La première rectrice d’une université publique en Belgique francophone, une femme engagée.

Anne-Sophie Nyssen est élue rectrice de l’Université de Liège le 12 mai 2022, fonction qu’elle exercera officiellement à partir du 1er octobre 2022, succédant au Pr Pierre Wolper. Elle sera alors la 63e personnalité académique à occuper cette fonction depuis la création de l’Université de Liège en 1817, première rectrice de l’histoire de l’ULiège et première rectrice d’une université publique en Belgique francophone.

Anne-Sophie Nyssen (57 ans) est professeure de psychologie du travail à la faculté de Psychologie, Logopédie et Sciences de l’Éducation de l’Université de Liège (ULiège) et, depuis 2018, Vice-rectrice à l’Enseignement et au Bien-être. Elle a été précédemment Vice-doyenne de sa faculté.

En tant que Vice-rectrice, Anne-Sophie Nyssen a développé la campagne #RESPECT qui vise à lutter contre les différentes formes de discrimination vécues au sein de l’Université : lutte contre le harcèlement, pour la communication non-violente et le respect des différences.

Elle s’est engagée dans la lutte contre la violence sexuelle à l’égard des femmes et des filles dans le cadre de la Chaire Mukwege à l’ULiège.

Durant la période du Covid, elle est notamment à l’origine de la distribution des paniers bio-solidaires à destination des étudiant.es. Dans le contexte de la pandémie, qui a bousculé brutalement les méthodes d’enseignement tant pour les enseignant·es que les étudiant·es, elle a lancé un processus de réflexion sur une vision moderne de la place du numérique dans l’enseignement universitaire et plaide, en ce sens, pour une sobriété raisonnée des outils numériques.

Parallèlement, elle a participé activement en interuniversitaire aux réformes du décret Paysage et de la Formation initiale des enseignants.

Ses domaines de recherche portent sur le rôle des facteurs humains et organisationnels dans les milieux de travail (industrie, aviation, hôpitaux,…) : l’erreur humaine, l’accidentologie, la souffrance au travail, l’ergonomie cognitive, la prise de décision et le développement de l’expertise, la conception, l’évaluation des nouvelles technologies, l’analyse des systèmes complexes et la fiabilité des systèmes.

Anne-Sophie Nyssen est également détentrice du certificat d’hypnose ericksonienne obtenu à l‘Institut Erickson de Liège. Elle est à l’origine, dans le cursus universitaire, d’un cours sur la sensibilisation au processus hypnotique et à la communication thérapeutique.

La future rectrice prendra ses fonctions le 1er octobre 2022 pour un mandat de 4 ans.

Inédit en Europe, l’Espagne vers un « congé menstruel »

Le gouvernement de gauche espagnol a présenté un projet de loi créant un « congé menstruel » pour les femmes souffrant de règles douloureuses, une première en Europe.

Le gouvernement de coalition dirigé par le Premier ministre Pedro Sánchez (parti socialiste) a présenté ce 17 mai un projet de loi en ce sens en conseil des ministres avec la volonté de lever un « tabou ».

« Nous allons être le premier pays d’Europe à instaurer un arrêt maladie temporaire financé intégralement par l’État pour des règles douloureuses et invalidantes », s’est félicité la ministre de l’Egalité, Irene Montero, à l’issue du Conseil des ministres.

Irene Montero Photographer: Gabriel Bouys/AFP/Getty Images

« Les règles ne seront plus taboues (..) C’en est fini d’aller au travail avec des douleurs » ou en « se gavant de comprimés » et « de cacher notre douleur », a ajouté la ministre, l’une des chefs de file du parti de gauche radicale Podemos, partenaire du parti socialiste du Premier ministre Pedro Sánchez au sein du gouvernement de coalition.

« Nous avançons en matière de féminisme. Les femmes doivent pouvoir décider librement de leurs vies », a salué Pedro Sánchez sur Twitter en référence à un projet de loi qui renforce par ailleurs le droit à l’avortement dans le pays.

En France, comme au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis, quelques entreprises accordent un tel « congé menstruel » à leurs salariées mais il n’est pas inscrit dans la loi.

En Espagne, la mesure a toutefois suscité des réticences au sein même de l’exécutif, parmi les ministres socialistes, mais aussi au sein des syndicats.

« Il faut faire attention avec ce type de décision », avait mis en garde vendredi la secrétaire générale adjointe de l’UGT, l’un des deux principaux syndicats espagnols, Cristina Antoñanzas, en se disant inquiète vis-à-vis d’un possible frein à l’embauche des femmes de la part d’employeurs voulant éviter ces absences.

Une analyse réfutée par Commissions ouvrières (CCOO), l’autre grand syndicat espagnol, qui a salué une « avancée législative » majeure, de nature à « rendre visible et reconnaître un problème de santé jusqu’à présent ignoré ».

Le texte du gouvernement prévoit aussi un renforcement de l’éducation sexuelle dans les écoles ainsi que la distribution gratuite de moyens contraceptifs ou de produits d’hygiène menstruelle dans les lycées.

La ministre de l’Égalité était aussi favorable à une réduction de la TVA sur les produits d’hygiène menstruelle, de 10% à 4%, mais cette mesure n’a pas été retenue.

L’Espagne est un pays considéré comme l’un des pionniers en Europe en matière de féminisme depuis l’adoption en 2004 d’une loi sur les violences de genre. Se revendiquant féministe, le gouvernement Sánchez compte plus de femmes (14) que d’hommes (9 en incluant le Premier ministre).

© 2022 AFP

Karine Jean-pierre, la nouvelle porte-parole de la maison blanche au parcours hors du commun

Karine Jean-Pierre, née le 13 août 1977 à Fort-de-France, est « tout ce que Trump déteste » comme elle s’amusait à le dire il y a quelques mois. Femme, mère, noire et ouvertement homosexuelle, le président américain, Joe Biden, a annoncé, jeudi 5 mai, avoir choisi Karine Jean-Pierre pour remplacer Jen Psaki au porte-parolat de la Maison Blanche.

C’est la première fois que ce poste très exposé est attribué à une femme noire.

Et pas n’importe quelle femme ! La nouvelle porte-parole aujourd’hui âgée de 44 ans, est francophone. Et pour cause : elle est née à Fort-de-France, en Martinique, de parents haïtiens qui avaient fui la dictature de Duvalier. Toute petite, elle vit ensuite quelque temps à Paris, avant que ses parents ne s’installent à New-York dans le quartier du Queens. Son père devient alors chauffeur de taxi (il y a beaucoup de Haïtiens chauffeurs de taxi à New-York) et sa mère aide-soignante.

Press Secretary Jen Psaki introduces incoming Press Secretary Karine Jean-Pierre as the first Black and out LGBTQ person to hold the position in the Briefing Room at the White House in Washington, DC on Thursday, May 5, 2022.

S’ensuit un parcours fulgurant et une sucess story dont sont friands les américains. Diplômée de la prestigieuse université Columbia avant de s’engager dans le monde associatif et politique, la nouvelle porte-parole de la Maison Blanche milite pour faire tomber les préjugés en matière de santé mentale dont elle a souffert : une dépression et tentative de suicide dont elle sortira renforcée.

En 2008, Karine Jean-Pierre n’a alors que 30 ans et elle s’engage dans la primaire démocrate aux côtés de l’un des candidats, John Edwards. Barack Obama remporte la primaire. Karine Jean-Pierre rejoint son équipe de campagne. La fille d’immigrés haïtiens sera également de la campagne 2012, celle de la réélection d’Obama. Elle devient ensuite chargée de cours à l’université Columbia, là où elle avait étudié, puis s’engage dans des associations de défense des droits.

Karine Jean-Pierre et son épouse la journaliste politique Suzanne Malveaux

Le vendredi 13 mai, elle s’installera derrière l’iconique pupitre de la « Briefing Room » de la Maison-Blanche où elle aura à répondre aux questions des médias américains et internationaux.

Sa sucess story, elle l’a dédié aux jeunes femmes et hommes à travers un message rapporté par l’AFP : « Si vous travaillez très dur pour un objectif, cela arrivera. Oui, vous subirez aussi des coups durs, vous traverserez des moments difficiles et cela ne sera pas toujours facile mais la récompense sera incroyable, surtout si vous restez fidèles à ce que vous êtes. »

Cette nomination intervient alors que les États-Unis se trouvent actuellement secoués par une vague conservatrice qui entend remettre en cause le droit à l’avortement des femmes. Tout un symbole !

Etats-Unis : la Cour suprême s’apprête à mettre fin au droit constitutionnel à l’avortement

La Cour suprême américaine se prépare à renverser l’arrêt historique qui a fait de l’avortement un droit constitutionnel aux Etats-Unis, d’après le site d’information américain Politico, qui s’appuie sur la fuite sans précédent d’un document d’une centaine de pages. Cette annonce a fait l’effet d’une bombe. Une menace pour le droit à l’interruption volontaire de grossesse (IVG), et une victoire pour les Etats conservateurs.

Abortion rights supporters and anti-abortion demonstrators rally outside the U.S. Supreme Court | Getty Images

L’arrêt Roe vs Wade qui, il y a près d’un demi-siècle, a estimé que la Constitution américaine protégeait le droit des femmes à avorter, était « totalement infondé dès le début », selon ce texte qui peut faire l’objet de négociations jusqu’au 30 juin.

La loi sur l’avortement au centre de l’affaire de la Cour suprême pourrait porter un coup final à l’accès à l’avortement.

Une femme sur deux, se dit favorable à la création d’un délit de non-partage des tâches domestiques.

Le 22 mars 2022, lorsque Sandrine Rousseau, figure du parti EELV, a confié à l’occasion d’une interview vouloir créer un délit de « non-partage des tâches domestiques », elle avait été la risée des réseaux sociaux et avait subi moqueries et insultes en cascades.

Elle avait précisé à l’époque que « le privé c’est le politique » et que l’égalité entre les femmes et les hommes devait être absolue.


Or d’après une étude révélées ce mercredi par Le Parisien, une femme sur deux (et 44% des hommes) adhère à une telle mesure. En effet, cette étude Ifop pour Consolab inspirée par la question soulevée par Sandrine Rousseau – réalisée du 28 au 31 mars précisément – révèle que les Françaises sont nombreuses à ne pas trouver absurde cette idée de sanctionner leur conjoint qui ne participe pas à leur hauteur aux tâches du foyer.

L’enquête constate, avant tout, que 57% des femmes en couple avec un homme estiment « en faire plus que leur conjoint » à la maison, tandis que seulement 16% des interrogés masculins pensent, à l’inverse, être plus investi que leur compagne.

Les femmes sont même 31% à considérer en faire « beaucoup plus que leur conjoint ». Un pourcentage à la baisse, car elles étaient 45% à estimer cela en 2015, il y a sept ans.

Face à cette inégale répartition de la charge mentale quotidienne – ménage, courses, soins aux enfants -, 50% des Françaises, soit une femme sur deux, soutiennent la proposition de Sandrine Rousseau et se disent favorables à la création d’un délit de non-partage des tâches domestiques. 

Une idée qui plaît donc en théorie, mais qui reste mitigée face à la pratique. En effet, seulement 14% des Françaises se sont dites vraiment prêtes à porter plainte contre leur conjoint.

Femme(s) et élections présidentielles, le vote est-il genré ?

Dans une pré-campagne souvent marquée par une concurrence entre hommes et femmes au sein de chaque camp et une féminisation du scrutin, existe-t-il toujours un vote dit « féminin » ? C’est l’objet de l’enquête de l’institut de sondage IPSOS, commandée par LCI, menée auprès d’un échantillon de 1 441 femmes inscrites sur les listes électorales, du 25 février au 4 mars 2022. Éléments de réponse…

Est-ce qu’une candidate femme va davantage attirer le vote féminin qu’un homme ? L’étude révèle que Valérie Pécresse est la candidate la plus citée quand il est question du candidat le plus crédible dans la lutte contre le sexisme (29%) devant Marine Le Pen (27%) puis Emmanuel Macron (22%).

A ce titre, les femmes expriment majoritairement le souhait qu’une femme remporte l’élection présidentielle (71%).

Pour autant seul un peu plus d’une Française sur trois pense qu’une femme remportera l’élection à l’issue du second tour (32%). Un pronostic en concordance avec les dernières intentions de vote dans lesquelles aucune femme n’est donnée victorieuse face à Emmanuel Macron dans les différentes hypothèses de second tour. Sur ce point, le vote des femmes rejoint celui des hommes, à noter que face au Président sortant, Valérie Pécresse en particulier ne bénéficie pas d’une forme de « prime » à la féminité puisque les femmes sont moins nombreuses à avoir l’intention de voter pour elle que les hommes (37% contre 43%).

© auremar/123RF

De plus, les intentions de vote diffèrent légèrement entre les femmes interrogées et les hommes notamment en ce qui concerne les poursuivants d’Emmanuel Macron. Quand 13% des hommes voteraient pour Jean-Luc Mélenchon, 10% des femmes en disent autant. De même pour Marine Le Pen, plus plébiscitée par les femmes (18%) que par les hommes (15%) alors que la candidature d’Eric Zemmour rencontre toujours une certaine résistance des femmes (11% ont l’intention de vote pour lui contre 13% des hommes). Cela traduit la persistance d’un radical right gender gap identifié depuis le début de cette élection présidentielle.

A noter toutefois, que les femmes se considèrent, à ce jour, comme étant moins certaines de leur choix (68%) que les hommes (77%), ce qui en fait donc un électorat plus volatile pouvant influencer des évolutions de tendances futures.

Un renouvellement générationnel

En ce qui concerne les préoccupations des femmes pour l’élection, la santé est le sujet le plus déterminant dans leur vote (83%), c’est davantage que pour l’ensemble des Français (74%). La question du pouvoir d’achat (74%) et de la lutte contre le terrorisme (74%) viennent ensuite dans des dimensions comparables à celle de l’ensemble de la population française. En revanche, la défense du droit des femmes et la lutte contre le sexisme n’apparaissent pas comme prioritaires chez les femmes (54%) mais donnent à voir des clivages politiques et générationnels.

En effet, les sympathisantes du Parti Socialiste et d’Europe Ecologique Les Verts sont plus nombreuses à citer cet enjeu comme « déterminant » (66%) que celles des partis de droite (43% pour les partisanes de la majorité présidentielle et Les Républicains, 50% pour celles de Reconquête). De plus, les femmes les plus jeunes s’avèrent nettement plus préoccuper par cette question : 71% des 18-24 ans la jugent déterminante contre 53% des 35 ans et plus.

En 2022, l’Elysée accueillera-t-il (enfin) une femme ?

Caroline Stevan – L’histoire du droit de vote des femmes, un combat féministe

Féminisme et droit d’expression des femmes sont intimement liés. Il ne peut exister le second sans le premier. C’est à cet état des lieux que nous invite la journaliste Caroline Stefan avec le livre « Citoyennes ! Il était une fois le droit de vote » paru aux éditions Helvetiq.

En 2022, les femmes disposent, au même titre que leurs alter ego, du droit de vote. Mais ce droit n’a pas toujours été un acquis, à l’instar de l’ensemble des possibilités offertes aujourd’hui sans distinction de sexe. Féminisme, politique et droit à l’expression se mêlent dans cet ouvrage passionnant. Les illustrations qu’il contient à la manière de « Tomtom et Nana » (Message aux plus jeunes : « pas le GPS, la bande dessinée« ) rendent « Citoyennes ! Il était une fois le droit de vote » accessible aux citoyen.ne.s autant qu’à celles et ceux qui le deviendront demain.

Illustration de la vie d'une famille et de l'injuste répartition des tâches ménagères
Les tâches ménagères réparties le sont-elles réellement en tant que charges ?

Le Livre de Caroline Stevan, “Citoyennes ! Il était une fois le droit de vote » aux éditions Helvetiq se lit à la fois comme un ouvrage d’histoire, de politique, de fiction et de projection. L’ensemble des grandes figures féminines de la politique et de l’accès des femmes à la gestion de l’Etat est rappelé de manière ludique mais précise. Ceci sans parti pris ni militantisme, tel que l’histoire le dit, tels que les faits se sont déroulés.

Qui êtes-vous Caroline Stevan ?

Je suis une journaliste Franco Suisse. J’ai passé l’essentiel de ma carrière à travailler pour le journal “le temps” puis j’ai rejoint la RTS (Radio publique Suisse) il y a 2 ans.

Xaroline Stevan, autrice et journaliste
Caroline Stevan, autrice et journaliste – DR

Depuis le premier confinement, je travaille pour le point J, dans lequel on pose une question chaque jour en relation avec l’actualité. Par exemple “pourquoi autant de prêtres pédocriminels ? –  Peut-on tout guérir avec l’hypnose ? “.  Chaque épisode dure 10-12 minutes en format podcast. Beaucoup d’invité(e)s pour alimenter ce point J. En fin de podcast, une deuxième voix intervient, un témoignage ou un point de vue dissonant.

Le 14 juin 2019 a eu lieu la grève des femmes. J’ai eu la sensation que cette journée ferait date dans les luttes féministes.

Caroline Stevan

Le 14 juin 2019, en suisse, a eu lieu la grève des femmes. Des centaines de milliers de femmes dans les rues Suisse, une marée violette a envahi les avenues. J’y étais en famille avec mes 2 filles et leur papa, j’ai eu la sensation que cette journée ferait date dans les luttes féministes. Je voulais que les enfants puissent prendre conscience du fait qu’il y a eu du chemin pour que les femmes puissent voter, parler et s’exprimer.

Mes deux filles, âgées de 8 et 12 ans, ne sont pas encore en âge de voter. Ce qui n’empêche aucunement d’avoir une conscience !

Sortir du regard très européen sur notre droit de voter

L’idée directrice de ce livre était de sortir du regard européen sur le droit de voter – de s’exprimer – dont disposent les femmes. D’autant que 2021 marquait le cinquantenaire du droit de vote des femmes en Suisse.

Le livre s’ouvre sur le portrait de 10 militantes du droit de vote des femmes, toutes de différentes cultures.

Où en est en 2022 le droit de vote des femmes ?

Partout dans le monde où les hommes votent, les femmes votent. Deux exceptions notables : le Bruneï et le Vatican. Au Vatican les choses évoluent, une femme a été nommée à la conférence des évêques et a le droit au chapitre.

Quant à l’égalité d’accès au vote, les femmes et les hommes ne sont pas empêchés de voter partout ailleurs. Par contre, c’est un aspect important qui ne signifie pas nécessairement une égalité en politique. Il y a bien moins de femmes que d’hommes aux postes de pouvoir. Et celles qui le sont ne sont jamais rattachées à des ministères régaliens. Au-delà de ces chiffres, il faut voir la manière dont les femmes sont considérées (uniquement le prénom de la femme et le nom de l’homme). A l’époque, on a bien plus décrit les vêtements de Ségolène Royal que ceux de Nicolas Sarkozy, par exemple.

Quelles ont été les difficultés majeures à obtenir le droit à voter ?

Les luttes sont convergentes et ne couvraient jamais qu’un seul sujet. Les femmes qui se sont battues pour pouvoir voter réclamaient souvent d’autres choses, lutte contre l’esclavage, pour l’indépendance… Beaucoup des opposants avaient finalement peur que les femmes qui iraient voter délaissent leur statut de femme et les tâches qui leur incombent historiquement (cuisine, foyer, ménage, enfants…). Ce sont des sujets sous-jacents à cette quête du droit de vote.

A l’époque des grands combats, les femmes demandaient à avoir accès à la sphère publique. Elles voulaient avoir une place publique dans la société. Aujourd’hui, même si la place faite aux femmes n’est pas parfaite, il n’y a plus de remise en cause des possibilités notamment politiques données aux femmes. Par contre, et c’est là un frein important à la féminisation de la fonction politique, les femmes ont toujours la politique en plus du reste. La famille (gestion du foyer, des enfants…) est vue comme un frein pour les femmes qui veulent entrer en politique.

La première ministre Néo-Zélandaise a été enceinte pendant son mandat.

Certains – autant d’hommes que de femmes – ont questionné la compatibilité d’une vie de famille avec sa fonction. Elle s’est insurgée qu’on ne pose pas cette question aux hommes.

Quel est le prochain combat des femmes ?

L’obtention d’une pure égalité de traitement entre les Hommes & Femmes

Quel est l’impact de certaines prises de position radicales de féministes sur le message féministe en lui-même ?

Certains comportements ou certaines manières de porter la lutte peuvent crisper. Et partout où il y a crispation, il y a tension et rupture du dialogue. Prenons l’exemple de l’écriture inclusive, qui me semble pourtant quelque chose d’anodin. On doit faire avec les hommes, pas contre. Pour qu’une question féministe avance, elle doit embarquer les hommes avec les femmes. Être féministe ce n’est pas être contre les hommes.

Etre féministe ce n’est pas être contre les hommes.

Caroline Stevan

En écrivant ce livre, je me suis aperçu que la gentillesse, la bienveillance ou la modération ne fonctionnent pas toujours. Les suffragettes, au Royaume Uni, ont compris très tôt que cela ne marchait pas et qu’il fallait aller vers plus de radicalité. Leurs méthodes, provocantes et parfois violentes, ont été efficaces. Il peut falloir passer par du plus dur. Il faut se poser la question de ce qui est ou n’est pas radical selon l’air du temps. La radicalité doit toujours se mesurer à l’aune d’une situation immédiate.

Enfin, il ne faut pas mettre toutes les féministes dans le même panier, il peut y avoir des crispations différentes. Il y a autant de féminisme qu’il y a de féministes.

En cette année présidentielle, croyez-vous en la possibilité d’une Présidente de la République en France ?

J’espère qu’on est prêts. La société a évolué et il y a toujours des femmes candidates. On va vers ce chemin-là.

En Suisse, nous avons trois conseillères fédérales qui sont présidentes à tour de rôle. Donc, dans la confédération, nous allons avoir une femme présidente.

Et, pour un pays conservateur comme le mien, c’est un très bon signe !

Pour la France, la question n’est pas « va-t-on y arriver ? ” mais “quand va-t-on y arriver ?”.

Pour autant, d’Edith Brunschvicg à Nadia Jai, les femmes sont à des postes de responsabilité. Qu’est ce qui bloque cette avancée ?

On va cantonner les femmes à des postes “moins valorisants” (secrétaire d’État, conseiller, ministère rattaché…). Même ministres, elles vont être systématiquement positionnées sur des fonctions perçues comme plus féminines.

Il existe aussi un phénomène de cooptation, on promeut ses semblables, les hommes soutiennent les hommes.

Il faut aussi changer le regard des électeurs et des électrices sur ce que sont certaines fonctions ministérielles. Il n’est pas plus féminin d’être à la culture ou à la santé qu’être à l’économie ou la défense !

Il faut aussi changer le regard des électeurs sur ce que sont certaines fonctions ministérielles. Il n’est pas plus féminin d’être à la culture ou à la santé qu’être à l’économie ou la défense !

Caroline Stevan

Les choses se jouent sur le terrain pour le concret et dans les esprits pour la représentation.

Quel accueil a reçu votre livre ?

Un excellent accueil ! Je suis ravie, j’ai eu quelques séances de dédicaces qui ont fini trop tôt. Le public était très varié (femmes plus âgées en suisse, jeunes filles très militantes, des papas, des familles…).

Au début du livre, j’imagine une scène dans laquelle un enseignant définit la règle de vie. Les garçons ont tous les droits dans l’école, les filles n’ont aucun droit. Une sorte de métaphore d’une société dans laquelle les femmes ne pouvaient pas voter.

Une enseignante qui a lu mon livre a rejoué la scène dans son établissement. Pendant une semaine elle a favorisé les filles (filles assises avant les gars, encouragements, bonbons en cas de bons résultats…)

La semaine suivante, elle a inversé les rôles.

Après ces 2 semaines d’expérience, les enfants ont bien compris la métaphore. Lorsqu’ils étaient dans le groupe défavorisé, c’était difficile et ils s’en sont plaints. C’est lorsqu’ils seront, les unes comme les autres, devenu(e)s citoyens qu’il faudrait analyser leurs comportements.

L’éducation (scolaire, familiale, culturelle, environnementale…) est une clef majeure dans l’évolution des choses.

Quels espoirs pour le féminisme ?

Je termine le livre en souhaitant qu’il disparaisse. Il joue sur deux terrains. De grosses luttes et des chantiers concrets (égalité salariale par exemple) sont en cours.

Puis une couche très insidieuse, de l’ordre de la culture et des stéréotypes, a fait son apparition qui recrée les stéréotypes. Par exemple, les Lego « Friends » (que le packaging destine plus aux filles qu’aux garçons) sont plus faciles à assembler que ceux des garçons et mettent en scène de jolies maisons avec des spas.

Dans les années soixante-dix / quatre-vingt, sur les publicités Lego, les filles et les garçons assemblaient une fusée et le slogan disait : « Les enfants construisent l’avenir !« .

On est ici sur des choses qui peuvent sembler des détails, sur des photos dans les catalogues de jouets de Noël par exemple mais en réalité, on recrée du sexisme dans de nombreux domaines.

Je veux un féminisme de fond, un éveil des consciences. Il faut dresser un constat de tous ces « détails » mis bout à bout. Travailler sur ces “détails” beaucoup plus pernicieux. C’est un travail bien plus long et moins visible.

Je veux un féminisme de fond, éveil des consciences.

Caroline Stevan

Et, à chaque « entorse », il faut dénoncer aux institutions. Les hot-lines, numéros verts, saisines… Existent et doivent être, par la force des choses, déplacées vers ces nouveaux terrains de féminisme.

En Suisse, les “bureaux de l’égalité” tiennent une veille et sont à l’écoute des alertes de la population.

En France, la saisine du défenseur des droits est le seul moyen d’alerte, il n’est pas proactif. Il faut utiliser les moyens mis à la disposition par les États pour promouvoir une véritable égalité.

Auteur    Caroline Stevan
Illustration    Elina Braslina
Editeur    Helvetiq
Date de parution    03/09/2021

Virginie Despentes crée une nouvelle maison d’édition féministe et militante

Alors que le projet de fusion entre les groupes Hachette et Editis fait grincer des dents dans le domaine de l’édition et monopolise tous les acteurs de ce milieu, eu égard aux probables ambitions politiques de Vincent Bolloré, Virginie Despentes, qui soutient le collectif #StopBolloré jette un pavé dans la mare.

Alors que l’écrivaine et cinéaste de 52 ans, éditée par Grasset (Hachette Livre) s’exprimait sur ce projet de fusion le 27 janvier dans les colonnes de Libération : « il est très facile de faire disparaître des auteurs : si Bolloré place un type d’extrême droite à la tête des maisons d’édition qu’il rachète, tout ce qu’on a écrit précédemment appartient à Vincent Bolloré. Et une partie du catalogue peut être effacée par pure idéologie : les essais féministes ou antiracistes, la philo… » celle-ci vient d’annoncer lancer sa propre maison d’édition.

D’après « Livres Hebdo », la maison baptisée La Légende éditions sera lancée à l’automne en collaboration avec la photographe et vidéaste Axelle Le Dauphin et publiera des ouvrages visant à « déconstruire les stéréotypes de genre » et « lutter contre le sexisme ». Cette nouvelle maison d’édition qui se veut engagée et militante publiera neuf titres par an sur les enjeux sociétaux de la culture queer et féministe.

Alké x Noël 2021 : « Pas besoin d’avoir l’air d’un homme pour jouer au foot ! »

Fan du ballon rond ? Savez-vous que les femmes jouent au foot depuis plus d’un siècle (depuis la fin du XIXe siècle en Angleterre et en Écosse). Le foot féminin connaît ainsi son âge d’or au début des années 1920, jusqu’au bannissement des femmes des terrains par l’association britannique de football, interdiction qui a duré de 1921 à 1971. En France, l’interdiction faite aux femmes de pratiquer le football, a été instaurée sous le Régime de Vichy.

Ce n’est que très récemment que le premier Ballon d’or féminin est attribué en décembre 2018 à l’attaquante norvégienne Ada Hegerberg. Selon les estimations établies par un rapport de l’Unesco, il existe aujourd’hui, 33 millions de pratiquantes dans le monde, dont 125 000 en France.

Soutenir le développement du sport féminin, c’est le parti pris par La marque de mode engagée et militante, Alké qui souhaite dédier 1% de son chiffre d’affaire au soutien d’actions en faveur du développement du sport féminin et de l’émancipation des femmes.

DR.

Les créatrices ont ainsi choisi de miser sur le football féminin : « parce que c’est un sport universel, car on peut y jouer n’importe où et avec n’importe quoi, et que tout le monde est à peu près compétent pour en parler ! Il porte en lui des valeurs fortes telles que l’esprit d’équipe, la discipline, le respect, la solidarité et surtout le plaisir de jouer et de se dépasser.« 

Avec comme credo : « Pas besoin d’être un homme pour jouer au foot. Pas besoin d’avoir l’air d’un homme pour jouer au foot. » Après une première collection axée sport qui reprend les basiques du vestiaire de la joueuse de foot, Alké diversifie son style avec une seconde collection streetwear unisexe. Des collections capsules et série spéciale « octobre rose » viennent compléter l’offre.

Pour Noël, Alké inaugure un pop-up store eco-féministe, en partenariat avec des Femmes et des Médias qui font vivre le Football. Du 11 au 19 décembre, Alké investira le Canal Saint Martin. La galerie photo B&B dans le 10ème arrondissement, accueillera pour l’occasion les collections Alké, une exposition de certains clichés pris par le photographe Christophe Berlet, et de nombreux ouvrages autour du féminisme, du football et du sport. Une braderie de Noël, avec des archives, permettra également de se procurer des articles en édition limitée.

Flashback, rire avec le féminisme


« Je me suis pris une charge avec Georges Sand ». Au moment où je termine le visionnage de de film, je m’aperçois que Google,  LE google, me propose de remplacer le nom de cette historique féministe par « sans ». Amusante coïncidence, car c’est tout le propos du film « flashback ».

Imaginez-vous transporté à travers l’histoire,  depuis cro-magnon jusqu’à Mitterrand,  à la rencontre des combats féministes et de toutes celles et tous ceux qui les ont fait. C’est cette expérience que propose Caroline Vigneaux. Pour atteindre son but, la réalisatrice utilise l’humour et la dérision, les armes les plus efficaces pour passer les messages qui, en cette vingt-et-unième année du second millénaire n’ont toujours pas été compris.

Lorsque les plateformes de VOD créent

Si vous ne voyez dans les plateformes de vidéo à la demande que de vils distributeurs de séries télévisées à binge-watcher (demandez à l’ado le plus proche, si vous ne comprenez pas vous êtes sans doute trop âgé), sans doute serez vous surpris de constater qu’après l’excellent « Fluctuat nec mergitur » de sa concurrente Netflix, Amazon a créé un vrai beau film, comme le cinéma en manque.

Le message est clair : l’ajustement ses droits, l’équilibrage des possibles sans distinction de sexe, est l’héritage de centaines d’années de combat de femmes et d’hommes qui avaient compris, avant leurs contemporains le plus souvent, que rien ne justifiait qu’on interdise quoi que ce soir au prétexte de ne pas disposer d’un pénis. Les lois les plus iniques (l’interdiction faite aux femmes de porter un pantalon) ont toujours existé et certaines (heureusement, celle ci à été abrogée en 2013) sont encore en place, en France ou ailleurs.

Film et Documentaire

Je vous incite à regarder en famille ce film qui devrait s’appeler documentaire et qui, espérons-le, sera projeté dans les écoles, en cours d’histoire comme d’instruction civique.

La distribution de ce film ne gâche rien. De grands et bons noms d’actrices et d’acteurs (Caroline Vigneaux, Issa Doumbia, Sophie Aram, Sylvie Testud ou encore Gad Elmaleh) servent, à la française,  des rôles (Marie Curie, Robespierre, Olympe de Gouges ou encore Gisèle Halimi) semblent avoir été taillés sur mesure. L’humour y est présent, dans sa juste dose et les contextes historiques, les personnages et les lieux sont tous respectés. On notera au passage la brillante prestation de Sophie Aram dans un plaidoyer qui ne l’est pas moins.

Le film se termine sur un cliffhanger et une question abyssale … que doit donc faire Charlie de sa grossesse ?

En bref, un film à voir, pour rire, se cultiver et, surtout, réviser son féminisme !

Au fait… la charge en question, elle semble avoir bel et bien lieu !

Flashback, à voir en famille sur Amazon Prime

200 nanas sur 200 kilomètres à vélos, une randonnée 100% féminine

C’est le 26 juin prochain qu’un BRM (Brevets de Randonneurs Mondiaux) d’un genre singulier va prendre le départ. 100 % réservée aux femmes, la 200 nanas sur 200 kilomètres s’élancera dans une boucle depuis et vers Pantin (Seine-Saint-Denis). Nous sommes allés à la rencontre de son organisatrice.

« 200 nanas sur 200 kilomètres« . Il fallait oser le titre et la réservation d’une compétition, les cyclistes l’ont fait.

Itinéraire de la randonnée prévue

L’Audax Club Parisien organise, le 26 juin prochain, cette randonnée originale qui partira de Pantin. Les sportives – car c’est bel et bien de sport qu’il s’agit – rejoindront Gisors avant de descendre vers Vernon. Viendront par la suite Cergy puis retour au départ, à Pantin.

Elisabeth Lavail, organisatrice de la 200 nanas sur 200 kilomètres (Photo : John Kovalsky)

L’itinéraire de 200 kilomètres doit être couru en moins de 13 h 30 pour que les compétitrices puissent valider le BRM. Mais comme le précise l’organisatrice Elisabeth Lavail “La validation de ce brevet ne doit pas représenter une fin en soi. L’idée est de passer une journée amusante et en sécurité.” Celles, donc, qui veulent aller à toute allure sont les bienvenues, les autres le sont tout autant.

Pour autant, pas de classement, juste le plaisir de faire une balade entre pratiquantes. Celles qui réussiront en moins des 13 h 30 réglementaires obtiendront le précieux sésame, les autres auront passé un moment plaisant et en sécurité entre filles.

Un principe déjà existant

L’intérêt d’une telle compétition ? C’est Elisabeth qui nous l’explique : “J’ai réellement fait un rêve, dans lequel je voyais des centaines de filles se présenter au départ et pas un seul homme. C’est une vision que j’ai eue de ce que je devais organiser. Ce n’est pas la seule ni la première course féminine. Au sein de la FFVélo (la Fédération Française de Cyclotourisme), plusieurs organisations travaillent, à l’instar de la “Toutes à Vélo” à Toulouse à ce que les femmes soient aussi présentes que les hommes. Mais il ne s’agit pas d’une course militante, je ne suis pas féministe, juste une femme membre d’une fédération. Mais toutes les filles ne sont pas adhérentes à la fédé, la dimension de loisir est une composante majeure du cyclotourisme”.

Femini-Washing de la Fédération Française de Cyclisme

Si comparaison n’est pas raison, la seconde fédération de cyclisme (la Fédération Française de Cyclisme, qui organise le Tour de France) dispose, sur son site internet, d’un espace totalement dédié aux femmes. Elle y parle de son “plan de féminisation 2018 – 2021” et des efforts qu’elle s’engage à réaliser pour combattre les agressions sexuelles faites aux femmes. Sous d’autres cieux, dans cet espace, elle annonce les événements qui, au sein des régions, sont destinés aux femmes.

Aucun événement, en 2021, n’aura lieu dans le cyclisme dédié aux femmes aux sein de la FFC. Gageons que la crise sanitaire aura empêché l’organisation de ces compétitions.

Une randonnée interdite aux hommes

Le principe de la « 200 nanas sur 200 kilomètres » veut que seules les femmes disposent du droit de s’inscrire et le droit de s’arrêter aux 3 points de ravitaillement présents sur le parcours. Les hommes peuvent naturellement accompagner les participantes et y prendre part (l’itinéraire est libre et ouvert) mais ne peuvent en aucune manière prendre part ni aux ravitaillements ni à l’obtention du Brevet. Ce qui tranche, avec les autres sorties vélos au cours desquelles, de manière générale, seules 5 à 10 % de femmes prennent part.

“L’Audax Club Parisien, club organisateur de la « 200 nanas » est une structure associative” nous explique Elisabeth. Et comme dans toute structure associative “Il a fallu que je présente mon projet qui venait proposer quelque chose de novateur. Le fait d’être une femme portant un projet féminin était vu comme un point positif au sein du club”. Et c’est exactement sur ce point qu’elle brille, l’organisatrice. Partant d’un rêve, elle a monté l’organisation, les principes et les règles d’un brevet qui compte d’ors et déjà 295 femmes inscrites sur les 200 initialement prévues.

Les Brevets de Randonnée Mondiaux sont des certificats officiels émis par le Club auquel appartient Elisabeth Lavail. Elle nous en développe le principe “C’est en 1904 que Henri Desgranges, le père du Tour de France, crée les brevets Audax Cyclistes. Il s’agissait de parcours de 200 kilomètres effectués à une vitesse de 18 Km/h sous la conduite d’un capitaine de route. Le principe demeure, sauf qu’il a acquis une forme mondiale. Aujourd’hui, ces brevets existent dans plus de 30 pays, sur les 5 continents, toujours gérés par mon club.”

Une organisation totalement bénévole

Elisabeth est brillante. Elle souhaite transmettre sa passion et son envie d’action. Bénévole, elle met énergie et motivation au service de sa passion et en profite, de manière plus ou moins volontaire, pour faire la promotion active des sports au féminin.

Toutes des Simone. 35 ans de la mort de Simone de Beauvoir.

Brillante Magazine ne pouvait pas faire l’impasse. Pour commémorer les 35 ans de la mort de Simone de Beauvoir, nous vous proposons de redécouvrir la vie et l’œuvre du « castor » qui nous inspira toutes.

Héritage, d’une mère, d’une grand-mère… On a toutes quelque chose de Simone !
Elisabeth Badinter revient dans une conférence donnée en 2001 à la BnF sur la vie et la personnalité complexe de celle qui l’a tant influencée. On évalue souvent les écrits de Simone de Beauvoir à l’aune de sa vie privée, et inversement : les deux sont indissociables, et l’autrice revendiquait elle-même avoir fait de sa vie une œuvre, et de son œuvre un fondement pour la libération des femmes. Car ses livres seuls n’auraient pas eu un tel pouvoir de mobilisation : c’est, selon Elisabeth Badinter, le livre illustré par la vie de son autrice, telle qu’elle nous l’a donnée à voir, et sa fameuse « exigence de vérité », qui ont porté le premier coup mortel à l’idéologie patriarcale.

La rencontre d’une vie
La rencontre entre la jeune Simone de Beauvoir et celui qui deviendra le compagnon d’une vie, Jean-Paul Sartre, a lieu en 1928 dans la chambre de Sartre, alors que les jeunes gens se réunissaient entre étudiants pour préparer l’oral de l’agrégation de philosophie : « Les petits camarades m’attendaient le lundi matin à la Cité universitaire ; ils comptaient sur moi pour travailler Leibniz. » (Mémoires d’une jeune fille rangée) Elle écrira après coup dans son journal : « C’est alors que tout a commencé. »
La relation unique qu’ils entretiennent jusqu’à la mort de Sartre est faite de passions littéraires et philosophiques, de liberté totale dans le choix de leurs engagements comme de leurs amours « contingentes », ainsi que de la promesse de vérité et de transparence qui les lient l’un à l’autre.

Le Deuxième sexe, un livre qui fait scandale à sa publication
Considéré aujourd’hui comme une œuvre fondatrice, l’essai Le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir a déchaîné les passions lors de sa publication chez Gallimard en 1949. Attaqué de toutes parts dans la presse, à gauche comme à droite, il ne trouve que quelques voix pour le défendre,  comme celle de Colette Audry dans Combat  ou de Maurice Nadeau dans Le Mercure de France.

« En fait les femmes elles sont plus fortes que les hommes parce qu’elles s’occupent de plus de choses que les hommes comme la cuisine ou s’occuper des enfants. Vu qu’en fait les femmes elles peuvent faire les mêmes métiers que les hommes comme « répareur » des voitures et tous les métiers de la terre car les hommes sont pareils que les femmes« . Sixtine 6 ans
Continuons la transmission. A nos filles, nos sœurs, nos petites filles qui deviendront à leur tour comme nous toutes .. des Simone !