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L’association “Au bout du fil” propose d’aider à rompre l’isolement des séniors

L’association propose de prendre contact, régulièrement et gratuitement, avec nos aînés

Maladie, éloignement géographique, grand âge. Les défis du XXIème siècle sont de plus en plus nombreux pour permettre à toutes les générations de cohabiter en intelligence. Si les relations sont parfois rompues pour de multiples raisons au sein d’une famille c’est, le plus souvent, par maladresse que les contacts s’étiolent.

Le grand âge, le quatrième âge, l’allongement de la durée de vie. Toutes ces appellations masquent une réalité à double visage. Heureuse, elle nous promet de vivre plus longtemps et en meilleure santé. Malheureuse, elle nous contraint à revoir la manière dont les liens sociaux et familiaux sont établis.

Une association permet de combler une partie de ce manque

Créée en 2007, l’association de type loi 1901 “Au bout du fil” a pour vocation de rompre l’isolement des personnes qui se sentent seul(e)s, en leur proposant de recevoir un appel téléphonique amical, chaleureux, une ou deux fois par semaine. Il ne s’agit évidemment pas de pallier les manques relationnels de nos aînés mais de leur permettre de conserver des relations humaines et planifiées. Chaque semaine, l’usager des services de l’association reçoit un ou deux coups de fil, à sa guise et à sa fréquence. Ces appels sont passés par des bénévoles spécialement formés pour simplement dialoguer. 

Jean-Paul GREE, secrétaire général de l’association nous explique le fonctionnement de cette structure « Nous comptons environ 350 bénévoles, âgés de 18 à 98 ans. Cette large représentation d’âges et de catégories sociales (étudiants, actifs, retraités…) permet d’avoir une richesse d’échange avec les bénéficiaires qui enrichit les deux interlocuteurs. » Il ajoute « Chaque bénévole adhérent signe une charte par laquelle il s’engage à ne jamais entrer en contact directement ou à obtenir les coordonnées d’un usager. La mise en relation se fait automatiquement, via un automate qui distribue les appels. C’est un gage de confiance important pour s’assurer de la liberté de parole de nos usagers » termine le secrétaire général de l’association.

Carence de la société ou complément de relation ? 

La responsabilité de la société, de la famille et de l’entourage proche, est éminemment prioritaire dans le maintien des liens sociaux. Il serait trop simple de résumer l’isolement des personnes âgées à de la mauvaise volonté familiale. Charge de travail pour les uns, peur de déranger pour les autres. Distance physique (le covid est passé par là) due à la mobilité professionnelle ou charge familiale sont autant d’explications – sinon de justifications – à la difficulté de maintenir le fil avec les familles.

C’est un complément de relations, pas un remplacement de famille que propose l’association. Avec plus de 100 000 appels émis chaque année, c’est la possibilité donnée à nos aïeuls de se sentir moins dépendants des familles dans leurs relations aux autres. Ces appels sont autant de “prises de nouvelles” anonymes et confidentielles, sortes de “rendez-vous” d’échange et de dialogue.

Partenariat actif avec les institutions

L’association est partenaire avec les institutions qui gèrent, au quotidien, la vie des retraités. Elle ne traite pas, à l’instar des systèmes de télésurveillance, les urgences du quotidien. Chutes, malaises, difficultés médicales sont systématiquement redirigés vers les spécialistes ou les services d’urgence le cas échéant.

C’est un apport “novateur” dans la relation entre l’appelant et l’appelé qui initie un renouveau et casse la monotonie du quotidien des uns comme des autres. Pour éviter le syndrome de transfert, ce sont des appelants différents qui émettent les appels, manière de créer un nouveau tissu social.

Une idée issue de la canicule de 2003

C’est de l’incapacité fautive du gouvernement en 2003 à gérer la crise de la canicule et aux 15 000 morts qu’elle a générés qu’est venue l’idée de recréer, avec les outils de l’an 2000, cette association.

En 2006, Philippe Conérardy (notamment fondateur de l’association “Avec nos proches”) s’entoure à la fois de spécialistes des télécommunications et de spécialistes de l’action sociale pour monter une plateforme de parole partagée.

L’année suivante, la plateforme est techniquement au point et les grands principes sont établis pour faire de l’association “Au bout du fil” une belle histoire : 

Pour tous ceux et toutes celles pour qui chaque jour la solitude pèse un peu plus.

Pour tous ceux et toutes celles qui n’osent pas appeler, manquent de confiance, n’osent pas déranger,

Pour tous ceux et toutes celles qui reçoivent peu de nouvelles de leurs familles ou amis, pour quelques raisons que ce soient.

Un fonctionnement simple et léger

Les appels peuvent se passer entre 8 heures et 22 heures, à la guise de l’appelé. Aux horaires et moments prévus, un bénévole de l’association va prendre contact avec le destinataire pour demander de ses nouvelles, échanger sur tout ce dont les uns comme les autres ont envie ou besoin de parler. Sans jugement, sans vente et sans pression, c’est une relation humaine et amicale qui se met en place avec le temps.

Régulièrement, pour combattre la fracture numérique, des rendez-vous sont proposés en ligne, par visioconférence. C’est alors autour d’un sujet commun, proposé par l’animateur, que la discussion se crée et les échanges, souvent riches et motivants, se mettent en place entre les participants. Toujours dans le respect de l’anonymat et de la parole des uns et des autres.

L’action des bénévoles est gratuite pour les bénéficiaires. Elle coûte 8 euros par mois pour un minimum de 4 appels. Cette somme peut être prise en charge par les caisses de retraite ou la famille.

Enfin, l’association propose l’intervention, à distance par visioconférence de professionnels (nutritionnistes, sophrologues…) qui, en étant rémunérés, proposent et apportent conseils et solutions aux utilisateurs du service.

La limite du service

Ce service ne remplace ni la famille, ni les acteurs sociaux conventionnels. Aucun compte rendu d’appel, rapport d’état “moral” ou de santé n’est remis à quiconque. Il est inimaginable de s’acheter une bonne conscience en payant ces quelques euros mensuels pour prendre des nouvelles de papy et de mamy.

C’est, au contraire, un complément rassurant de libération de la parole pour les appelés. Et la possibilité donnée à la famille, qui demeure le pivot principal de la relation, d’avoir de la nouveauté à entendre, sortant de la discussion trop souvent centrée sur la maladie et l’état de santé du proche.

Pour entrer en contact avec l’association “Au bout du fil”, consultez le site internet à l’adresse https://www.auboutdufil.org/

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