Une femme sur deux, se dit favorable à la création d’un délit de non-partage des tâches domestiques.

Le 22 mars 2022, lorsque Sandrine Rousseau, figure du parti EELV, a confié à l’occasion d’une interview vouloir créer un délit de « non-partage des tâches domestiques », elle avait été la risée des réseaux sociaux et avait subi moqueries et insultes en cascades.

Elle avait précisé à l’époque que « le privé c’est le politique » et que l’égalité entre les femmes et les hommes devait être absolue.


Or d’après une étude révélées ce mercredi par Le Parisien, une femme sur deux (et 44% des hommes) adhère à une telle mesure. En effet, cette étude Ifop pour Consolab inspirée par la question soulevée par Sandrine Rousseau – réalisée du 28 au 31 mars précisément – révèle que les Françaises sont nombreuses à ne pas trouver absurde cette idée de sanctionner leur conjoint qui ne participe pas à leur hauteur aux tâches du foyer.

L’enquête constate, avant tout, que 57% des femmes en couple avec un homme estiment « en faire plus que leur conjoint » à la maison, tandis que seulement 16% des interrogés masculins pensent, à l’inverse, être plus investi que leur compagne.

Les femmes sont même 31% à considérer en faire « beaucoup plus que leur conjoint ». Un pourcentage à la baisse, car elles étaient 45% à estimer cela en 2015, il y a sept ans.

Face à cette inégale répartition de la charge mentale quotidienne – ménage, courses, soins aux enfants -, 50% des Françaises, soit une femme sur deux, soutiennent la proposition de Sandrine Rousseau et se disent favorables à la création d’un délit de non-partage des tâches domestiques. 

Une idée qui plaît donc en théorie, mais qui reste mitigée face à la pratique. En effet, seulement 14% des Françaises se sont dites vraiment prêtes à porter plainte contre leur conjoint.

Réussite professionnelle des femmes.. État des lieux.

Pourquoi les femmes sont-elles moins nombreuses à occuper des postes de pouvoir ? Existe-t-il vraiment un « leadership féminin » ? Et surtout, comment la féminisation des entreprises et des directions peut-elle devenir un véritable tremplin d’innovation et de performance pour les organisations ?

D’après l’enquête « Great Insights » menée en janvier 2021 par le leader mondial dans l’évaluation de l’expérience au travail et l’amélioration de la qualité de vie au travail, Great Place To Work® France auprès d’un échantillon représentatif de 4119 actifs français; 79% des Français estiment que « l’entreprise est un environnement propice à la réussite professionnelle des femmes« (contre 65% en 2018) et 76% que « les femmes ont les mêmes chances que les hommes d’accéder à des postes de direction » (63% en 2018). Elles / ils ne sont pourtant encore que 68% à considérer qu’à poste égal, hommes et femmes perçoivent la même rémunération.

Ces chiffres soulignent une belle progression. Mais face au challenge toujours important de l’égalité professionnelle, il reste essentiel de mettre en lumière les organisations qui misent sur leur capital humain et font de l’inclusion un axe fort de leur succès.

L’année dernière, Great Place To Work France en partenariat avec le Think Tank Marie Claire Agir pour l’Egalité, dévoilait la première édition de Best Workplaces For Women, qui comptait dix sept entreprises, huit de plus ont été sélectionnées cette année sur les mêmes critères méthodologiques.

La liste des Best Workplaces For Women a été révélée en janvier lors de l’événement citoyen « L’Appel pour l’Égalité » se tenant au Siège de l’UNESCO à Paris. En 2021, 25 organisations s’illustrent et inspirent toutes les entreprises par leur engagement concret.

Trois aspects sont évalués; la représentativité des femmes au sein de l’organisation et aux postes de management; la perception des femmes au Trust Index© sur des questions spécifiques sur quatre thématiques : responsabilisation, promotions et équité, reconnaissance, équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle et les pratiques mises en œuvre par l’organisation en matière d’égalité professionnelle et de parentalité.

Pour être éligible à la liste Best Workplaces For Women, une organisation doit dans un premier temps remplir certains critères : être lauréate du Palmarès Best Workplaces France 2021, compter au moins 33% de femmes dans ses effectifs et compter au moins 33% de femmes managers.

Sur les 25 entreprises de la liste, une majorité est issue du secteur des services. Si une seule, Stryker, possède des unités de production en France, d’autres entreprises industrielles sont présentes sur la liste, comme Brown-Forman ou SC Johnson. Deux d’entre elles, AbbVie et Biogen, représentent le secteur de l’industrie pharmaceutique. On trouve aussi des distributeurs comme Bleu Libellule (produits de coiffure et d’esthétique) ou W.L. Gore, qui distribue le fameux tissu Gore-Tex. Du côté des services financiers et assurances, on retrouve Cofidis et Monabanq, Direct Assurance, Garance, HomeServe, Lelynx ou encore L’Olivier Assurance. Le secteur des services est bien représenté, tant aux particuliers (leboncoin Groupe, lesfurets) qu’aux professionnels (Easylife, Epsa Tax & Innovation, Start People ou Utopies). L’immobilier est présent avec la société foncière Hammerson, tout comme les technologies de l’information : Des Systèmes et des Hommes, Infiné Group, Intuit Quickbooks ou le centre d’appel UES MCRA.

Pour Tiphaine Galliez, directrice consulting chez Great Place To Work® France, « la surreprésentation des entreprises de services pourrait s’expliquer, entre autres, par le caractère moins ‘genré’ des emplois proposés, avec souvent moins de barrières à l’entrée pour les femmes, un marché de l’emploi plus fourni en profils féminins, la possibilité de se projeter dans un environnement perçu comme plus favorable… « .

Plus de 50% des entreprises de la liste sont d’origine française, « ce qui montre que les entreprises françaises sont largement capables de s’emparer du sujet et d’en faire une priorité, tout en développant une approche culturelle autonome – même si les politiques d’inclusion sont aussi parfois impulsées par des groupes multinationaux », analyse Tiphaine Galliez.

12 entreprises de la liste ont entre 50 et 250 collaborateurs – ce qui en fait la catégorie la plus représentée. 7 d’entre elles ont entre 250 et 1000 collaborateurs, 3 entre 1000 et 2500, et 3 en comptent moins de 50. Si cette répartition reflète plutôt bien celle du Palmarès Best Workplaces 2021, « il reste étonnant de ne pas y voir plus de grosses entreprises, qui auraient davantage les moyens de créer des pratiques et outils », s’interroge Tiphaine Galliez, pour qui « si les 50 à 250 sont bien représentées, c’est d’abord parce qu’elles ont un enjeu fort de marque employeur et d’attractivité ».

Liste des Best Workplaces for Women 2021 (par ordre alphabétique) 

  • AbbVie (250 à 1000 salariés) – secteur biotechnologie et industrie pharmaceutique
  • BIOGEN France (50 à 250 salariés) – secteur biotechnologie et industrie pharmaceutique
  • Bleu Libellule (250 à 1000 salariés) – secteur production et fabrication 
  • BROWN-FORMAN France (50 à 250 salariés) – secteur production et fabrication
  • Cofidis (1000 à 2500 salariés) – secteur finance et assurance
  • DES SYSTEMES ET DES HOMMES (50 à 250 salariés) – secteur numérique
  • Direct Assurance (250 à 1000 salariés) – secteur finance et assurance
  • Easylife (50 à 250 salariés) – secteur consulting
  • EPSA Tax & Innovation (50 à 250 salariés) – secteur consulting 
  • GARANCE (50 à 250 salariés) – secteur finance et assurance
  • Hammerson France (50 à 250 salariés) – secteur construction, BTP & immobilier
  • HomeServe France (250 à 1000 salariés) – secteur finance et assurance
  • Infine Group (moins de 50 salariés) – secteur numérique 
  • Intuit France (50 à 250 salariés) – secteur numérique
  • leboncoin Groupe (1000 à 2500 salariés) – secteur médias
  • LELYNX (moins de 50 salariés) – secteur finance et assurance
  • lesfurets (50 à 250 salariés) – secteur médias
  • L’Olivier Assurance (250 à 1000 salariés) – secteur finance et assurance
  • MONABANQ (50 à 250 salariés) – secteur finance et assurance
  • SC Johnson (50 à 250 salariés) – secteur production et fabrication
  • Start People (250 à 1000 salariés) – secteur consulting
  • Stryker France (250 à 1000 salariés) – secteur production et fabrication
  • UES MCRA (1000 à 2500 salariés) – secteur numérique 
  • Utopies (moins de 50 salariés) – secteur consulting 
  • W.L. Gore & Associés (50 à 250 salariés) – secteur production et fabrication

Ces entreprises pionnières endossent leur responsabilité politique et contribuent largement à faire progresser la société en prenant l’initiative de mettre en place des pratiques sur la parentalité, l’égalité salariale, la sensibilisation, le recrutement ou le leadership féminin.