation des femmes et à la diversité, et rappelle l’engagement militant de L’Oréal Paris aux côtés de toutes les femmes. Un engagement qui s’illustre également par le programme de formation   « Stand Up contre le harcèlement de rue », conçu pour lutter contre ce fléau et permettre aux femmes de marcher librement, sans crainte.
 
Une édition qui se distingue des précédentes également par sa direction créative audacieuse, qui célèbre la liberté de mouvement, d’expression de soi et de féminité. En organisant son défilé sur le Parvis des Droits de l’Homme – lieu chargé d’histoire où fut adoptée la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme – et en le rebaptisant pour l’occasion, « Parvis des Droits de L’Homme et de la Femme », L’Oréal Paris veut amplifier son message d’émancipation à destination de toutes les femmes du monde.

Pour Delphine Viguier-Hovasse, Directrice Générale internationale de L’Oréal Paris : « Le Défilé de cette année se veut une tribune exceptionnelle pour l’émancipation des femmes. Il véhiculera un message fort en faveur de l’estime de soi et bouleversa les codes des défilés traditionnels en invitant le public à rejoindre le programme « Stand Up contre le harcèlement de rue ». L’événement célèbrera notre vision de la féminité et du féminisme, et sera un cri de ralliement pour toutes les femmes – mais aussi pour les hommes – qui partagent nos convictions. Je suis fière de réunir notre famille mondiale de porte-parole inspirants pour défendre ces valeurs. »
Des porte-parole internationaux seront présents pour représenter les valeurs de diversité et d’inclusion de la marque, parmi lesquels Katherine Langford, Helen Mirren, Camila Cabello, Gemma Chan, Yseult, Nidhi Sunil, Aja Naomi King, Camille Razat, Jaha Dukureh, Liya Kebede, Cindy Bruna, Soo Joo Park, Luma Grothe, Nicolaj Coster Waldau, tout en perpétuant la tradition de L’Oréal Paris : mettre en scène une vision unique de la beauté dans les lieux les plus emblématiques de la Capitale.

Cette vision créative audacieuse est particulièrement pertinente cette année, puisque L’Oréal Paris fête le 50e anniversaire de la création de son fameux slogan « Parce que vous le valez bien », un puissant message féministe sur la valeur individuelle qui unit les consommatrices autour de la marque. L’Oréal Paris souhaite poursuivre aujourd’hui un objectif universel : être aux côtés de chaque femme, peu importe son âge et quelle que soit son origine, pour l’aider à prendre conscience de sa valeur.

Catherine Lyautey, Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France. Une femme au cœur de la franc-maçonnerie.

A 65 ans, Catherine Lyautey est retraitée depuis le 1er juillet “précisément” comme elle se plaît à le rappeler. Cette femme dynamique a mené deux vies professionnelles bien différentes. A ses débuts, Catherine œuvre 20 années dans le domaine de l’horlogerie bijouterie. C’est après avoir vécu de multiples agressions qu’elle décide de raccrocher. Elle entre alors au Ministère de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur, où elle travaille en tant qu’Assistante de Cabinet Ministériel.

Catherine Lyautey c, Grande Loge Maçonnique de France

Catherine Lyautey a été élue Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France le 29 mai dernier. Pour les profanes, elle est devenue présidente de la plus grande organisation Féminine Franc-Maçonne en France et dans le monde.

L’organisation à la tête de laquelle elle œuvre aujourd’hui possède une particularité. Elle est entièrement féminine. Ses membres, à l’instar de l’ensemble de Sœurs et des Frères maçonnes et maçons, travaillent à forger leur conscience du monde et de la société. Souvent caricaturée, parfois haïe, la Franc Maçonnerie est trop méconnue pour qu’elle ne suscite pas notre attention, qui plus est lorsqu’elle est emmenée par une femme.

Parcours profane et Maçonnique mêlés

Lorsqu’on demande à Catherine Lyautey, de nous parler de son parcours Maçonnique, il est intimement mêlé à celui de sa vie profane. La Grande Maîtresse nous explique : “En 1994, après une énième agression dans la joaillerie où je travaillais, j’éprouvais le besoin ardent d’une rupture. Je sentais que la rupture professionnelle était consommée, mais je sentais aussi qu’elle ne suffirait pas. J’étais en quête de sens, à la recherche d’un chemin et d’un but” commence-t-elle. Avant de poursuivre sur son Histoire sacrée : “Je m’intéressais aux offres de développement personnel, scientologie et autres promesses de mieux-être se présentaient comme autant de réponses, mais l’esprit indépendant que je suis ne se contentait pas de ces bonimenteurs. J’étais en quête, en recherche de spiritualité. J’ai rencontré un Franc Maçon avec qui j’ai longuement échangé de ma quête. Il m’a faite parler et m’a écouté. Il a su me proposer non pas des réponses comme le faisaient la plupart des mouvements à tendance sectaire d’alors, mais d’une nouvelle démarche intime de mon horizon personnel, au travers de la Maçonnerie.” 

Ainsi, la rencontre féminine aura-t-elle été initiée par un homme. “Ce Maçon m’a proposé de rencontrer des femmes de la Grande Loge Féminine de France (GLFF)”.

Le reste, l’histoire parle pour elle-même, comme l’explique Catherine Lyautey : “J’ai intégré la GLFF au sein de laquelle j’ai été initiée. Je ne savais pas précisément qu’il existait, dans la Maçonnerie, des loges mixtes et des loges féminines. Du reste, on ne précise pas “loge masculine”, c’est curieux” commente-t-elle. “Je me suis fortement impliquée dans la vie de mon obédience. Je suis entrée au Conseil d’Administration de la Grande Loge en 2015, puis mes Sœurs m’ont rapidement sollicitée pour que je fasse acte de candidature pour devenir Grande Maîtresse, ce qui est arrivé le 29 mai dernier”.

Rapport à l’être intime de chacun

On pourrait fantasmer la Franc Maçonnerie, victime des images trop souvent véhiculées, bloquée entre des traditions séculaires et des rites occultes. Elle est une relation avec le soi intime, la recherche d’une meilleure conscience du monde et de ce qui le fait fonctionner. C’est ce que nous explique Catherine Lyautey lorsqu’on parle de l’apport que la Maçonnerie a avec l’être intime de chacune : “Pour une femme, être en Maçonnerie fournit un espace de liberté absolue, un lieu à couvert.  Les femmes sont confrontées au besoin de gérer plusieurs choses en même temps : ce qu’on appelle communément la « charge mentale ». Elles sont mamans, épouses, amantes, infirmières et comptables tout en étant pour la plupart devenues des professionnelles dans des secteurs d’activité divers.” 

La Franc Maçonnerie, vecteur de liberté féminine

La Franc Maçonnerie octroie t’elle ainsi aux femmes la liberté que la société ne leur accorde pas ? C’est ce que revendique Catherine Lyautey :

“Les femmes demeurent prisonnières des limites d’expression et de parole que l’histoire a mises en place. Être dans une loge, c’est s’accorder deux fois par mois, au cours des « tenues », un espace réservé. C’est un bastion de liberté absolue pour les femmes. « Être Franc-Maçonne », continue Catherine Lyautey, “c’est aller au plus intime de soi pour essayer d’édifier un monde meilleur. C’est aller à sa propre rencontre pour se connaître soi-même. Avant toute chose cela passe par le regard des autres. C’est cela la démarche initiatique et qui permet ensuite d’agir sur le monde”. La parole est claire, la Franc-Maçonnerie n’est pas en marge, elle s’intègre au monde actuel et ses membres sont avant tout des Citoyennes et des Citoyens.

Comment la Grande Maîtresse définit-elle la cause féminine ? 

« Les fondatrices de la GLFF avaient comme but l’émancipation des femmes à l’aide de la démarche symbolique. Nous continuons d’essayer d’être à la hauteur de la transmission que nous avons reçue, pour la rendre meilleure lorsque nous la transmettons à notre tour. La cause féminine, c’est exiger sa place de femme dans la société. C’est le dessein du travail initiatique en loge que de permettre à chaque Sœur de conquérir cette place. C’est en cela que la Franc-Maçonnerie est une Société initiatique” poursuit Catherine Lyautey.

Initiation, certes, mais comment quantifier l’apport de la libre-pensée à la cause féminine ? 

“Je ne sais pas s’il y a un apport de la Maçonnerie à la cause des femmes”, commence la Grande Maîtresse, “mais ce dont je suis certaine, c’est que chaque Sœur mûrit une réflexion qui lui est propre, elle l’apporte et la partage autour d’elle. Les Maçonnes et les Maçons ont été et demeurent amenés, comme tous les Citoyens d’ailleurs, à réfléchir sur des questions de société. La Franc-Maçonnerie est reconnu par les autorités comme « famille de pensée ». Nous tentons d’exiger toute notre place dans la citoyenneté d’une façon globale.” 

« La société est composée de la religion, aussi », c’est ce par quoi conclu la Grande Maîtresse, “La devise de la République française, Liberté, Egalité, Fraternité devrait être complétée par “Laïcité”, car, généralement, lorsqu’on parle d’absence d’un droit pour les femmes, il y a du fait religieux alentour”.

Penser, réfléchir, se remettre en question… Certes, ce sont des actions bénéfiques à l’individu et à son développement . Cependant, la discrétion volontaire sur les actions de la Grande Loge Féminine de France et de la Franc-Maçonnerie dans son ensemble en empêche la visibilité. Catherine Lyautey nous parle ainsi des actions concrètes de l’obédience qu’elle mène aujourd’hui. 

Fond de dotation « Femmes Ensemble »

“Nous avons établi un fond de dotation “Femmes Ensemble”. Il a pour objectif de soutenir toute action d’intérêt général qui vise à la solidarité, à la défense des droits des femmes et, enfin, au rayonnement des valeurs défendues par la Franc-Maçonnerie féminine. Sans prosélytisme ni publicité. » « Plus récemment” poursuit-elle “Nous avons apporté un soutien financier aux Banques Alimentaires qui ont été fortement mises sous tension au cours de la crise sanitaire que nous traversons. Un grand nombre de nos Sœurs nous ont interpellées sur les difficultés des femmes durant cette période. Encore une fois, cette crise sanitaire aura mis en exergue le fait qu’être une femme représente généralement un handicap supplémentaire lorsque les choses vont moins bien. C’est cette double peine que connaissent les femmes incarcérées, auxquelles nous souhaitons fournir du soutien matériel. 

Enfin, nous sommes partie prenante en communication et en actions chaque année à Octobre Rose en faveur du dépistage du cancer du sein chez les femmes. Individuellement, enfin, nos Sœurs sont, à titre personnel, extrêmement investies dans la vie associative et culturelle dans leurs vies profanes. Leur engagement dans l’obédience est un vecteur de confiance en elles qui fait trop souvent défaut aux femmes. Conquérir cette confiance, c’est oser aborder sa place dans la cité » termine la Grande Maîtresse.

Le Covid a accru les inégalités entre hommes et femmes

La récente crise sanitaire – non encore entièrement achevée – a certainement donné une visibilité accrue à la position des Femmes dans la société.

Qu’en pense la responsable d’une organisation uniquement féminine comme la GLFF ? 

“Les femmes représentent immanquablement la variable d’ajustement dans les crises sociales. Si, au sein de certains foyers, la coexistence imposée par les confinements a pu amener à une prise de conscience des unes et des autres sur le cumul des charges, c’est sur les femmes qu’au cours de cet épisode la société a fait peser la plus grande charge. Y-compris en télétravail par exemple, les femmes effectuent de fausses pauses, interrompant l’activité professionnelle pour aller sur l’activité ménagère par exemple. À distance, il existe une suspicion sur les femmes que les hommes ne connaissent pas. Clairement, un manager pensera qu’une femme s’occupe des enfants si elle n’est pas devant son écran, là où il pensera qu’un homme est en train de préparer un café.”

La Franc Maçonnerie est le reflet de la société

À propos de fonctionnement organique, la Franc-Maçonnerie est un ensemble d’obédiences et de loges qui, si elles embrassent des principes fondamentaux les unes et les autres, disposent d’une approche diverse de la manière d’étudier les sujets en question. Certaines obédiences seront particulièrement symboliques là où d’autres travaillent sur les rites traditionnels. Néanmoins, on peut imaginer que, moderne, la Franc-Maçonnerie ne restreint pas les possibilités d’évolution des femmes en son sein.

Qu’en est-il réellement ? 

“La franc-maçonnerie est le reflet de la société” commence Catherine Lyautey. “Lorsque vous entrez dans la Maçonnerie, vous pénétrez une association d’êtres humains. On peut parfois être déçu par un maçon, jamais par la méthode maçonnique. Il y demeure les mêmes problèmes que dans le reste de la société. Certaines obédiences [Le Grand Orient de France NDLR.] viennent de s’ouvrir à la mixité, c’est positif. Sauf que le plateau de secrétaire a quasiment systématiquement été donné à une femme. L’excellente nouvelle c’est que cela change, car les femmes n’ont pas envie de reprendre ces seuls rôles. Il ne faut pas se représenter la Franc-Maçonnerie comme hors-sol ou hors-société, elle représente une partie de la société car elle est faite de personnes, des mêmes personnes qui constituent la Cité au sens littéral du terme. »

La Grande Maîtresse de poursuivre “Dans la société actuelle, l’homme n’octroie pas sa place à la femme. Nous, les femmes, devons devenir bien plus conscientes de nos capacités que nous ne le sommes. Nous devons cesser d’élever nos filles dans ce schéma de soumission inconsciente aux hommes. Le poids des années et des traditions est immense, il faut que les femmes apprennent à déconstruire les clichés. Inconsciemment, il faut que les femmes se libèrent de ces chaînes-là. Pour y parvenir, il faut que les femmes travaillent sur elles, échangent entre elles et avancent. Il faut rappeler les messages aux femmes, remettre sans cesse l’ouvrage en question et essayer de l’améliorer. C’est en ce sens que la Loge est un endroit idéal pour travailler, individuellement et entre Sœurs sur la manière de transmettre les messages que les femmes veulent passer.”

Les femmes plus jeunes tendent à oublier les combats des précédentes

Les droits des femmes sont, aujourd’hui, largement supérieurs à ce qu’ils étaient il y a à peine 50 ans. Tout est gagné ? 

“Je me rends compte en parlant avec des femmes plus jeunes qu’elles pensent que les choses sont acquises. Les générations actuelles sont conscientes des combats qui ont été menés et remportés, tout en pensant que c’est acquis et que plus rien ne pourra régresser. C’est une erreur majeure, car il suffit qu’une crise économique arrive pour que les droits changent vers la moins-disance. Les femmes doivent perpétuellement demeurer vigilantes pour conserver les droits acquis par les générations précédentes et combattre pour ces droits. Les actions récurrentes de tous les intégrismes religieux sont la démonstration que tout peut se perdre. Vigilance, donc !”

La Franc Maçonnerie est un parcours intime

Qu’est-ce qui, en 2021, peut mener une femme à s’intéresser à la maçonnerie ?

“Il y a dans notre société actuelle florilège d’offres de coaching, de développement personnel et autre travail psychologique sur soi. Les femmes doivent être extrêmement attentives sur ce qui est proposé et s’assurer que certaines frontières ne sont pas franchies. La Franc-Maçonnerie n’offre pas de prêt-à-penser, elle est un questionnement perpétuel. La loge et le travail en son sein engendrent une remise en cause permanente de ce qu’on pensait. C’est une société initiatique. Elle apporte, je crois, une réponse éclairante à toutes celles qui se questionnent sur le monde et sur leur place en son sein, en recherche de spiritualité. C’est à présent aux Maçonnes et aux Maçons de s’extérioriser pour parler de ce qui est proposé, de ce qui se fait et de ce qu’il est réalisable d’apporter et de trouver dans la démarche Maçonnique.”

La Franc-Maçonnerie, une société pas si secrète..

La Franc-Maçonnerie est assez peu visible, c’est certainement ce qui peut engendrer cette impression de société secrète. C’est, du reste, un des principes de fonctionnement de l’organisation.

 Est-elle encore adaptée aux nouveaux modes de communication ? 

“Nous ne sommes assurément pas une société obscure ou encore secrète” rétorque Catherine Lyautey. “Nous sommes discrètes car nous représentons une association pas comme les autres, autant prendre la parole nous-mêmes pour parler de qui nous sommes. Qui mieux qu’une maçonne peut parler de la maçonnerie ?” Développe la représentante de la GLFF. « Et c’est un fait (Tout relatif NDLR), aucune association, quel qu’en soit l’objet, ne communique sur les membres qui la composent. Pourquoi la Franc-Maçonnerie française serait-elle enjointe à le faire ? »

Il faut que les femmes prennent leur place, toute(s) leur(s) place(s) !

La nouvelle Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France a-t-elle un dernier message à passer ? 

“Il faut que les femmes prennent leur place, toutes leurs places. Il ne faut pas attendre qu’on la leur laisse, elles doivent la prendre. Être Franc-Maçonne apprend à pouvoir s’exprimer, à acquérir un esprit critique La loge demeure un espace de liberté, d’écoute respectueuse et de bienveillance entre nous. Que les femmes aillent au-dehors et prennent leur place, dans toute son intégralité, sans crainte des erreurs, des railleries ou des blocages. »

Elle ajoute Une de nos pionnières disait “je suis une femme ordinaire avec une exigence en plus”.

« Nées pour surfer », un hommage aux femmes qui font le surf

Loin du cliché tenace du surfeur blond à la peau tannée par le soleil et les embruns, les femmes, font le surf et font du surf. Ce sport, si masculin, attire de plus en plus de mamans, d’exploratrices, de globe-trotteuses ou encore d’activistes qui font changer le regard du grand public et c’est tant mieux !

L’hommage que Carolina Amell rend à ces femmes est beau et émouvant.

Carolina Amell est graphiste freelance créative. Elle est tombée amoureuse du monde de l’édition et plus particulièrement des livres illustrés et de l’aspect créatif que requiert leur création. Sa sensibilité de graphiste est criante de beauté dans le livre qu’elle nous présente ici, hommage en forme d’ode aux femmes qui pratiquent le surf.

Elles sont photographes, réalisatrices, globe-trotteuses, entrepreneuses ou « mamans professionnelles » et entretiennent toutes une passion en commun, aller glisser sur l’océan. Entrer dans la vague qui donnera ce shoot d’adrénaline tant attendu, cette sensation de risque. Mesuré, certes, mais risque quand même.

Surfeuses et femmes

Qu’on ne s’y trompe pas, ces femmes engagent autant d’énergie à la pratique de leur sport que le font les hommes. Pas de protection supplémentaire, de soins ou d’artifices de sécurité, les femmes que Carolina présente prennent en réalité bien plus de risques que leurs homologues masculins. Elles mènent leurs vies de femmes, leurs vies de revendicatrices, pour certaines, et leurs vies sportives de haut – très haut – niveau.

Leur philosophie, leurs motivations, elles les expliquent en complément de splendides images, beautés réelles et charnues. Charnues comme les vagues, charnues comme la houle, charnues comme de vraies femmes, loin des clichés anorexiques d’ordinaire portés pour vendre quelque vêtement sans âme.

De grands noms au service d’une cause noble

Si ces femmes parlent et témoignent de leur passion, c’est pour délivrer un double message au sein de cet ouvrage. De front, elles soutiennent la voix de l’océan, militent pour la préservation et le respect de cet écosystème si vulnérable qui anime leurs feux sacrés. En tant que femmes, elles forcent le respect dû à toutes celles et à tous ceux qui ont osé. Osé aller dans la vague, oser saisir cette chance dont Séréna Lutton dit “Dans la vie, la seule chance qu’on a est celle qu’on se donne”.

En définitive, ce ne sont pas 36 portraits de 36 femmes ou de 36 surfeuses, que nous propose ce beau livre, touchant et captivant de Carolina Amell. Au delà du genre et des clmichés, ce sont 36 portraits d’êtres humains qui entretiennent en commun une passion.

Nées pour surfer

  • Édition Glénat
  • 22 x 28,5 cm
  • 242 pages
  • 39,50 €
  • EAN : 9782344042922

Victoria Secret à l’écoute des femmes. Entretien avec la styliste Sophie Malagola.

C’est décidé, Victoria’s Secret, LA marque de sous-vêtements féminins par excellence va, enfin, s’intéresser à ses clientes. Plutôt, nous annonce-t-elle, elle va cesser de satisfaire les hommes qui dictent ce que les femmes doivent porter. 

Après tout, il n’est jamais trop tard !

La marque de référence des sous-vêtements féminins, enfin celle qui fut la marque de référence des sous-vêtements féminin, l’Américaine Victoria’s Secret, a annoncé qu’elle allait cesser d’écouter les hommes dire ce qu’ils veulent voir les femmes porter (et donc quelles femmes ils veulent voir le porter) et accepter ses clientes dans leurs demandes, leurs diversités et leurs envies.

En outre, la marque annonce prendre pour égéries un collectif de 7 vraies femmes (Le Collecfif VS), soutenir la lutte contre le cancer du sein … Bref, redorer une image bien ternie par de nombreux scandales, de la déformation de l’image réelle des femmes à d’obscurs liens avec le pédo-criminel Jeffrey Epstein, Victoria a décidément bien de secrets à expier !

Victoria Secret

Nous nous sommes entretenu avec une styliste française, Sophie Malagola, pour mieux saisir l’évolution de l’enseigne aux défilés grandioses.

Sophie a travaillé pour de grandes marques françaises (la Redoute, Etam …) et a un regard extrêmement précis sur les évolutions, les tendances et les revirements du domaine.

Son credo ?

« Être au plus près du corps des femmes, accompagner chacune d’entre elle au quotidien

Sophie Malagola

Une marque qui a besoin de se rénover

A propos du message de Victoria’s secret, la styliste nous explique : “Il faut réellement avoir en tête pour commencer que Victoria’s Secret va mal. La marque éprouve un besoin intense de remise en question, mais elle le fait aujourd’hui avec beaucoup de retard.« 

Elle ajoute :

A la décharge du management de Victoria’s Secret, c’est une entreprise colossale, un paquebot difficile à manœuvrer. Victoria’s Secret n’est plus une marque à proprement parler, c’est devenu un nom générique. Au-delà des discours maladroits qu’on a pu entendre de la part des dirigeants de l’enseigne, le modèle sur lequel s’est bâti le succès du géant a périclité. Les gigantesques défilés ont été remplacés par d’intimes présentations à l’ambiance feutrée et, ça, les responsables de l’enseigne ne l’ont pas vu venir.

De nombreuses erreurs de communication

De gros échecs de communication, aussi. C’est ce que nous explique Sophie : “Les grosses entreprises ont tendance à oublier que leur modèle est fragile. Elles se reposent sur ce qui fonctionne et ont tendance à considérer le marché avec dédain. Victoria’s Secret a laissé faire sans réagir des reportages qui montraient les entraînements des filles avant les défilés. On se serait cru dans l’armée au point où c’était brutal et dégradant pour l’image des femmes.

Finalement, ce message de Victoria’s Secret, pinkwashing

La tendance de la féminisation et de l’attention portée aux femmes n’est pas récente, que ce soit dans le domaine de la lingerie ou ailleurs. Mais le message porté par la marque est à double tranchant, on nous explique que jusqu’alors, les femmes étaient effectivement incapables de choisir leur lingerie, car il fallait parler aux hommes. Autrement dit, c’est refouler les clientes fidèles de la marque d’une part sans jouir de la capacité à attirer celles déjà fidèles à une autre marque. On a connu une meilleure stratégie, y-compris de pink washing !” Conclut-t-elle.

Changement de paradigme dans la manière dont la lingerie s’affiche, tout va en conséquence aller mieux dans le meilleur des mondes ? 

“Il faut prendre garde à l’excès inverse qui peut arriver. Il est naturellement nécessaire que toutes les femmes soient représentées dans les catalogues, sans distinction de forme, d’âge, de couleur de peau ou d’ethnie. Mais il faut être extrêmement prudent avec les messages sous-entendus, notamment avec une représentation systématique d’une forme d’obésité. Les créateurs comme les communicants endossons une responsabilité majeure lorsque nous passons un message. L’obésité comme l’anorexie sont des maladies mortelles qui mettent en souffrance, ce n’est pas ni une mode ni une tendance Nous ne devons pas normaliser une souffrance.

Attention aux appels à l’obésité

Et de conclure “Il faut faire très attention aux modèles qu’on offre, les extrêmes sont toujours dangereux.”

Tout bien considéré, nous sommes face à un non-évènement, une simple remise des choses en perspective ? 

Depuis longtemps” explique la créatrice “on fait porter des vêtements dans les catalogues à des hommes d’âge mûr. C’est aussi, car la population vieillit qu’on n’a pas le choix. Pour présenter des produits à des femmes âgées, on va faire appel à des mannequins plus âgés. Et, par la force des choses, les corps de ces femmes seront différents de ceux que les marques utilisaient dans les années 80-90. Ceux-là étaient déjà réels et ressemblaient à de femmes authentiques. Puis est arrivé Photoshop et toutes les dérives qu’on a connu. Il a donné naissance à des femmes qui, en fait, n’existaient que dans l’imaginaire des hommes que, justement, des enseignes comme Victoria’s Secret écoutaient. Donc pas de tremblement de terre ici, juste un retour au réel. Et c’est tant mieux, car le réel est ce qui se fait de mieux dans la vie !

Sophie poursuit :

Depuis la nuit des temps, les femmes plaisent aux hommes, c’est génétique. Dire qu’on va satisfaire les femmes et arrêter d’écouter les hommes comme le fait Victoria’s Secret, c’est remettre en cause la capacité d’intelligence donnée aux femmes. Leur aptitude à choisir ce qu’elles vont porter, pour elles et selon leurs envies. Celles qui ont envie de porter du sexy peuvent le décider, celles qui veulent porter du quotidien peuvent aussi le faire. Généralement, du reste, ce sont les mêmes. La richesse véritable, la véritable révolution, c’est de s’adresser à toutes les femmes dans toutes leurs envies.

À vouloir être trop différentes, les marques d’aujourd’hui ne perdent-elles pas leur âme ?

Sophie nous explique “En effet, tout tend à se ressembler. De fameuses marques françaises ont décidé d’abandonner la communication traditionnelle et ont abandonné les classiques. Il faut respecter sa marque tout en évoluant avec son marché et les attentes de la clientèle. Parmi les basiques actuels, on sait qu’on doit utiliser et proposer du recyclé. On doit proposer du sens à sa marque. En tout, il faut nécessairement bâtir et conserver son image de marque tout en la faisant évoluer, lentement et sans à-coups. Et, en tous cas, sans feu d’artifice comme tente de le faire Victoria’s Secret !

Elle ajoute “Il faut garder à l’esprit que la population tend à vieillir et que cette génération de femmes a connu la communication à l’ancienne. Elle a besoin de retrouver dans ses marques de prédilection les codes qu’elle connaît, elle risque de se perdre autrement.

Un message à adresser aux lectrices et aux lecteurs de Brillante Magazine, Sophie ? 

En 2021 plus que jamais, une femme peut choisir d’être élégante quand elle le veut, sexy quand elle en a envie et à l’aise à d’autres moments. Il n’y a pas un type de femme et, surtout, pas un univers permanent dans les envies d’une femme. Et, aussi, qu’une femme possède l’intelligence nécessaire pour choisir ses sous-vêtements.

Et à Victoria’s Secret ?

Malgré tout, le marché de la lingerie peut adresser un immense merci à Victoria’s Secret. Leurs défilés ont donné de la visibilité à la lingerie et toutes les marques en ont bénéficié et en bénéficient encore.” À propos de la marque en elle-même, Sophie termine “On peut ne pas aimer telle ou telle marque, mais le marché dans son ensemble a profité de Victoria Secret et doit cette reconnaissance honnête.

Les Divas célébrées à l’Institut du Monde Arabe

L’Institut du monde arabe rend un hommage vibrant aux plus grandes artistes femmes de la musique et du cinéma arabe du XXe siècle, avec une exposition très attendue qui célèbre à la fois leur histoire et leur héritage contemporain.

Un peu plus d’un an après leur première fermeture, la réouverture des lieux culturels était très attendue ! Pour marquer cet évènement, nous avons choisi de vous parler d’une exposition 100% féminine.
Le 19 mai, l’Institut du Monde Arabe donne le coup d’envoi de sa réouverture avec l’exposition « Divas, d’Oum Kalthoum à Dalida  » : un voyage à travers l’âge d’or du cinéma et de la chanson arabes, une découverte en musique et en images du destin de ces femmes de légende des années 20 aux années 70.

D’Oum Kalthoum à Warda al-Djazaïria, d’Asmahan à Fayrouz, de Laila Mourad à Samia Gamal, en passant par Souad Hosni, Sabah sans oublier la toute jeune Dalida, l’exposition se veut un voyage au cœur des vies et de l’art de ces chanteuses et actrices de légende, mais également une exploration des changements profonds qu’elles ont portés au sein de leurs sociétés respectives.

Icônes intemporelles, femmes puissantes, symboles adulés dans les sociétés arabes d’après-guerre, ces divas aux carrières exceptionnelles s’imposent du Caire à Beyrouth, du Maghreb à Paris, incarnant une période d’effervescence artistique et intellectuelle, une nouvelle image de la femme, ainsi que le renouveau politique national qui s’exprime du début des années 1920, notamment en Égypte, jusqu’aux années 1970.

L’exposition met ainsi en lumière, à travers ces divas, l’histoire sociale des femmes arabes et la naissance du féminisme au sein de ces sociétés patriarcales, leur participation au panarabisme et aux luttes d’indépendance dans les contextes de la colonisation et de la décolonisation, et leur rôle central dans les différents domaines artistiques qu’elles ont contribué à révolutionner.

Un voyage en quatre actes

L’exposition se déploie en quatre grands moments. Le visiteur rencontrera successivement les femmes pionnières et avant-gardistes féministes dans Le Caire cosmopolite des années 1920 ; les divas aux voix d’or que furent Oum Kalthoum, Warda, Fayrouz et Asmahan durant la période 1940-1970 ; les productions cinématographiques de « Nilwood » et le succès des comédies musicales égyptiennes qui consacrent les divas actrices telles que Laila Mourad, Samia Gamal, Sabah, Tahiyya Carioca, Hind Rostom ou Dalida.

Dalida

La dernière partie de l’exposition met en valeur les regards d’artistes d’aujourd’hui sur ces divas, dont l’héritage est une profonde source d’inspiration pour toute une nouvelle génération.  La photographe et vidéaste libanaise Randa Mirza associée au musicien et compositeur hip hop Waël Kodeih, les plasticiens et plasticiennes Lamia Ziadé, Shirin Neshat – qui a offert une image de son film Looking for Oulm Khaltoum (2017) pour l’affiche de l’exposition – Youssef Nabil, le photographe Nabil Boutros, … Création musicale holographique, installation vidéo, films, photomontages : autant d’œuvres fortes nées de ce patrimoine musical et iconographique unique réapproprié.

Autour de l’exposition, une riche programmation culturelle fait la part belle aux femmes en interrogeant leur place au sein des sociétés arabes actuelles au travers de concerts, de conférences, de projections de films et d’événements exceptionnels.

Institut du Monde Arabe du 19 mai au 26 septembre 2021 (dates susceptibles de changer en fonction de la situation sanitaire)

40 associations appellent à un plan de déconfinement antisexiste

Un an après le premier confinement contre la pandémie de COVID19, en mars 2021, Ensemble Contre le Sexisme s’interroge et dresse un bilan. Qu’est-ce qui a changé dans le domaine des droits fondamentaux des femmes ? Quels sont les enseignements de cette crise pour les femmes et pour notre société ? Le collectif lance un appel à la vigilance pour construire un monde plus juste et égalitaire entre les femmes et les hommes et pour défendre les libertés individuelles et collectives.

« Les leçons de cette crise ? – Un brutal coup de projecteur : sur la place des femmes dans la société, trop
souvent en bas de la hiérarchie… Où est donc l’égalité ? Un poids de plus en plus lourd à porter : charges au foyer, dans l’éducation, violences démultipliées…Où est donc le partage ? Mais la crise permet aussi des prises de conscience, des changements de mentalité et la solidarité entre les femmes … D’où notre proposition pour construire le monde d’après !
 » constate Moïra Sauvage, co-
présidente du collectif « Ensemble contre le sexisme »

Les 40 associations réunies dans le collectif « Ensemble contre le sexisme », déclarent l’état d’urgence.

Pour le collectif, les femmes ne veulent ni médailles, ni promesses, ni considération feinte.
Les 40 exigent donc un plan de déconfinement antisexiste. Et des mesures rapides et concrètes telles que refonder les rémunérations, contrôler la mise en place effective de l’égalité salariale dans les entreprises et la fonction publique et sanctionner financièrement les manquements, intégrer aux programmes scolaires de tous niveaux une éducation à la culture de l’égalité et à la sexualité et instaurer une journée consacrée à l’égalité entre les filles et les garçons dans tous les établissements, rendre obligatoire un congé paternité allongé et rémunéré et en mesure phare, instaurer une journée nationale contre le sexisme.

« Un an après, c’est le risque de voir se creuser les inégalités entre les femmes et les hommes sur le plan
économique avec plus de précarité de l’emploi, la multiplication des tâches par le télé-travail et
l’accroissement des violences sexistes. Mais c’est aussi l’opportunité de rendre visible et indispensable les
femmes qui étaient au front comme les infirmières et de tirer la sonnette d’alarme sur la dévalorisation
de ces métiers dits féminins
 » conclut Catherine Ladousse, co-présidente du collectif « Ensemble contre le Sexisme ».
Leur objectif ? Changer les mentalités et construire ensemble un monde meilleur plus égalitaire et bien évidemment, sans sexisme.

Plus d’informations sur la page Facebook du collectif : https://www.facebook.com/EnsembleContreLeSexisme/