« Arrête toi ! » un livre hommage qui décrypte la machine policière

« Arrête-toi! » écrit conjointement par Amanda Jacquel, journaliste et Makan Kebé et préfacé par Assa Traoré, raconte l’histoire d’une famille, d’une mère et de ses enfants, confrontés aux violences policières. Un livre engagé et militant.

Amanda Jacquel et Makan Kébe – Crédits PMN Editions

Tout commence par un fait divers la nuit du 25 juin 2013 qui fera basculer la vie de la famille Keber.
Il est 20h, Makan Kebé rentre du travail. En bas de chez lui, dans son quartier, plusieurs hommes se ruent vers lui en criant « Arrête-toi! ». Ce sont des policiers. Makan s’arrête, les policiers le prennent violemment à parti. Mohamed, son frère aîné, voit la scène depuis la fenêtre du domicile familial et descend pour aider Makan. Il est balayé, frappé, gazé et subit un tir de flashball à l’oreille. Cela lui endommagera durablement l’ouïe. Fatouma Kebé, maman de Mohamed et Makan, descend à son tour pour tenter de calmer la situation. Arrivée en bas de l’immeuble avec son petit-fils de 14 mois dans les bras, elle reçoit un éclat de grenade de désencerclement dans l’œil. Elle en perdra définitivement l’usage.

Malgré les vidéos qui existent de la scène, sept 7 ans après, les policiers sont acquittés. La seule personne condamnée sera Mohamed, pour outrage et rébellion.

La famille Kebé a lutté pendant sept années avec espoir et douleurs pour obtenir justice devant les tribunaux. Fatoumata Kebé est décédée avant l’acquittement en appel des policiers.

« Arrête-toi » c’est d’abord la réappropriation d’un récit par un jeune homme qui durant cette longue lutte judiciaire de sept années n’a eu que très rarement l’occasion de prendre la parole.

Ce livre découle du besoin de Makan Kebé de raconter mais également d’analyser, le fait de grandir dans un quartier populaire pour un jeune homme noir et l’évolution du rapport des jeunes avec la police. À l’heure où filmer les policiers fait débat, l’histoire de Makan et sa famille rappelle à quel point les vidéos sont cruciales dans ce type d’affaire. 

Cet ouvrage est tissé des textes poétiques de Makan, écrits depuis son plus jeune âge et tout au long de la procédure judiciaire qui nous rappellent ô combien nos existences ne tiennent qu’à un fil.

Assa Traore en signe la préface, en hommage au « travail jamais terminé » de nos mères et à Fatouma Kebe.

L’ouvrage est disponible chez PMN Editions au prix de 15€

Toutes des Simone. 35 ans de la mort de Simone de Beauvoir.

Brillante Magazine ne pouvait pas faire l’impasse. Pour commémorer les 35 ans de la mort de Simone de Beauvoir, nous vous proposons de redécouvrir la vie et l’œuvre du « castor » qui nous inspira toutes.

Héritage, d’une mère, d’une grand-mère… On a toutes quelque chose de Simone !
Elisabeth Badinter revient dans une conférence donnée en 2001 à la BnF sur la vie et la personnalité complexe de celle qui l’a tant influencée. On évalue souvent les écrits de Simone de Beauvoir à l’aune de sa vie privée, et inversement : les deux sont indissociables, et l’autrice revendiquait elle-même avoir fait de sa vie une œuvre, et de son œuvre un fondement pour la libération des femmes. Car ses livres seuls n’auraient pas eu un tel pouvoir de mobilisation : c’est, selon Elisabeth Badinter, le livre illustré par la vie de son autrice, telle qu’elle nous l’a donnée à voir, et sa fameuse « exigence de vérité », qui ont porté le premier coup mortel à l’idéologie patriarcale.

La rencontre d’une vie
La rencontre entre la jeune Simone de Beauvoir et celui qui deviendra le compagnon d’une vie, Jean-Paul Sartre, a lieu en 1928 dans la chambre de Sartre, alors que les jeunes gens se réunissaient entre étudiants pour préparer l’oral de l’agrégation de philosophie : « Les petits camarades m’attendaient le lundi matin à la Cité universitaire ; ils comptaient sur moi pour travailler Leibniz. » (Mémoires d’une jeune fille rangée) Elle écrira après coup dans son journal : « C’est alors que tout a commencé. »
La relation unique qu’ils entretiennent jusqu’à la mort de Sartre est faite de passions littéraires et philosophiques, de liberté totale dans le choix de leurs engagements comme de leurs amours « contingentes », ainsi que de la promesse de vérité et de transparence qui les lient l’un à l’autre.

Le Deuxième sexe, un livre qui fait scandale à sa publication
Considéré aujourd’hui comme une œuvre fondatrice, l’essai Le Deuxième sexe de Simone de Beauvoir a déchaîné les passions lors de sa publication chez Gallimard en 1949. Attaqué de toutes parts dans la presse, à gauche comme à droite, il ne trouve que quelques voix pour le défendre,  comme celle de Colette Audry dans Combat  ou de Maurice Nadeau dans Le Mercure de France.

« En fait les femmes elles sont plus fortes que les hommes parce qu’elles s’occupent de plus de choses que les hommes comme la cuisine ou s’occuper des enfants. Vu qu’en fait les femmes elles peuvent faire les mêmes métiers que les hommes comme « répareur » des voitures et tous les métiers de la terre car les hommes sont pareils que les femmes« . Sixtine 6 ans
Continuons la transmission. A nos filles, nos sœurs, nos petites filles qui deviendront à leur tour comme nous toutes .. des Simone !