La pub se rachète une image ?

Vingt-huit marques ne feront plus de pubs en surfant sur le sexisme.
Vingt-huit c’est long à citer mais ça vaut quand même le coup de le faire : Bel, BNP Paribas, Citeo, Citroën, Coca-Cola, Danone, DS, EDF, Ferrero, Galeries Lafayette, Lesieur, L’Oréal, Mars, Michelin, Nespresso, Nestlé, Opel, Orange, Orangina, Pernod Ricard, Peugeot, PMU, Procter & Gamble, Renault, SNCF, Société générale, Unilever, Yves Rocher. Toutes ces marques ont accepté de signer quinze engagements qui doivent concrétiser une démarche de communication responsable. « Cet engagement intervient alors que le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a décidé ces dernières années de combattre les stéréotypes sexistes à la télévision.

Après avoir regardé 2000 publicités diffusées juste avant 20 heures sur 24 chaînes, le CSA affirmait dans un rapport d’octobre 2017, que « le rôle attribué aux femmes est réducteur et, volontairement ou non, des stéréotypes de genre imprègnent encore un grand nombre de messages » » rapporte L’Express.
Parmi les images les plus répandues, le CSA listait que les femmes sont globalement minoritaires (46%) que les jeux d’argent mettent en scène 78% d’hommes, les voitures 64% et la technologie 58%. Les femmes sont elles majoritaires à 63% pour les produits de soin, 57% pour l’habillement et la parfumerie et autour de 55% pour les loisirs et produit de santé.
« Autre constat du CSA: la publicité sexualise plus les femmes que les hommes. Sur 82 messages mettant en scène des attitudes suggestives ou des cadrages intimes, 55 le faisaient via des corps féminins » ajoute L’Express.
Pour ce qui est de l’aspect femme à poil pour vendre, on peut comprendre. En revanche, pour le reste, les publicitaires vont s’arracher les cheveux s’ils ne peuvent plus mettre en scène les principales cibles d’un produit.
La réclame est elle là pour faire en sorte que plus de femmes s’intéressent aux voitures ? Naïvement on pensait que la pub était là pour donner envie d’acheter.

Charlotte, sage-femme : « j’ai peur car notre système va craquer, et nous aurons des morts. »

Charlotte, sage-femme libérale entend dénoncer les conditions de travail d’une profession au bord du gouffre et souhaite agir avant le drame.

Alors que l’ONSFF, l’une des deux principales organisations syndicales de la profession à appelé à une « semaine noire » pendant les fêtes, la plupart des maternités de France sont en grève illimitée depuis le 24 décembre.

Leurs revendications portent avant tout sur le manque de moyens et la revalorisation d’une profession mal (re)connue encore aujourd’hui, comme nous l’explique Charlotte : « Beaucoup de sages-femmes sont en arrêt de travail pour burn out ou dépression et non remplacées (les candidatures ne se bousculent plus à ces postes éreintants et mal reconnus). Beaucoup sont sur le point de faire une reconversion professionnelle, car ce métier qu’ils et elles chérissent les tue à petit feu. Beaucoup d’étudiants et étudiantes sages-femmes réfléchissent déjà à changer de métier avant même d’avoir exercé.« 

Charlotte est sage-femme libérale dans un désert médical en Sarthe depuis 4 ans. Elle a auparavant exercé en tant que sage-femme territoriale au sein d’une PMI (Protection maternelle et Infantile) auprès des femmes les plus précaires et vulnérables puis comme sage-femme hospitalière dans une maternité durant 3 ans.

Au plus près du terrain, Charlotte voit passer des témoignages alarmant chaque jour à l’image de « celui d’une sage-femme, qui a dû quitter une jeune accouchée faisant une hémorragie pour courir au bloc opératoire extraire en urgence par césarienne le bébé d’une autre patiente. D’autres qui avouent ne plus être assez nombreuses pour pouvoir surveiller tous les rythmes cardiaques des bébés in utero en salle d’accouchement durant parfois 30 minutes consécutives. Si ces cœurs faiblissent, rien n’est vu, et donc rien ne peut être fait. C’est gravissime. Début novembre, une patiente enceinte de jumeaux, en menace d’accouchement prématuré, ne pouvait être accueillie en urgence près de chez elle, faute de
professionnels dans les maternités plus proches, de lits disponibles, et de respirateurs pour bébé… Elle a tenu bon sur 200 km, de Laval jusqu’à Vannes.
« 

Charlotte Besson, sage-femme libérale dans la Sarthe DR.

Le Conseil national de l’Ordre des sages-femmes a tiré la sonnette d’alarme dès cet été. En effet de nombreuses maternités rencontrent d’immenses difficultés à recruter des sages-femmes avec des conséquences dramatiques : les effectifs réduits ne permettent plus de garantir la sécurité des patientes. Aujourd’hui, les sages-femmes sont nombreuses à quitter l’exercice en maternité, épuisées par des conditions de travail de plus en plus critiques. A l’approche de l’été, période sensible en raison des congés estivaux, les sages-femmes nouvellement diplômées permettent en général d’assurer la continuité des activités dans les établissements mais cette année, pour la première fois, ces dernières n’ont pas assez nombreuses pour prendre la relève dans les maternités, préférant s’orienter vers l’exercice libéral. Les contrats précaires, la faible rémunération et le sous-effectif permanent – source majeure d’insécurité à la fois pour les soignants et les patients – en sont les principales causes.

Et Charlotte de nous détailler la situation actuelle sur le terrain : « concrètement, aujourd’hui, être sage-femme en hôpital ou clinique c’est : être seule pour assurer la sécurité de 3 à 4 patientes qui sont en travail, et qui parfois peuvent avoir besoin de nous en même temps. Surveiller seule la sécurité de 20 à 30 patients (10 à 15 jeunes mamans et 10 à 15 nouveaux-nés), avec de plus en plus de pathologies complexes associées. Travailler 12 heures de suite, (en alternant les gardes de 12h de jour comme de nuit), en courant d’une urgence à l’autre, sans pause (ni repas, ni pipi), en sachant pertinemment que vous serez rappelée pour revenir travailler sur vos quelques jours de repos. En effet, la structure qui vous emploie est au bord de la fermeture pour manque d’effectif, et si vous ne revenez pas travailler sur vos jours de repos, on vous accusera d’être en partie responsable de la fermeture d’un service hospitalier, voire de la maternité entière. Ne plus réussir à dormir par manque de jours de repos.
Pleurer sans pouvoir s’arrêter en découvrant son planning de travail (qui paraît chaque mois seulement 15 jours avant), en y découvrant beaucoup d’heures supplémentaires.
« 

Elle en profite pour rappeler qu’en 40 ans, du fait de décisions politiques désastreuses, deux tiers des maternités de France ont déjà fermé et qu’un grand nombre des maternités françaises restantes sont sur le point de fermer, par manque de professionnelles.

A l’image de nombreuses sage-femmes en France, Charlotte appelle le gouvernement à prendre des mesures urgentes afin d’éviter le drame :  » Il s’agit de revoir de toute urgence les décrets de périnatalité obsolètes (datant de 1998) , qui régissent le nombre de sages-femmes par établissement. C’est la révision de ces décrets qui permettra de régler le problème des sous-effectifs dans les
services, pour de bonnes conditions de travail et de sécurité. Aucune proposition politique ne va dans ce sens pour le moment, malgré beaucoup de d’agitation autour du rapport sur les 1000 premiers jours ! La détresse de la profession ne sera pas apaisée tant que ce sujet ne sera pas étudié sérieusement…
« 

La revalorisation de 500 euros nets mensuels par sage-femme hospitalière annoncé par le ministère de la santé ce 22 novembre 2021, suite à la signature d’un protocole d’accord avec les syndicats hospitaliers (concernant la revalorisation de la profession de sage-femme), n’a pas calmé les esprits, bien au contraire ! « Près de 500 euros par mois, majoritairement sous forme de primes supprimables à tout moment, et non prises en compte pour le calcul de la retraite est bien inférieure à ce que notre responsabilité mérite » s’énerve Charlotte, « de plus, elle ne concerne pas totalement les nombreuses sages-femmes contractuelles, ni celles des établissements privés, ni les sages-femmes territoriales !
Un amendement proposant de revaloriser la rémunération des sages-femmes selon les recommandations de l’IGAS (jusqu’à près de 700 euros par mois) a même été rejeté fin octobre par les députés.
« 

Une avancée pour la profession qui entend toutefois bien continuer les négociations. Pour Charlotte, celles-ci doivent prendre davantage d’envergure, il ne faudrait pas que le gouvernement se croit débarrassé du problème : « Il s’agit de rémunérer les sages-femmes correctement. Nous partageons une partie de nos études et le statut de prescripteur avec les médecins et les dentistes. Malgré une formation équivalente en heures à celle des dentistes, notre profession, nettement plus féminisée, perçoit une rémunération bien inférieure. Ça ne paye donc pas d’être une profession féminine qui s’occupe de la santé des femmes.
Il faut d’urgence arrêter la précarisation de la profession, avec son recours massif au contrats précaires (CDD, se transformant parfois après nombreuses années en CDI plutôt qu’en statut de fonctionnaire, pour éviter d’avoir à verser des primes !)
Il faut mettre en place un nouveau statut médical pour la profession, en accord avec la grande responsabilité professionnelle qui pèse sur les sages-femmes, et la quantité de savoirs acquis au cours de la formation. Cela permettrait d’accroître l’attractivité, de favoriser l’accès à la formation professionnelle, d’accéder à un exercice hybride (ville/ hôpital), ou encore de participer à des activités de recherche pour celles qui le souhaitent.
Il faut supprimer la limitation des prescriptions, que ne subissent ni médecins, ni dentistes.
Si une 6eme année d’étude doit être ajoutée (en raison de l’abondance des connaissances à intégrer pour devenir sage-femme), il faut alors nous reconnaître le même niveau universitaire que les dentistes, qui eux aussi ont 6 ans d’études supérieures, couronnées par une thèse, leur conférent le statut de Docteur.
Il ne faut plus dire que les sages-femmes travaillent sous l’autorité médicale des gynécologues. Nos compétences ne sont pas les mêmes. Les gynécologues n’ont pas particulièrement de compétences en matière de pédiatrie, d’allaitement, et très peu en matière d’accouchement physiologique. Ce sont en revanche des spécialistes de la pathologie et des chirurgiens chevronnés. Nous sommes simplement leurs collègues, autonomes dans nos responsabilités.
« 

La lutte continue.


Sylvaine Grévin, présidente de la Fédération Nationale des Victimes de Féminicides : « La réponse judiciaire n’est pas adaptée »

Elle parle d’une voix douce mais convaincue, Sylvaine Grévin, Présidente de la Fédération Nationale des Victimes de Féminicides (FNVF) est bien décidée à faire bouger les choses et évoluer la société.

Un projet ambitieux ? Pas si l’on prend le temps de comprendre son parcours. Sylvaine est avant tout une femme meurtrie dans sa chair. Suite au décès de sa soeur Bénédicte Belair le 4 avril 2017, une instruction judiciaire est en cours pour meurtre sur conjoint depuis 2018 au parquet de Senlis.
Elle est donc la mieux placée pour écouter et assister les familles victimes collatérales de ce type de drame. Très sensible, celle qui a pour habitude « d’évacuer sur son mari les histoires entendues dans la journée » ne manque pas de courage et il en faut une sacrée dose. Mais Sylvaine, cadre dirigeante, est de ces femmes fortes, forgée aux us et coutumes des méthodes d’entreprise.

Fondatrice de la FNVF, Sylvaine Grévin est cosignataire – en compagnie de l’AFVF – d’une tribune adressée au Gouvernement, vendredi 3 novembre (disponible ici). Pour mieux comprendre le contexte, Sylvaine nous rappelle que « ce lundi 29 novembre à Portel-des-Corbières dans l’Aude une femme d’une quarantaine d’années a été tuée à l’arme blanche par son conjoint, le drame a eu lieu au sein du domicile du couple où il vivait avec leurs deux enfants de 7 et 10 ans. Il s’agit de la 106ème victime de féminicide depuis le 1er janvier 2021. »

A peine quelques jours avant elle, Sylvaine nous raconte avec horreur les circonstances du décès de Bouchra, mère de deux filles âgées de 5 et 14 ans, sous les coups de poignards de son ex-conjoint, qui sortait de prison: « Bouchra bénéficiait d’un dispositif de protection dont le fameux téléphone « grave danger ». Libéré le 5 octobre, son ex-conjoint avait violé son interdiction d’entrer en contact avec Bouchra ce qui avait déclenché ce dispositif. Il a été écroué le 8 octobre et quelques jours après le juge d’application avait révoqué deux mois sur les six de sursis. Il devait donc sortir le 7 décembre mais avec les remises de peine, l’ex-compagnon de Bouchra est sortie le 17 novembre, sans qu’elle n’en soit avertie. »

Et Sylvaine de se poser des questions bien légitimes : « pourquoi ce récidiviste ne portait-il pas de bracelet électronique ? Comment se fait-il que personne (NDLR : ni son avocat, ni le tribunal) n’est averti la jeune femme ? La majorité des victimes doivent faire elles-mêmes la démarche de contacter le Juge aux Affaires Familiales pour savoir si leur ex-conjoint est sorti de prison. » Et de conclure avec son empathie habituelle: « Bouchra n’aurait jamais dû mourir ! « 

A l’heure où la championne de judo Margaux Pinot, soutenue par de nombreuses personnalités du monde sportif, dénonce des faits de violences commis par son compagnon et entraîneur Alain Schmitt, le tribunal de Bobigny estime “n’avoir pas assez de preuves de culpabilité” pour inculper le compagnon de Margaux Pinot qui pose la question à son tour : « Que manquait-il ? La mort au bout, peut-être ? » Le parquet a fait appel de la relaxe.

En France, les chiffres des violences conjugales s’envolent.

Selon le ministère de l’Intérieur, elles ont ainsi augmenté de 10% sur l’année 2020 (confinement oblige). Environ 87% des victimes de violences conjugales sont des femmes.

Dans un rapport produit le 9 octobre 2020 le haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes indique que 80% des plaintes de violences conjugales sont classées sans suite.

La FNVF a noté une augmentation des crimes conjugaux avec un taux de récidive sur les 105 auteurs recensés de 26%.

Selon le rapport du ministère de l’Intérieur, sur les morts violentes au sein du couple pour 2020, les femmes représentent 82% du total des victimes.

Pour Sylvaine Grévin, « jamais autant de mesures n’ont été mises en place : bracelets électroniques, téléphone « grand danger », pour autant – et elle insiste – l’accompagnement des victimes, les réponses judiciaires, le suivi des auteurs et l’application des mesures décidées par le gouvernement, ne sont pas adaptées ni évaluées comme il le faudrait. Les délais d’obtention du « téléphone grand danger », par exemple, sont beaucoup trop longs (Sylvaine nous raconte alors l’histoire de Laly1, femme victime de violences, qui a mis 4 mois pour obtenir enfin le téléphone grave danger après en avoir fait la demande auprès d’une association – NDLR), les hébergements d’urgence ne sont pas toujours adaptés, avec des décisions judiciaires incompréhensibles qui interdisent à l’auteur des violences de s’approcher de sa compagne mais qui en parallèle l’autorise à rendre visite à ses enfants dont on sait qu’ils sont les victimes directes des violences subies par leur mère. »

Face à un véritable phénomène sociétal en hausse, Sylvaine nous évoque le modèle Espagnol où le nombre de féminicides a baissé de 25 % depuis 2004. Selon ONU Femmes, l’Espagne bénéficie d’une des lois les plus protectrices dans le monde. Une loi-cadre intitulée : « Mesure de protection intégrale contre les violences conjugales » a en effet été votée en 2004. Elle a été complétée en 2017 par une loi « pacte d’État » contenant 290 mesures interministérielles.

« Il faut évaluer la dangerosité des potentiels auteurs de féminicides, mais la justice manque de moyen et de psychiatres sur le terrain car le métier de psychologue public est peu reconnu et malheureusement sous-payé« , nous détail Sylvaine, « il y a encore trop d’effets d’annonces suivis de peu d’applications des mesures. Le ministère public n’a pas de moyens humains et il n’y a pas de coordination entre les services. Savez-vous que les familles des victimes de féminicides sont tenues de nettoyer elles-mêmes la scène de crime ou de prendre à leur charge la société de nettoyage ? Cela rajoute au traumatisme.. » nous raconte celle qui se retrouve confrontée à cette réalité violente et inhumaine au quotidien.

Nommée au sein du groupe de travail du gouvernement sur le sujet, ses propositions sont entendues mais sont-elles véritablement prises en compte ? Parmi les nombreuses demandes de la FNVF dans la Tribune à paraître dans Le Monde, Sylvaine Grévin insiste sur l’urgente nécessité de faire évoluer le fonctionnement actuel de la justice concernant l’application des lois et une meilleure prise en compte des victimes et parties civiles. Elle s’associe en cela à l’appel des 3000 magistrats et leur tribune (parue le 23 novembre dans Le Monde, NDLR) soulignant un certain nombre de problématiques sur la désorganisation générale et l’archaïsme de cette lourde machine judiciaire mais souhaite aller encore plus loin.

« Nous souhaitons la nomination d’une commission interministérielle indépendante en charge des violences conjugales et des Féminicides (…) Nous souhaitons à l’instar de l’Espagne la création d’un tribunal spécifique aux violences intra-familiales avec la mise en place d’une filière de formation débouchant sur la fonction de juge spécialiste en violences conjugales afin que ce fléau soit traité à part entière ce qui permettrait une prise charge plus efficiente et allègerait la surcharge actuelle des tribunaux judiciaires. »

Cadre dirigeante dans sa vie professionnelle, Sylvaine nous évoque les reportings effectués en entreprise auprès de sa hiérarchie : « L’objectif de cette commission serait d’effectuer un contrôle qualitatif des mesures décidées par le gouvernement en fournissant un rapport semestriel à chaque ministère concerné. Nous le faisons tous tous les jours dans le cadre professionnel privé, pourquoi n’en serait-il pas de même dans le domaine public ? »

Collage Paris 2019 – Ittmust

On les oublie encore trop souvent.. D’après Josiane Bigot, présidente de la CNAPE et magistrate, on estime à 4 millions le nombre d’enfants qui seraient au total témoins de violences conjugales en France. Pour Sylvaine Grévin ces premières victimes collatérales sont à protéger plus efficacement : « Nous devons aller plus loin que le décret n° 2021 -1516 du 23 novembre 2021 tendant à renforcer l’effectivité des droits des personnes victimes et souhaitons la suspension immédiate pour le conjoint violent des droits de visite et d’hébergement de ses enfants. L’interdiction de visite médiatisée pour les conjoints condamnés avec retrait systématique des droits parentaux aux conjoints maltraitants.« 

Combattive, sans une once d’agressivité, Sylvaine, qui se dit féministe, n’est pas une femme résignée. Afin de légitimiser le combat, elle souhaite avant tout « porter les voix de celles qui ne sont plus » avec la ferme conviction que « la sororité et l’espoir peuvent changer les choses« . Pour cette femme sensible, les associations féministes sont d’une aide précieuse qu’il ne faut pas sous estimer, « ensemble et dans la bienveillance on peut faire beaucoup en se soutenant les unes, les autres« .
Gageons qu’avec une telle humanité, de telles actions et une motivation chevillée au corps, la porte parole de celles qui ne sont plus, fera résonner à nouveau leurs cris très haut.

1 Pour des raisons d’anonymat, le prénom a été changé.

Site de la Fédération Nationale des Victimes de Féminicides : www.fnvf.org

Page Facebook de la Fédération Nationale des Victimes de Féminicides : www.facebook.com/FNVF.Asso

Tribune au gouvernement

Si vous êtes victime de violences, ou si vous êtes inquiet pour une membre de votre entourage, il existe un service d'écoute anonyme, le 3919, joignable gratuitement 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7. D'autres informations sont également disponibles sur le site du gouvernement, où il est également possible de déposer un signalement.

Latifa Ibn Ziaten, femme parmi les mères

Souvent cantonnée au personnage de mère ayant perdu un enfant, Latifa Ibn Ziaten est bien davantage que la victime collatérale du terrorisme est de la violence. Il nous a semblé utile, à quelques mois d’une échéance électorale majeure, de parler avec la femme qui incarne le mieux, en France, la notion de pardon.

DR.

Pour beaucoup, Latifa Ibn Ziaten est uniquement la maman du soldat tué par un terroriste en 2012, porte-parole à la fois du pardon et de la résilience.. mais qui se cache derrière cette mère à jamais blessée ?

Latifa, qui êtes-vous ? 

DR.

Je suis une femme Marocaine née à Tétouan. À l’âge de 40 jours, j’ai quitté le Maroc pour rejoindre l’Espagne, où je suis restée jusqu’à 9 ans.” commence Madame Ziaten. “Le couple que formaient mes parents battait de l’aile et, à cette époque, la société marocaine acceptait mal le divorce. Ma Grand-mère, notamment, mettait énormément de pression pour qu’elle demeure en couple malgré tout. C’est donc sous la double menace d’un mari mal-aimée d’une part et d’un entourage familial assez peu bienveillant qu’elle a fait le choix d’immigrer, avec ses 4 enfants, pour un pays inconnu, du jour au lendemain” justifie-t-elle.

Remariée en Espagne, Madame Ziaten mère aura un cinquième enfant. Tombée gravement malade, elle devra retourner au Maroc pour trouver quelqu’un qui pourrait s’occuper de la fratrie. À son décès, c’est tout naturellement le père naturel des enfants qui va en récupérer la garde : “Ma mère décède au moment de Noël et nous retournons vivre chez mon père naturel. Il m’interdit l’école et me traite comme la bonne à tout faire de la maison. Je voulais devenir enseignante ou avocate, il m’a empêchée de réaliser mes rêves” poursuit Latifa qui décide de revenir vivre chez sa grand-mère, avec pour seul objectif de quitter ce foyer insupportable.

À 17 ans, Latifa se marie. Choc dans la belle famille, vie difficile sans loisir ni distraction. C’est à 18 ans qu’elle quitte le Maroc avec son époux et s’installe à Rouen (Seine-Maritime). Confrontée à une nouvelle langue – Latifa ne parle pas encore le français – et une nouvelle culture, l’immigrée comprend que dans la France de la fin des années 60, elle est celle qui allait devoir s’assimiler : “Je voulais m’adapter et aller vers les gens. J’avais en tête qu’étant celle qui est venue, c’était à moi de changer et de me fondre dans le moule de ce nouveau pays”. Coup de chance ou hasards des attributions de logement, elle rencontre un voisinage qui l’aidera à vivre et devenir la femme qu’elle est en 2021 : “Mes voisins d’alors étaient des personnes extraordinaires que je n’oublierais jamais. Ils m’ont aidé à sortir de chez moi, à vivre tout simplement. En plus de m’aider à parler et à écrire le français, ils m’ont appris à faire du vélo, à aller faire des courses et à me sentir libre dans le pays des Droits de l’Homme. Je les ai perdus de vue avec le temps, 40 années ont passé depuis, malheureusement”.

Je voulais construire ma famille

Les lois Pasqua sont en place en France et interdisent aux femmes de couples immigrés de travailler. C’est par contrainte plus que par choix que celle qui voulait plus que tout respecter son pays d’accueil doit travailler au noir. Elle fait des ménages tout en retournant étudier. Avec un objectif en tête : “Je voulais bâtir ma vie, construire ma famille.

Alors que son entourage la décourage de le faire, Latifa passe son permis de conduire et l’obtient. Achat d’une camionnette, elle part vendre des fruits et des légumes sur les marchés normands avec l’aide de ses enfants. Épuisée à la fois par des horaires contraignants et par des revenus aléatoires, celle qui doit en plus s’occuper du foyer (on ne parlait pas encore de charge mentale dans les années 70) préfère aller travailler en usine, obtenant des horaires et un revenu plus stables.

Un de ses enfants lui parle de “ces dames qui font à manger dans les écoles”. Toujours prête pour une nouvelle aventure, la rouennaise dépose sa candidature en tant que femme de service à la mairie de Rouen. Elle est embauchée par l’administration locale. Le hasard faisant bien les choses, elle bénéficiera d’une promotion au moment du départ à la retraite de la cuisinière.

« Ne t’en fais pas, on mangera à la marocaine ! »

Moment totalement improbable dans la magie de l’existence de cette femme “Je ne savais pas faire la cuisine française” nous explique Latifa avec cet intarissable bonne humeur “j’ai dû improviser ! » « Ma chef, à qui j’ai expliqué cette crainte, m’a répondu ‘Ne t’en fais pas, on mangera à la marocaine’« . Grand bien a pris aux deux femmes. Les enfants mangent ce que la cuisinière leur propose et semblent aimer. C’est avec son étonnante capacité à apprendre qu’elle découvrira les habitudes alimentaires françaises au fil du temps. Quinze années passées comme cuisinière à la mairie de Rouen, puis une dizaine d’années supplémentaires après le passage en “liaison froide”. La cuisinière qui prenait plaisir à préparer de bons petits plats aux enfants passe à l’industriel.

Survient un accident domestique, première rupture dans la vie de Latifa. Elle perd son coude gauche et se retrouve dans l’incapacité de porter les barquettes alimentaires. Recasée au musée des beaux-arts de Rouen en tant que surveillante et agent d’accueil, c’est dans un éclat de rire que Latifa nous explique son fonctionnement, toujours aussi intelligent, alors “Je ne connaissais ni les œuvres exposées ni les peintres. Je faisais mine de mal comprendre les questions des visiteurs pour les rediriger vers mes collègues, tout en écoutant les réponses de ceux-ci et en apprenant les tableaux et leurs auteurs”. Restée durant deux années à ce poste, Latifa ajoute une corde à son arc, l’art pictural.

La vie de Latifa va être bouleversée

Pour Latifa, la vie s’arrête vers 16 heures, un dimanche, sur les contreforts du magasin Le printemps. Son fils, Imad, a rendez-vous pour la vente d’une moto sur un parking proche de Montauban. Le militaire français est froidement exécuté d’une balle en pleine tête.

La Latifa d’aujourd’hui n’est plus la même” commente la maman devenue orpheline de son fils “Imad avait quelque chose en lui. Nous avons voyagé ensemble avec une telle complicité que certains pensaient que nous étions mariés l’un avec l’autre. Nous étions tous les deux totalement fusionnels. Imad était un garçon remplit de rire, de vie et d’espoir. Il avait plein d’idées et aimait son métier, il a voyagé à travers le monde sous l’uniforme et a dégusté ce monde et la famille. La famille était importante pour lui. Il témoignait de tout ce qu’il vivait. La famille était au cœur de sa vie.” continue Latifa.

Imad m’a laissé un vide énorme, que je remplis du bien pour les autres.” explique la femme blessée.

Latifa n’a que deux options, s’effondrer ou rebondir. Seule cette seconde alternative est acceptable pour celle qui a connu bien des galères dans son existence. Mais pour cela, il faut trouver une énergie, de vie : “Mon énergie, c’est Imad, mon fils [Latifa parle alors au présent, NDLR.]. Mon fils, c’est un garçon qui était ma moitié. Il savait détecter si je n’allais pas bien au simple timbre de ma voix. Il me connaissait et je le connaissais. J’ai 5 enfants, et chacun est différent. Ils sont comme mes doigts, on a besoin de tous ses doigts pour vivre. Aujourd’hui, toute ma force, c’est d’aller vers l’autre et de donner de l’importance aux gens. J’ai envie de donner de l’espoir aux autres. Je veux aider les autres à prendre leur vie en main.” termine Latifa.

Le combat qu’a entamé Latifa ce dimanche du mois de mars 2012, elle l’a toujours eu chevillé au corps. C’est une détestation viscérale que la Femme a contre les injustices de ce monde. 

Y-compris lorsqu’elle travaillait dans le milieu scolaire : “Lorsque je travaillais dans les écoles, je me battais contre l’injustice. Lorsque je voyais un prof punir un gamin dans un couloir en le laissant seul, je le signalais. C’était injuste de l’empêcher d’apprendre, je n’avais pas peur. Ce n’est pas faire preuve de courage que de dénoncer les injustices, c’est une force de caractère. La perte de mon fils a créé une force supplémentaire en moi, je pense qu’il y a quelqu’un derrière moi qui me motive et me pousse à faire les choses.

A propos de son combat, la maman nous explique avec beaucoup de lucidité “Je suis dans un combat de paix. Je me lève et je rencontre des jeunes tombés dans cette secte.

De quelle secte parle Latifa ? 

Cette secte” commence-t-elle ”c’est un groupe de gens qui se disent Musulmans. Ils utilisent le nom de la religion pour instiller dans des esprits devenus faibles la haine et la détestation des autres.” 

Latifa précise, comme s’il était nécessaire de le rappeler en 2021 “Musulmane, je suis d’abord française, je respecte avant tout la république.

L’Islam ne demande, à l’instar de toutes les religions, aucunement de tuer ou de sacrifier qui que ce soit. C’est une religion de paix et d’amour que certains dévoient. » insiste Latifa.

Fallait-il le rappeler ? 

La famille, terreau vers la radicalisation

Je suis entrée dans beaucoup de familles de gamins qui ont dérivé. J’ai appris beaucoup de choses en les analysant.” explique la maman « Dès le début, leurs familles sont instables. La vie familiale n’est pas construite, peu importe sur quoi, d’ailleurs. Il manque des fondations, comme pour tout édifice.” 

Latifa analyse “Les parents venus de l’étranger veulent souvent reproduire le modèle de leur pays d’origine en France. Les enfants de ces familles sont livrés à eux-mêmes, car les parents ont d’autres occupations. La chance se provoque et il faut aller la chercher. La chance d’être né ou de vivre en France n’est due qu’aux droits que nous donne ce pays“ poursuit-elle.

C’est à la maison que tout débute

C’est à la maison que tout débute et il n’est pas là question de richesse ou de fortune. Tout est une question d’éducation, de dialogue et d’échange. Si on n’est pas présent à sa famille, autour d’une table avec les enfants, il ne faut pas s’étonner qu’ils aillent chercher une présence ailleurs. Il existe une confusion aujourd’hui ; l’amour, ce n’est ni un téléphone ni une tablette. C’est l’échange.

Quelle mécanique est mise en place par ces groupes sectaires pour parvenir à laver le cerveau de ces gamins que la société laisse échapper ? 

La délinquance est le fruit du rejet. Les gamins rejetés (par l’école, par les adultes, par le voisinage…)  rencontrent un recruteur de cette secte qui va leur donner un petit billet contre un crime. Ils vont d’abord garder un peu de cannabis contre quelques euros. Puis, petit à petit, les recrues étant de plus en plus nombreuses, un groupe va se former, recréant une cellule familiale. Dans ce groupe, un semblant de dialogue et d’échange existent, au service d’un objectif criminel, toujours. L’organisation de ces groupes est précise, certains les envoient faire du mal aux autres, d’autres servent à former au crime tandis que certains servent à inculquer une lecture toujours déformée du Coran. Ils agissent comme de vrais centres de formation, avec des sujets et des thèmes de formation et se repassent les élèves entre groupes” explique celle qui a, avec le temps, acquis une lecture extrêmement précise des mécanismes d’endoctrinement de ces groupes.

Le dérapage commence très tôt, sans doute à l’école maternelle

Si certains finissent par passer à l’acte, tous passeront par la case prison, souvent pour des délits mineurs. Ces détenus, Latifa les a rencontrés eux-aussi, elle en parle avec clairvoyance “Dans les prisons, je suis très triste de voir qu’il y a beaucoup d’enfants maghrébins. Il y en a de trop et je ne comprends fondamentalement pas pour quelle raison ils sont autant sur représentés. Ils ont, eux aussi, un cerveau et sont, eux aussi, intelligents. Je pense que le dérapage commence très tôt, sans doute à l’école maternelle” explique Latifa.

Si, déjà, à la maternelle, les choses ne vont pas, il n’y a pas de raison pour que cela s’améliore avec le temps. Pour autant, l’institution école fait son travail. Elle alerte et dit aux parents que les choses ne vont pas bien. Seulement, certains enseignants abandonnent trop tôt, pour de multiples raisons. C’est triste d’entendre un enseignant de maternelle dire qu’un gamin est perdu.”

Loin de l’angélisme béat, Latifa ne tire pas à boulets rouges sur les institutions pour autant “La prison est là pour rappeler les règles et insister sur la nécessité de les respecter pour la vie commune. Elle ne le fait pas et recrée les modèles de non-communication et d’exclusion qui préexistaient dans la famille. Les valeurs et les codes sont là pour le bon fonctionnement des enfants.

Pour justifier son propos, Latifa cite un exemple qu’elle a connu : “j’ai été invitée à une conférence dans un superbe foyer. Tout était neuf, de beaux meubles, de beaux locaux. Un des jeunes me demande si je veux rester manger avec eux. J’étais très honorée de cette invitation, le partage du repas est très symbolique. Je suis restée avec eux avec énormément de plaisir.” commence l’ancienne cuisinière à la mairie de Rouen.

Le repas préparé, une marmite est amenée sur une table avec des spaghettis d’un côté, de la sauce tomate de l’autre” décrit Latifa.

Ces enfants se servaient comme des animaux. Ils utilisaient tous le même matériel pour se servir. Il n’y avait aucun plaisir ni aucun amour dans la relation qu’ils avaient de leur repas, avec ce plat préparé sans partage de plaisir. Ce qui tombait de la louche sur le sol y restait, sans qu’aucun de ces jeunes ne prenne le temps d’essuyer. D’ailleurs, avec quoi l’auraient-ils fait ?

Ce comportement” poursuit Latifa “ne choquait personne, pas même le directeur. Je me suis permise de lui faire la remarque qu’ils – ces jeunes – ne pourraient jamais trouver leur place à l’extérieur de la structure avec de telles attitudes. Il n’avait jamais fait attention à ce comportement, il n’y voyait que des attitudes adolescentes m’a-t-il expliqué.

Illustration par l’exemple du fond du combat de Latifa :” il faut enseigner à nos enfants les règles. Et celle du repas est nécessaire. Les règles sont des bases communes.”

Les jeunes de ce foyer, Latifa leur a parlé au cours de ce repas aussi. “Ils ont compris que je m’adresse aux enfants qui sommeillent en eux” explique-t-elle.

DR.

Vous mangez parce que vous avez faim, pas pour apprécier ce que vous consommez. Pensez qu’autour de la table, vous pouvez rire, parler, échanger et débattre. Le repas est un moment important.” leur a expliqué Latifa, avant de les remercier chaleureusement pour l’invitation, forme de respect donné à ces jeunes “qui n’en reçoivent que trop rarement” explique la maman.

La société, les prisons, les écoles, les foyers sont ainsi, selon ce qu’explique Latifa, responsables de cet endoctrinement mortifère. C’est obvier nos responsabilités individuelles et penser que ce méta-organisme, l’État, existe en autonomie, hors sol.

Que devons-nous, en tant qu’individus dans la société, faire pour éviter le dérapage ? 

Tout commence dans le regard” explique Madame Ibn Ziaten. “Regardez l’autre avec à la fois un sourire aux lèvres et un regard souriant. Le regard, les yeux et le visage parlent. Tout cela, c’est un contact à la fois des cœurs et des cerveaux.” continue-t-elle. “Lorsque je parle avec quelqu’un, je le regarde dans les yeux. Ils me disent s’il est sincère ou s’il est sérieux. Tout se sent dans le regard. Souvent, ces jeunes embrigadés ont un regard froid et vide qui fait peur. C’est en changeant notre regard sur cette jeunesse qu’elle changera son regard sur le monde que nous lui offrons.

La France est un pays de mixités

La relation à la Nation, à la République et au Pays ? 

Nous avons la chance de vivre tous ensemble. La France est un pays de mixités. C’est une richesse, ce sont des valeurs qui ont construit notre beau pays. Si nous arrivions à vivre tous ensemble avec nos histoires, avec nos valeurs et nos traditions, la France sera un super pays. Chacun a une petite pierre, aussi petite soit-elle, à apporter à la société. Non pas pour la rendre meilleure à sa façon individuelle, mais pour la rendre simplement plus belle dans l’ensemble.” résume Latifa. 

Et l’État dans tout ça, quelle est sa responsabilité dans la perte de ces gamins ? 

Latifa nous fournit une brillante définition de ce qu’est être citoyen : “On ne doit pas tout attendre de l’État. En France, il ne surveille pas ce que fait le peuple. C’est cette liberté qui implique une lourde responsabilité individuelle. Dans les administrations, comme on les appelle, chaque personne fait son travail aussi bien qu’elle le peut. Mais si le changement ne vient pas de la population, rien n’évoluera, l’État ne peut pas aller contre la société. Si chacun donnait une partie infime de son temps à l’autre, dans le dialogue, le partage ou l’éducation, tout changerait. Je dis et je répète à tous les Français de se réveiller, nous sommes tous dotés d’un cerveau, il faut l’utiliser pour ne pas aller vers la simplicité du prêt à penser.

Présidentielles 2022, un moment pour changer les choses

À l’approche d’une échéance électorale majeure pour notre pays, nous ne pouvions pas ne pas évoquer la question politique avec Latifa Ibn Ziaten. C’est en tant que citoyenne que nous avons souhaité receuillir son opinion. Au moins trois femmes sont, aujourd’hui, déclarées candidates à l’élection présidentielle (Nathalie Arthaud pour Lutte Ouvrière, Anne Hidalgo pour le Parti Socialiste et Marine le Pen pour le Rassemblement National).

DR.

Que pense la combattante pour la paix, de cette féminisation possible de la plus haute des fonctions ?

“La femme a sa place aujourd’hui” commence Latifa. “La femme est pacifiste, résistante, patiente et ne veut aucunement la guerre. On a besoin d’une femme à la tête du pays, qui aurait la capacité de le gérer autrement, en étant moins dans le combat que ne l’ont été tous les hommes Présidents de la République jusqu’à maintenant.

Je suis là pour défendre cette jeunesse, lui donner la chance de vivre une belle vie

Avant de nous surprendre : ”Je suis là pour défendre cette jeunesse, lui donner la chance de vivre une belle vie.” 

Sur cette phrase énigmatique, il nous fallait des éclaircissements.

Latifa, candidate en 2022 ?

Je commence à m’intéresser à la politique.” nous explique-t-elle. “Je voudrais rentrer un peu plus en politique et travailler à ouvrir la cité. Il faut recréer la mixité au-delà du principe. Ces jeunes qui se radicalisent sont des Français, la société crée des bombes à retardement et les laisse dans la nature. Les choses commencent à changer dans les cités et dans les quartiers, c’est extraordinaire, même s’il faut garder le cap et continuer d’initier le changement” poursuit Latifa.

Je ne suis pas dans la politique, j’envoie des messages aux femmes et aux hommes qui font de la politique. Les messages sont reçus, où que je me trouve. Je suis la porte-parole de cette jeunesse que nous sommes en train de perdre et qu’il faut absolument ne plus laisser glisser” insiste la mère de famille devenue militante par la force des choses.

La politique n’a pas de lien direct avec mon combat contre cette secte. Mais je sais que si on n’implique pas les politiques, les choses ne changent pas. Je vais donc m’impliquer en politique pour travailler avec eux et faire changer les choses de l’intérieur. Il y a des lois qu’il faut changer et faire évoluer. Les lois sont trop souvent vues et vécues comme des vecteurs d’interdiction ou d’obligation, alors que la loi est avant tout une garantie de droits. Il existe des obligations qui doivent être respectées.

Mon Cœur est avec toutes les victimes 

Pour conclure, Latifa a posté, au démarrage du procès des attentats de 2013, un message appelant à ce que la justice soit rendue pour tous. Comment la mère déchirée a-t-elle le courage d’appeler à une justice à laquelle elle n’aura jamais droit ? 

Combattante au nom d’Imad ? 

La justice doit être rendue pour toutes les familles, qu’elles soient du côté des victimes comme du côté des auteurs. Mon cœur est avec ces familles, je sais par où je suis passée et je pense à elles tous les jours.

NDLR : Cet entretien a eu lieu au début du mois de septembre 2021. C’est pour éviter de faire parler notre témoin à une date clé - démarrage du procès des attentats de 2013 - que nous avons choisi de décaler la publication de cet échange.

Réussite professionnelle des femmes.. État des lieux.

Pourquoi les femmes sont-elles moins nombreuses à occuper des postes de pouvoir ? Existe-t-il vraiment un « leadership féminin » ? Et surtout, comment la féminisation des entreprises et des directions peut-elle devenir un véritable tremplin d’innovation et de performance pour les organisations ?

D’après l’enquête « Great Insights » menée en janvier 2021 par le leader mondial dans l’évaluation de l’expérience au travail et l’amélioration de la qualité de vie au travail, Great Place To Work® France auprès d’un échantillon représentatif de 4119 actifs français; 79% des Français estiment que « l’entreprise est un environnement propice à la réussite professionnelle des femmes« (contre 65% en 2018) et 76% que « les femmes ont les mêmes chances que les hommes d’accéder à des postes de direction » (63% en 2018). Elles / ils ne sont pourtant encore que 68% à considérer qu’à poste égal, hommes et femmes perçoivent la même rémunération.

Ces chiffres soulignent une belle progression. Mais face au challenge toujours important de l’égalité professionnelle, il reste essentiel de mettre en lumière les organisations qui misent sur leur capital humain et font de l’inclusion un axe fort de leur succès.

L’année dernière, Great Place To Work France en partenariat avec le Think Tank Marie Claire Agir pour l’Egalité, dévoilait la première édition de Best Workplaces For Women, qui comptait dix sept entreprises, huit de plus ont été sélectionnées cette année sur les mêmes critères méthodologiques.

La liste des Best Workplaces For Women a été révélée en janvier lors de l’événement citoyen « L’Appel pour l’Égalité » se tenant au Siège de l’UNESCO à Paris. En 2021, 25 organisations s’illustrent et inspirent toutes les entreprises par leur engagement concret.

Trois aspects sont évalués; la représentativité des femmes au sein de l’organisation et aux postes de management; la perception des femmes au Trust Index© sur des questions spécifiques sur quatre thématiques : responsabilisation, promotions et équité, reconnaissance, équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle et les pratiques mises en œuvre par l’organisation en matière d’égalité professionnelle et de parentalité.

Pour être éligible à la liste Best Workplaces For Women, une organisation doit dans un premier temps remplir certains critères : être lauréate du Palmarès Best Workplaces France 2021, compter au moins 33% de femmes dans ses effectifs et compter au moins 33% de femmes managers.

Sur les 25 entreprises de la liste, une majorité est issue du secteur des services. Si une seule, Stryker, possède des unités de production en France, d’autres entreprises industrielles sont présentes sur la liste, comme Brown-Forman ou SC Johnson. Deux d’entre elles, AbbVie et Biogen, représentent le secteur de l’industrie pharmaceutique. On trouve aussi des distributeurs comme Bleu Libellule (produits de coiffure et d’esthétique) ou W.L. Gore, qui distribue le fameux tissu Gore-Tex. Du côté des services financiers et assurances, on retrouve Cofidis et Monabanq, Direct Assurance, Garance, HomeServe, Lelynx ou encore L’Olivier Assurance. Le secteur des services est bien représenté, tant aux particuliers (leboncoin Groupe, lesfurets) qu’aux professionnels (Easylife, Epsa Tax & Innovation, Start People ou Utopies). L’immobilier est présent avec la société foncière Hammerson, tout comme les technologies de l’information : Des Systèmes et des Hommes, Infiné Group, Intuit Quickbooks ou le centre d’appel UES MCRA.

Pour Tiphaine Galliez, directrice consulting chez Great Place To Work® France, « la surreprésentation des entreprises de services pourrait s’expliquer, entre autres, par le caractère moins ‘genré’ des emplois proposés, avec souvent moins de barrières à l’entrée pour les femmes, un marché de l’emploi plus fourni en profils féminins, la possibilité de se projeter dans un environnement perçu comme plus favorable… « .

Plus de 50% des entreprises de la liste sont d’origine française, « ce qui montre que les entreprises françaises sont largement capables de s’emparer du sujet et d’en faire une priorité, tout en développant une approche culturelle autonome – même si les politiques d’inclusion sont aussi parfois impulsées par des groupes multinationaux », analyse Tiphaine Galliez.

12 entreprises de la liste ont entre 50 et 250 collaborateurs – ce qui en fait la catégorie la plus représentée. 7 d’entre elles ont entre 250 et 1000 collaborateurs, 3 entre 1000 et 2500, et 3 en comptent moins de 50. Si cette répartition reflète plutôt bien celle du Palmarès Best Workplaces 2021, « il reste étonnant de ne pas y voir plus de grosses entreprises, qui auraient davantage les moyens de créer des pratiques et outils », s’interroge Tiphaine Galliez, pour qui « si les 50 à 250 sont bien représentées, c’est d’abord parce qu’elles ont un enjeu fort de marque employeur et d’attractivité ».

Liste des Best Workplaces for Women 2021 (par ordre alphabétique) 

  • AbbVie (250 à 1000 salariés) – secteur biotechnologie et industrie pharmaceutique
  • BIOGEN France (50 à 250 salariés) – secteur biotechnologie et industrie pharmaceutique
  • Bleu Libellule (250 à 1000 salariés) – secteur production et fabrication 
  • BROWN-FORMAN France (50 à 250 salariés) – secteur production et fabrication
  • Cofidis (1000 à 2500 salariés) – secteur finance et assurance
  • DES SYSTEMES ET DES HOMMES (50 à 250 salariés) – secteur numérique
  • Direct Assurance (250 à 1000 salariés) – secteur finance et assurance
  • Easylife (50 à 250 salariés) – secteur consulting
  • EPSA Tax & Innovation (50 à 250 salariés) – secteur consulting 
  • GARANCE (50 à 250 salariés) – secteur finance et assurance
  • Hammerson France (50 à 250 salariés) – secteur construction, BTP & immobilier
  • HomeServe France (250 à 1000 salariés) – secteur finance et assurance
  • Infine Group (moins de 50 salariés) – secteur numérique 
  • Intuit France (50 à 250 salariés) – secteur numérique
  • leboncoin Groupe (1000 à 2500 salariés) – secteur médias
  • LELYNX (moins de 50 salariés) – secteur finance et assurance
  • lesfurets (50 à 250 salariés) – secteur médias
  • L’Olivier Assurance (250 à 1000 salariés) – secteur finance et assurance
  • MONABANQ (50 à 250 salariés) – secteur finance et assurance
  • SC Johnson (50 à 250 salariés) – secteur production et fabrication
  • Start People (250 à 1000 salariés) – secteur consulting
  • Stryker France (250 à 1000 salariés) – secteur production et fabrication
  • UES MCRA (1000 à 2500 salariés) – secteur numérique 
  • Utopies (moins de 50 salariés) – secteur consulting 
  • W.L. Gore & Associés (50 à 250 salariés) – secteur production et fabrication

Ces entreprises pionnières endossent leur responsabilité politique et contribuent largement à faire progresser la société en prenant l’initiative de mettre en place des pratiques sur la parentalité, l’égalité salariale, la sensibilisation, le recrutement ou le leadership féminin.

Mali. « Notre corps n’est pas la propriété de l’homme. »

Au Mali, la société reste encore très patriarcale et peu de femmes accèdent à l’éducation. Bon nombre de femmes quittent les campagnes pour Bamako, dans l’espoir d’améliorer leurs conditions de vie, voire de fuir un mariage forcé. Mais elles sont vite confrontées à une misère plus crasse encore : celle de l’exploitation dans toutes ses formes. Loin de se résigner, des religieuses ont relevé le défi de sauver et de promouvoir les femmes du Mali.

Située au Sud-Ouest du Mali, la ville de Bamako a de multiples visages entre les banques ultra modernes, les parcs au bord du Niger et les marchés surpeuplés de la vieille ville. Les larges boulevards qui traversent Bamako tranchent avec le dédale de petites ruelles adjacentes de sable rouge, ponctuées de trous plus ou moins profonds et de ponts de fortune au-dessus de fossés. Quand la nuit tombe sur la capitale, le tohu-bohu s’apaise et laisse place aux aboiements des chiens errants. Quelques notes de musique lointaine percent les ténèbres de la ville peu éclairée. Dans les rues, aucune femme ne sort seule car le danger est partout. Pourtant, chaque année, elles sont nombreuses à quitter leur village natal de brousse pour trouver du travail à Bamako et fuir la misère. Perdues, souvent seules, ces femmes sont vulnérables.

S’affranchir, s’élever, entreprendre

Sans éducation et ne connaissant pas leurs droits, les jeunes filles des campagnes maliennes sont souvent les victimes de tous les abus une fois arrivées à Bamako : maltraitance, servage, prostitution… « Il est facile de trouver du travail comme employée de maison dans une famille », explique Maria, une jeune malienne de trente ans, « tu frappes aux portes et proposes tes services pour la cuisine, le ménage, les enfants… Mais tu risques de te faire complètement exploiter ! » Aucun jour de repos, logées sous l’escalier, un salaire de misère… La liste des abus est longue. Une situation à laquelle Maria a pu échapper grâce au Centre Vicenta Maria. « J’ai quitté mon village pour gagner de l’argent et aider ma mère, veuve, à survivre. A Bamako, une vieille dame m’a indiqué ce centre. » Depuis ce jour, la vie de Maria a pris un tournant.

Au centre Vicenta Maria, les jeunes filles sont très proches des religieuses. Une relation qui va au-delà de la religion. Maria, à gauche, est musulmane.

En 2000, le centre Vicenta Maria ouvre ses portes à Bamako, dans le quartier du fleuve, afin d’accueillir les jeunes filles démunies venues des campagnes. Mais son action va bien plus loin : il promeut la femme et lui donne les clefs pour s’affranchir, s’élever et entreprendre. Il est aussi appelé « centre de promotion féminine. » « Les femmes au Mali sont encore très soumises. » Sœur Marie-Dominique est l’ancienne responsable provinciale des Religieuses de Marie Immaculée d’Afrique. Depuis près de vingt ans, la congrégation catholique se bat pour que la femme africaine puisse être indépendante. Un combat qu’elle porte partout dans le monde. « Notre vocation est d’aider les femmes. C’est notre mission. Nous voulons leur faire prendre conscience de leur dignité, de la beauté de ce qu’elles sont. L’avenir de l’Afrique passera par la femme, c’est une certitude », affirme-t-elle sans détour. Le centre Vicenta Maria se divise en trois structures : le centre social, le foyer et le centre de promotion féminine. Chaque année, 1 000 femmes sont orientées vers le monde professionnel. Le centre social forme une vingtaine d’employées de maison par semaine. Le centre de promotion propose trois formations différentes pour près de 200 femmes : coupe-couture, pâtisserie-restauration et coiffure-esthétique.

« Nous voulons leur faire prendre conscience de leur dignité. »

Soeur Marie-Dominique

Tout en longueur, recouverte de grandes glaces, la salle de classe ressemble à un studio de danse. Au programme de la journée : pose de faux ongles et cours de tressage. Chaque jeune fille est affairée sur une tête-à-coiffer au regard aussi séducteur qu’impassible. Des clientes pour le moins facile à contenter. Tresses, chignons, boucles de toutes les couleurs ornent leurs visages de plastique. « Pendant leur formation, les filles font des stages chez des professionnelles », souligne sœur Christa, « il arrive qu’elles soient embauchées à la fin du stage. D’autres veulent monter leur propre salon. » Il en va de même pour les apprenties pâtissières qui décrochent des emplois dans les hôtels huppés de Bamako. Concernant la filière couture, « c’est plus difficile pour les couturières de créer leur entreprise à cause des impôts qui sont trop élevés. Alors, elles vendent leur production sur la base du bouche-à-oreille, sans être déclarées. » Les jeunes couturières trouvent aussi du travail dans les ateliers privés de couture.

Côté centre social, les religieuses ont des exigences à contre-courant des habitudes de la société bamakoise pour protéger les employées de maison. « Nous rencontrons chaque futur employeur », explique sœur Marie-Jeanne, en charge du centre social, « nous faisons signer un contrat, entre les deux parties, conforme au droit du travail avec un salaire minimum de 20 000 francs CFA [ndlr : environ 30 €]. » Un montant relativement élevé puisque la moyenne d’un salaire d’employées de maison oscille entre 7 000 et 7 500 francs CFA. « L’employeur doit aussi fournir une chambre et la nourriture. L’employée de maison doit avoir un jour de repos par semaine. » Une association réunissant des avocats vient en aide aux religieuses en cas de litiges.

Avec l’alphabétisation obligatoire, certaines souhaitent reprendre leurs études après la formation au centre social ou au centre de promotion féminine. « Ce qui est beau, c’est qu’elles sont ambitieuses et veulent passer les diplômes », souligne sœur Christa. Un moyen pour certaines d’échapper aux mariages arrangés.

Le mariage attendra

Dans les zones rurales maliennes, les garçons sont scolarisés avant les filles. « Les familles considèrent que c’est une perte de temps et d’argent d’envoyer les filles à l’école. La femme va être mariée et donc quitter le foyer tandis que l’homme s’installe à côté de ses parents pour reprendre la ferme ou les champs », explique sœur Marie-Dominique.  Les jeunes filles du centre Vicenta Maria sont âgées de 15 à 30 ans. « Il arrive que des filles de moins de 15 ans viennent frapper à notre porte. Dans ces cas-là, nous les emmenons à l’école et tentons de sensibiliser leurs parents », explique sœur Christa, responsable du centre.

C’est le cas de Marie-Dominique, 14 ans. Foulard noué sur la tête, un large sourire illumine son visage. Venue de Côte d’Ivoire avec son oncle, Marie-Dominique avait perdu tout espoir après le décès de sa mère. « Je ne sais pas qui est mon père. Je pensais que ma vie était terminée, sans issue… » Au centre de promotion féminine, la jeune fille est orientée vers la couture « mais ça ne me plaisait pas alors j’ai suivi le cursus pâtisserie. » Les religieuses décèlent en Marie-Dominique un réel potentiel pour les études et lui suggèrent de retourner à l’école. « Je suis en classe de 5ème », dit la jeune fille avec une pointe de timidité, « je souhaite suivre des études de lettres pour un jour devenir journaliste. » Et lorsque l’idée du mariage est évoquée, Marie-Dominique botte en touche : « la femme doit travailler et ne pas rester au foyer. Il ne faut pas être pressé et construire sa vie au fur et à mesure. »

Marie-Dominique souhaite devenir journaliste.

Tous les sujets qui touchent la femme suscitent de nombreux tabous dans les familles. C’est pour cette raison que les religieuses ont mis en place des causeries pour les jeunes filles du foyer. « Nous donnons des cours de biologie et d’anatomie sur le fonctionnement du corps et les maladies du type MST. Par exemple, beaucoup de jeunes filles ne savent pas ce que sont les menstruations. Elles paniquent complètement lorsqu’elles saignent pour la première fois », souligne une religieuse. Toutes les semaines, les causeries permettent d’aborder les sujets sensibles comme les grossesses précoces ou encore l’excision. « Elle sont attentives car c’est très nouveau pour elles. » Les sœurs souhaitent faire prendre conscience aux jeunes femmes de l’importance de leur rôle dans la société, de la vertu féminine et de la beauté de leur corps.

« Notre corps n’est pas la propriété de l’homme », rappelle Maria lorsqu’elle témoigne lors des « causeries » auprès des autres jeunes filles pour les sensibiliser sur le mariage. « J’ai 32 ans à présent et je ne peux pas retourner dans mon village car je refuse de me marier. Il faut que la femme puisse être indépendante financièrement, s’élever dans la société malienne par l’étude, l’éducation et le travail. » Un défi que l’ensemble des sociétés africaines doivent relever.

Journée internationale de la fille, Vision du Monde invite à parrainer 100 petites filles du monde entier

Ce lundi 11 octobre aura lieu la Journée internationale de la fille, l’occasion pour l’association Vision du Monde, d’alerter sur les pires formes que peuvent prendre les violences faites aux filles dans les contextes fragiles, lorsqu’elles sont motivées par l’extrême pauvreté.

Chaque minute à travers le monde, 22 filles sont mariées avant leurs 18 ans, chaque année, près de 800 000 jeunes filles âgées de moins de 15 ans sont victimes de grossesses précoces, avant la pandémie, 132 millions de filles étaient privées d’éducation. Elles risquent d’être 11 millions à ne pas retrouver le chemin de l’école, en raison de la crise sanitaire.

L’éducation des filles en péril

Alors que l’éducation est un levier indispensable à l’émancipation des filles et au développement des populations, leur droit d’aller à l’école reste encore massivement bafoué. Face aux crises, les enfants et plus particulièrement les filles sont les plus exposés aux violences intensifiées par la fermeture des systèmes scolaires. Suite aux différentes mesures liées à la pandémie, ce sont des millions des filles supplémentaires qui risquent de ne pas reprendre le chemin de l’école, victimes de mariages et grossesses précoces et de travail infantile.

Dans les pays en développement, la pauvreté des familles représente un frein majeur à la scolarisation des petites filles. Frappées de plein fouet par la précarité, ces familles vulnérables sont contraintes de marier leur fille très jeune, pour des raisons financières. Certaines d’entre elles, voient le mariage comme le seul espoir d’une vie meilleure, bien loin de se douter qu’il viendra davantage assombrir leur avenir et les plonger dans le cercle vicieux de la pauvreté. Elles doivent bien souvent endosser un rôle jugé incompatible avec le suivi de leurs études.  

Le mariage précoce, une triste réalité en augmentation

Représentant une violation des droits de l’enfant, le mariage précoce demeure une réalité pour beaucoup trop de filles : 12 millions d’entre elles sont mariées avant l’âge de 18 ans chaque année.

La pandémie de COVID-19 a notamment provoqué une hausse inédite de cette pratique, ainsi 10 millions de filles supplémentaires risquent d’être mariées précocement en raison de la pandémie. Les mariages précoces ont plus que doublé entre mars et décembre 2020, par rapport à l’année précédente, et le nombre risque encore d’augmenter.

L’association Vision du Monde œuvre pour un monde où les filles peuvent grandir à l’abri du danger

Au sein de ses 18 programmes de développement répartis dans 11 pays, Vision du Monde place la défense des droits de l’enfant au cœur de ses actions. L’association se mobilise pour que chaque fille puisse avoir accès à l’éducation et grandir dans un environnement sûr où elle peut devenir actrice du changement. Via des Clubs d’enfants, les filles elles-mêmes s’emparent de la lutte contre les mariages précoces et sensibilisent leur entourage. Au Bangladesh, ce sont plus de 2 000 mariages d’enfants qui ont été récemment annulés !  

Cette année à l’occasion de la Journée internationale des filles, Vision du Monde invite les Françaises et les Français à parrainer 100 filles  pour leur permettre de grandir dignement loin de toutes formes de violences.  

Florence Foresti et de nombreux artistes s’’engagent contre les violences faites aux femmes.

Depuis maintenant deux ans, le nombre de cas de violences faites aux femmes et aux enfants explose. Face à ce fléau, la France peine à apporter une réponse adéquate. Sur le terrain, les associations qui viennent en aide et accompagnement ces victimes font face à une vague de demandes sans précédent. C’est le cas de Women Safe & Children, qui doit continuellement adapter son dispositif pour tenter de répondre à des besoins exponentiels.

À l’initiative de sa marraine Florence Foresti, Women Safe & Children lance une grande tombola solidaire sur la plateforme Karmadon. Les fonds récoltés favoriseront la poursuite de son action de terrain et la duplication de son modèle dans toute la France en métropole et outre-mer.

Women Safe & Children : un accueil, une écoute et un accompagnement gratuit qui se développent sur tout le territoire.

Depuis 2014, ce sont plus de 4 000 femmes et enfants qui ont bénéficié de la méthodologie pionnière et unique de WS&C. La spécificité de l’association est de leur proposer, en un même lieu, un accueil, une écoute et un accompagnement pluridisciplinaire gratuit. Professionnel·les de la santé (Infirmières, médecins, psychologues, ostéopathes etc.) et de la justice (juristes et avocat·es) mettent ainsi leur expertise au service des bénéficiaires afin de leur proposer une stratégie de sortie de violence concertée, efficace et pérenne.

Accueilli·es physiquement dans cet espace sécurisant, les femmes et enfants suivi·es se voient proposer un parcours adapté à la singularité de leur situation, et peuvent envisager leur reconstruction dans un climat de confiance et de bienveillance.

Reconnu à l’échelle nationale, l’accompagnement imaginé par Women Safe & Children peut maintenant se développer sur l’ensemble du territoire. Une première antenne a vu le jour en Haute-Savoie, et d’autres sont en préparation. À terme, l’objectif est d’accompagner le plus grand nombre possible de femmes et d’enfants grâce à l’implantation locale de nouveaux centres pluridisciplinaires.

Pour Frédérique Martz, Fondatrice de l’Institut : «La libération de la parole autour des différentes formes de violences subies par les femmes et les enfants suscite un tsunami des demandes d’accompagnement. Il faut s’en réjouir, car sortir du silence est une étape cruciale, mais il faut aussi répondre à ces appels à l’aide par une prise en charge effective et qualitative. Nous devons donc augmenter nos moyens et ouvrir de nouvelles antennes pour aider toujours plus, toujours plus vite et toujours au plus près des besoins. Nous attendons beaucoup de cette tombola et espérons une mobilisation citoyenne à la hauteur de l’enjeu : plus vous jouerez, plus nous aurons les moyens d’offrir une “Seconde vie” aux femmes et aux enfants que nous accompagnerons. »

Plus de 30 artistes et personnalités s’associent à la lutte contre les violences faites aux femmes et leurs enfants, en mettant en jeu des objets très personnels à gagner, afin de collecter des fonds pour soutenir l’Institut WS&C dans ses actions.

Sous l’impulsion de Florence Foresti, une trentaine de célébrités, dont Vanessa Paradis, Angèle, Gims, Vianney, Jennifer, Natoo, Jamel Debouze, et bien d’autres ont décidé de s’engager dans cette tombola solidaire sur la plateforme www.karmadon.org.

Association Women Safe & Children 
9 rue Armagis, 78100 Saint-Germain-en-Laye  
0139108535

Paris Fashion Week, l’Oréal rappelle son engagement aux côté des femmes

À l’occasion de la Paris Fashion Week, la première marque de beauté au monde s’empare une nouvelle fois d’un lieu hautement symbolique pour célébrer ses valeurs féminines et féministes, et rappeler l’importance de son programme « Stand Up contre le harcèlement de rue ».

Comme chaque année depuis 2017, le dimanche 3 octobre à 15 h, L’Oréal Paris, partenaire officiel de la Paris Fashion Week ®, organise la 4ème édition de son Défilé tant attendu et ouvert à tous, retransmis dans plus de 30 pays sur les réseaux sociaux de la marque.

Le thème de cette édition, qui marque également le 50ème anniversaire de la signature emblématique de la marque « Parce que vous le valez bien », est une ode à l’émancipation des femmes et à la diversité, et rappelle l’engagement militant de L’Oréal Paris aux côtés de toutes les femmes. Un engagement qui s’illustre également par le programme de formation   « Stand Up contre le harcèlement de rue », conçu pour lutter contre ce fléau et permettre aux femmes de marcher librement, sans crainte.
 
Une édition qui se distingue des précédentes également par sa direction créative audacieuse, qui célèbre la liberté de mouvement, d’expression de soi et de féminité. En organisant son défilé sur le Parvis des Droits de l’Homme – lieu chargé d’histoire où fut adoptée la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme – et en le rebaptisant pour l’occasion, « Parvis des Droits de L’Homme et de la Femme », L’Oréal Paris veut amplifier son message d’émancipation à destination de toutes les femmes du monde.

Pour Delphine Viguier-Hovasse, Directrice Générale internationale de L’Oréal Paris : « Le Défilé de cette année se veut une tribune exceptionnelle pour l’émancipation des femmes. Il véhiculera un message fort en faveur de l’estime de soi et bouleversa les codes des défilés traditionnels en invitant le public à rejoindre le programme « Stand Up contre le harcèlement de rue ». L’événement célèbrera notre vision de la féminité et du féminisme, et sera un cri de ralliement pour toutes les femmes – mais aussi pour les hommes – qui partagent nos convictions. Je suis fière de réunir notre famille mondiale de porte-parole inspirants pour défendre ces valeurs. »
Des porte-parole internationaux seront présents pour représenter les valeurs de diversité et d’inclusion de la marque, parmi lesquels Katherine Langford, Helen Mirren, Camila Cabello, Gemma Chan, Yseult, Nidhi Sunil, Aja Naomi King, Camille Razat, Jaha Dukureh, Liya Kebede, Cindy Bruna, Soo Joo Park, Luma Grothe, Nicolaj Coster Waldau, tout en perpétuant la tradition de L’Oréal Paris : mettre en scène une vision unique de la beauté dans les lieux les plus emblématiques de la Capitale.

Cette vision créative audacieuse est particulièrement pertinente cette année, puisque L’Oréal Paris fête le 50e anniversaire de la création de son fameux slogan « Parce que vous le valez bien », un puissant message féministe sur la valeur individuelle qui unit les consommatrices autour de la marque. L’Oréal Paris souhaite poursuivre aujourd’hui un objectif universel : être aux côtés de chaque femme, peu importe son âge et quelle que soit son origine, pour l’aider à prendre conscience de sa valeur.

Catherine Lyautey, Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France. Une femme au cœur de la franc-maçonnerie.

A 65 ans, Catherine Lyautey est retraitée depuis le 1er juillet “précisément” comme elle se plaît à le rappeler. Cette femme dynamique a mené deux vies professionnelles bien différentes. A ses débuts, Catherine œuvre 20 années dans le domaine de l’horlogerie bijouterie. C’est après avoir vécu de multiples agressions qu’elle décide de raccrocher. Elle entre alors au Ministère de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur, où elle travaille en tant qu’Assistante de Cabinet Ministériel.

Catherine Lyautey c, Grande Loge Maçonnique de France

Catherine Lyautey a été élue Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France le 29 mai dernier. Pour les profanes, elle est devenue présidente de la plus grande organisation Féminine Franc-Maçonne en France et dans le monde.

L’organisation à la tête de laquelle elle œuvre aujourd’hui possède une particularité. Elle est entièrement féminine. Ses membres, à l’instar de l’ensemble de Sœurs et des Frères maçonnes et maçons, travaillent à forger leur conscience du monde et de la société. Souvent caricaturée, parfois haïe, la Franc Maçonnerie est trop méconnue pour qu’elle ne suscite pas notre attention, qui plus est lorsqu’elle est emmenée par une femme.

Parcours profane et Maçonnique mêlés

Lorsqu’on demande à Catherine Lyautey, de nous parler de son parcours Maçonnique, il est intimement mêlé à celui de sa vie profane. La Grande Maîtresse nous explique : “En 1994, après une énième agression dans la joaillerie où je travaillais, j’éprouvais le besoin ardent d’une rupture. Je sentais que la rupture professionnelle était consommée, mais je sentais aussi qu’elle ne suffirait pas. J’étais en quête de sens, à la recherche d’un chemin et d’un but” commence-t-elle. Avant de poursuivre sur son Histoire sacrée : “Je m’intéressais aux offres de développement personnel, scientologie et autres promesses de mieux-être se présentaient comme autant de réponses, mais l’esprit indépendant que je suis ne se contentait pas de ces bonimenteurs. J’étais en quête, en recherche de spiritualité. J’ai rencontré un Franc Maçon avec qui j’ai longuement échangé de ma quête. Il m’a faite parler et m’a écouté. Il a su me proposer non pas des réponses comme le faisaient la plupart des mouvements à tendance sectaire d’alors, mais d’une nouvelle démarche intime de mon horizon personnel, au travers de la Maçonnerie.” 

Ainsi, la rencontre féminine aura-t-elle été initiée par un homme. “Ce Maçon m’a proposé de rencontrer des femmes de la Grande Loge Féminine de France (GLFF)”.

Le reste, l’histoire parle pour elle-même, comme l’explique Catherine Lyautey : “J’ai intégré la GLFF au sein de laquelle j’ai été initiée. Je ne savais pas précisément qu’il existait, dans la Maçonnerie, des loges mixtes et des loges féminines. Du reste, on ne précise pas “loge masculine”, c’est curieux” commente-t-elle. “Je me suis fortement impliquée dans la vie de mon obédience. Je suis entrée au Conseil d’Administration de la Grande Loge en 2015, puis mes Sœurs m’ont rapidement sollicitée pour que je fasse acte de candidature pour devenir Grande Maîtresse, ce qui est arrivé le 29 mai dernier”.

Rapport à l’être intime de chacun

On pourrait fantasmer la Franc Maçonnerie, victime des images trop souvent véhiculées, bloquée entre des traditions séculaires et des rites occultes. Elle est une relation avec le soi intime, la recherche d’une meilleure conscience du monde et de ce qui le fait fonctionner. C’est ce que nous explique Catherine Lyautey lorsqu’on parle de l’apport que la Maçonnerie a avec l’être intime de chacune : “Pour une femme, être en Maçonnerie fournit un espace de liberté absolue, un lieu à couvert.  Les femmes sont confrontées au besoin de gérer plusieurs choses en même temps : ce qu’on appelle communément la « charge mentale ». Elles sont mamans, épouses, amantes, infirmières et comptables tout en étant pour la plupart devenues des professionnelles dans des secteurs d’activité divers.” 

La Franc Maçonnerie, vecteur de liberté féminine

La Franc Maçonnerie octroie t’elle ainsi aux femmes la liberté que la société ne leur accorde pas ? C’est ce que revendique Catherine Lyautey :

“Les femmes demeurent prisonnières des limites d’expression et de parole que l’histoire a mises en place. Être dans une loge, c’est s’accorder deux fois par mois, au cours des « tenues », un espace réservé. C’est un bastion de liberté absolue pour les femmes. « Être Franc-Maçonne », continue Catherine Lyautey, “c’est aller au plus intime de soi pour essayer d’édifier un monde meilleur. C’est aller à sa propre rencontre pour se connaître soi-même. Avant toute chose cela passe par le regard des autres. C’est cela la démarche initiatique et qui permet ensuite d’agir sur le monde”. La parole est claire, la Franc-Maçonnerie n’est pas en marge, elle s’intègre au monde actuel et ses membres sont avant tout des Citoyennes et des Citoyens.

Comment la Grande Maîtresse définit-elle la cause féminine ? 

« Les fondatrices de la GLFF avaient comme but l’émancipation des femmes à l’aide de la démarche symbolique. Nous continuons d’essayer d’être à la hauteur de la transmission que nous avons reçue, pour la rendre meilleure lorsque nous la transmettons à notre tour. La cause féminine, c’est exiger sa place de femme dans la société. C’est le dessein du travail initiatique en loge que de permettre à chaque Sœur de conquérir cette place. C’est en cela que la Franc-Maçonnerie est une Société initiatique” poursuit Catherine Lyautey.

Initiation, certes, mais comment quantifier l’apport de la libre-pensée à la cause féminine ? 

“Je ne sais pas s’il y a un apport de la Maçonnerie à la cause des femmes”, commence la Grande Maîtresse, “mais ce dont je suis certaine, c’est que chaque Sœur mûrit une réflexion qui lui est propre, elle l’apporte et la partage autour d’elle. Les Maçonnes et les Maçons ont été et demeurent amenés, comme tous les Citoyens d’ailleurs, à réfléchir sur des questions de société. La Franc-Maçonnerie est reconnu par les autorités comme « famille de pensée ». Nous tentons d’exiger toute notre place dans la citoyenneté d’une façon globale.” 

« La société est composée de la religion, aussi », c’est ce par quoi conclu la Grande Maîtresse, “La devise de la République française, Liberté, Egalité, Fraternité devrait être complétée par “Laïcité”, car, généralement, lorsqu’on parle d’absence d’un droit pour les femmes, il y a du fait religieux alentour”.

Penser, réfléchir, se remettre en question… Certes, ce sont des actions bénéfiques à l’individu et à son développement . Cependant, la discrétion volontaire sur les actions de la Grande Loge Féminine de France et de la Franc-Maçonnerie dans son ensemble en empêche la visibilité. Catherine Lyautey nous parle ainsi des actions concrètes de l’obédience qu’elle mène aujourd’hui. 

Fond de dotation « Femmes Ensemble »

“Nous avons établi un fond de dotation “Femmes Ensemble”. Il a pour objectif de soutenir toute action d’intérêt général qui vise à la solidarité, à la défense des droits des femmes et, enfin, au rayonnement des valeurs défendues par la Franc-Maçonnerie féminine. Sans prosélytisme ni publicité. » « Plus récemment” poursuit-elle “Nous avons apporté un soutien financier aux Banques Alimentaires qui ont été fortement mises sous tension au cours de la crise sanitaire que nous traversons. Un grand nombre de nos Sœurs nous ont interpellées sur les difficultés des femmes durant cette période. Encore une fois, cette crise sanitaire aura mis en exergue le fait qu’être une femme représente généralement un handicap supplémentaire lorsque les choses vont moins bien. C’est cette double peine que connaissent les femmes incarcérées, auxquelles nous souhaitons fournir du soutien matériel. 

Enfin, nous sommes partie prenante en communication et en actions chaque année à Octobre Rose en faveur du dépistage du cancer du sein chez les femmes. Individuellement, enfin, nos Sœurs sont, à titre personnel, extrêmement investies dans la vie associative et culturelle dans leurs vies profanes. Leur engagement dans l’obédience est un vecteur de confiance en elles qui fait trop souvent défaut aux femmes. Conquérir cette confiance, c’est oser aborder sa place dans la cité » termine la Grande Maîtresse.

Le Covid a accru les inégalités entre hommes et femmes

La récente crise sanitaire – non encore entièrement achevée – a certainement donné une visibilité accrue à la position des Femmes dans la société.

Qu’en pense la responsable d’une organisation uniquement féminine comme la GLFF ? 

“Les femmes représentent immanquablement la variable d’ajustement dans les crises sociales. Si, au sein de certains foyers, la coexistence imposée par les confinements a pu amener à une prise de conscience des unes et des autres sur le cumul des charges, c’est sur les femmes qu’au cours de cet épisode la société a fait peser la plus grande charge. Y-compris en télétravail par exemple, les femmes effectuent de fausses pauses, interrompant l’activité professionnelle pour aller sur l’activité ménagère par exemple. À distance, il existe une suspicion sur les femmes que les hommes ne connaissent pas. Clairement, un manager pensera qu’une femme s’occupe des enfants si elle n’est pas devant son écran, là où il pensera qu’un homme est en train de préparer un café.”

La Franc Maçonnerie est le reflet de la société

À propos de fonctionnement organique, la Franc-Maçonnerie est un ensemble d’obédiences et de loges qui, si elles embrassent des principes fondamentaux les unes et les autres, disposent d’une approche diverse de la manière d’étudier les sujets en question. Certaines obédiences seront particulièrement symboliques là où d’autres travaillent sur les rites traditionnels. Néanmoins, on peut imaginer que, moderne, la Franc-Maçonnerie ne restreint pas les possibilités d’évolution des femmes en son sein.

Qu’en est-il réellement ? 

“La franc-maçonnerie est le reflet de la société” commence Catherine Lyautey. “Lorsque vous entrez dans la Maçonnerie, vous pénétrez une association d’êtres humains. On peut parfois être déçu par un maçon, jamais par la méthode maçonnique. Il y demeure les mêmes problèmes que dans le reste de la société. Certaines obédiences [Le Grand Orient de France NDLR.] viennent de s’ouvrir à la mixité, c’est positif. Sauf que le plateau de secrétaire a quasiment systématiquement été donné à une femme. L’excellente nouvelle c’est que cela change, car les femmes n’ont pas envie de reprendre ces seuls rôles. Il ne faut pas se représenter la Franc-Maçonnerie comme hors-sol ou hors-société, elle représente une partie de la société car elle est faite de personnes, des mêmes personnes qui constituent la Cité au sens littéral du terme. »

La Grande Maîtresse de poursuivre “Dans la société actuelle, l’homme n’octroie pas sa place à la femme. Nous, les femmes, devons devenir bien plus conscientes de nos capacités que nous ne le sommes. Nous devons cesser d’élever nos filles dans ce schéma de soumission inconsciente aux hommes. Le poids des années et des traditions est immense, il faut que les femmes apprennent à déconstruire les clichés. Inconsciemment, il faut que les femmes se libèrent de ces chaînes-là. Pour y parvenir, il faut que les femmes travaillent sur elles, échangent entre elles et avancent. Il faut rappeler les messages aux femmes, remettre sans cesse l’ouvrage en question et essayer de l’améliorer. C’est en ce sens que la Loge est un endroit idéal pour travailler, individuellement et entre Sœurs sur la manière de transmettre les messages que les femmes veulent passer.”

Les femmes plus jeunes tendent à oublier les combats des précédentes

Les droits des femmes sont, aujourd’hui, largement supérieurs à ce qu’ils étaient il y a à peine 50 ans. Tout est gagné ? 

“Je me rends compte en parlant avec des femmes plus jeunes qu’elles pensent que les choses sont acquises. Les générations actuelles sont conscientes des combats qui ont été menés et remportés, tout en pensant que c’est acquis et que plus rien ne pourra régresser. C’est une erreur majeure, car il suffit qu’une crise économique arrive pour que les droits changent vers la moins-disance. Les femmes doivent perpétuellement demeurer vigilantes pour conserver les droits acquis par les générations précédentes et combattre pour ces droits. Les actions récurrentes de tous les intégrismes religieux sont la démonstration que tout peut se perdre. Vigilance, donc !”

La Franc Maçonnerie est un parcours intime

Qu’est-ce qui, en 2021, peut mener une femme à s’intéresser à la maçonnerie ?

“Il y a dans notre société actuelle florilège d’offres de coaching, de développement personnel et autre travail psychologique sur soi. Les femmes doivent être extrêmement attentives sur ce qui est proposé et s’assurer que certaines frontières ne sont pas franchies. La Franc-Maçonnerie n’offre pas de prêt-à-penser, elle est un questionnement perpétuel. La loge et le travail en son sein engendrent une remise en cause permanente de ce qu’on pensait. C’est une société initiatique. Elle apporte, je crois, une réponse éclairante à toutes celles qui se questionnent sur le monde et sur leur place en son sein, en recherche de spiritualité. C’est à présent aux Maçonnes et aux Maçons de s’extérioriser pour parler de ce qui est proposé, de ce qui se fait et de ce qu’il est réalisable d’apporter et de trouver dans la démarche Maçonnique.”

La Franc-Maçonnerie, une société pas si secrète..

La Franc-Maçonnerie est assez peu visible, c’est certainement ce qui peut engendrer cette impression de société secrète. C’est, du reste, un des principes de fonctionnement de l’organisation.

 Est-elle encore adaptée aux nouveaux modes de communication ? 

“Nous ne sommes assurément pas une société obscure ou encore secrète” rétorque Catherine Lyautey. “Nous sommes discrètes car nous représentons une association pas comme les autres, autant prendre la parole nous-mêmes pour parler de qui nous sommes. Qui mieux qu’une maçonne peut parler de la maçonnerie ?” Développe la représentante de la GLFF. « Et c’est un fait (Tout relatif NDLR), aucune association, quel qu’en soit l’objet, ne communique sur les membres qui la composent. Pourquoi la Franc-Maçonnerie française serait-elle enjointe à le faire ? »

Il faut que les femmes prennent leur place, toute(s) leur(s) place(s) !

La nouvelle Grande Maîtresse de la Grande Loge Féminine de France a-t-elle un dernier message à passer ? 

“Il faut que les femmes prennent leur place, toutes leurs places. Il ne faut pas attendre qu’on la leur laisse, elles doivent la prendre. Être Franc-Maçonne apprend à pouvoir s’exprimer, à acquérir un esprit critique La loge demeure un espace de liberté, d’écoute respectueuse et de bienveillance entre nous. Que les femmes aillent au-dehors et prennent leur place, dans toute son intégralité, sans crainte des erreurs, des railleries ou des blocages. »

Elle ajoute Une de nos pionnières disait “je suis une femme ordinaire avec une exigence en plus”.

Victoria Secret à l’écoute des femmes. Entretien avec la styliste Sophie Malagola.

C’est décidé, Victoria’s Secret, LA marque de sous-vêtements féminins par excellence va, enfin, s’intéresser à ses clientes. Plutôt, nous annonce-t-elle, elle va cesser de satisfaire les hommes qui dictent ce que les femmes doivent porter. 

Après tout, il n’est jamais trop tard !

La marque de référence des sous-vêtements féminins, enfin celle qui fut la marque de référence des sous-vêtements féminin, l’Américaine Victoria’s Secret, a annoncé qu’elle allait cesser d’écouter les hommes dire ce qu’ils veulent voir les femmes porter (et donc quelles femmes ils veulent voir le porter) et accepter ses clientes dans leurs demandes, leurs diversités et leurs envies.

En outre, la marque annonce prendre pour égéries un collectif de 7 vraies femmes (Le Collecfif VS), soutenir la lutte contre le cancer du sein … Bref, redorer une image bien ternie par de nombreux scandales, de la déformation de l’image réelle des femmes à d’obscurs liens avec le pédo-criminel Jeffrey Epstein, Victoria a décidément bien de secrets à expier !

Victoria Secret

Nous nous sommes entretenu avec une styliste française, Sophie Malagola, pour mieux saisir l’évolution de l’enseigne aux défilés grandioses.

Sophie a travaillé pour de grandes marques françaises (la Redoute, Etam …) et a un regard extrêmement précis sur les évolutions, les tendances et les revirements du domaine.

Son credo ?

« Être au plus près du corps des femmes, accompagner chacune d’entre elle au quotidien

Sophie Malagola

Une marque qui a besoin de se rénover

A propos du message de Victoria’s secret, la styliste nous explique : “Il faut réellement avoir en tête pour commencer que Victoria’s Secret va mal. La marque éprouve un besoin intense de remise en question, mais elle le fait aujourd’hui avec beaucoup de retard.« 

Elle ajoute :

A la décharge du management de Victoria’s Secret, c’est une entreprise colossale, un paquebot difficile à manœuvrer. Victoria’s Secret n’est plus une marque à proprement parler, c’est devenu un nom générique. Au-delà des discours maladroits qu’on a pu entendre de la part des dirigeants de l’enseigne, le modèle sur lequel s’est bâti le succès du géant a périclité. Les gigantesques défilés ont été remplacés par d’intimes présentations à l’ambiance feutrée et, ça, les responsables de l’enseigne ne l’ont pas vu venir.

De nombreuses erreurs de communication

De gros échecs de communication, aussi. C’est ce que nous explique Sophie : “Les grosses entreprises ont tendance à oublier que leur modèle est fragile. Elles se reposent sur ce qui fonctionne et ont tendance à considérer le marché avec dédain. Victoria’s Secret a laissé faire sans réagir des reportages qui montraient les entraînements des filles avant les défilés. On se serait cru dans l’armée au point où c’était brutal et dégradant pour l’image des femmes.

Finalement, ce message de Victoria’s Secret, pinkwashing

La tendance de la féminisation et de l’attention portée aux femmes n’est pas récente, que ce soit dans le domaine de la lingerie ou ailleurs. Mais le message porté par la marque est à double tranchant, on nous explique que jusqu’alors, les femmes étaient effectivement incapables de choisir leur lingerie, car il fallait parler aux hommes. Autrement dit, c’est refouler les clientes fidèles de la marque d’une part sans jouir de la capacité à attirer celles déjà fidèles à une autre marque. On a connu une meilleure stratégie, y-compris de pink washing !” Conclut-t-elle.

Changement de paradigme dans la manière dont la lingerie s’affiche, tout va en conséquence aller mieux dans le meilleur des mondes ? 

“Il faut prendre garde à l’excès inverse qui peut arriver. Il est naturellement nécessaire que toutes les femmes soient représentées dans les catalogues, sans distinction de forme, d’âge, de couleur de peau ou d’ethnie. Mais il faut être extrêmement prudent avec les messages sous-entendus, notamment avec une représentation systématique d’une forme d’obésité. Les créateurs comme les communicants endossons une responsabilité majeure lorsque nous passons un message. L’obésité comme l’anorexie sont des maladies mortelles qui mettent en souffrance, ce n’est pas ni une mode ni une tendance Nous ne devons pas normaliser une souffrance.

Attention aux appels à l’obésité

Et de conclure “Il faut faire très attention aux modèles qu’on offre, les extrêmes sont toujours dangereux.”

Tout bien considéré, nous sommes face à un non-évènement, une simple remise des choses en perspective ? 

Depuis longtemps” explique la créatrice “on fait porter des vêtements dans les catalogues à des hommes d’âge mûr. C’est aussi, car la population vieillit qu’on n’a pas le choix. Pour présenter des produits à des femmes âgées, on va faire appel à des mannequins plus âgés. Et, par la force des choses, les corps de ces femmes seront différents de ceux que les marques utilisaient dans les années 80-90. Ceux-là étaient déjà réels et ressemblaient à de femmes authentiques. Puis est arrivé Photoshop et toutes les dérives qu’on a connu. Il a donné naissance à des femmes qui, en fait, n’existaient que dans l’imaginaire des hommes que, justement, des enseignes comme Victoria’s Secret écoutaient. Donc pas de tremblement de terre ici, juste un retour au réel. Et c’est tant mieux, car le réel est ce qui se fait de mieux dans la vie !

Sophie poursuit :

Depuis la nuit des temps, les femmes plaisent aux hommes, c’est génétique. Dire qu’on va satisfaire les femmes et arrêter d’écouter les hommes comme le fait Victoria’s Secret, c’est remettre en cause la capacité d’intelligence donnée aux femmes. Leur aptitude à choisir ce qu’elles vont porter, pour elles et selon leurs envies. Celles qui ont envie de porter du sexy peuvent le décider, celles qui veulent porter du quotidien peuvent aussi le faire. Généralement, du reste, ce sont les mêmes. La richesse véritable, la véritable révolution, c’est de s’adresser à toutes les femmes dans toutes leurs envies.

À vouloir être trop différentes, les marques d’aujourd’hui ne perdent-elles pas leur âme ?

Sophie nous explique “En effet, tout tend à se ressembler. De fameuses marques françaises ont décidé d’abandonner la communication traditionnelle et ont abandonné les classiques. Il faut respecter sa marque tout en évoluant avec son marché et les attentes de la clientèle. Parmi les basiques actuels, on sait qu’on doit utiliser et proposer du recyclé. On doit proposer du sens à sa marque. En tout, il faut nécessairement bâtir et conserver son image de marque tout en la faisant évoluer, lentement et sans à-coups. Et, en tous cas, sans feu d’artifice comme tente de le faire Victoria’s Secret !

Elle ajoute “Il faut garder à l’esprit que la population tend à vieillir et que cette génération de femmes a connu la communication à l’ancienne. Elle a besoin de retrouver dans ses marques de prédilection les codes qu’elle connaît, elle risque de se perdre autrement.

Un message à adresser aux lectrices et aux lecteurs de Brillante Magazine, Sophie ? 

En 2021 plus que jamais, une femme peut choisir d’être élégante quand elle le veut, sexy quand elle en a envie et à l’aise à d’autres moments. Il n’y a pas un type de femme et, surtout, pas un univers permanent dans les envies d’une femme. Et, aussi, qu’une femme possède l’intelligence nécessaire pour choisir ses sous-vêtements.

Et à Victoria’s Secret ?

Malgré tout, le marché de la lingerie peut adresser un immense merci à Victoria’s Secret. Leurs défilés ont donné de la visibilité à la lingerie et toutes les marques en ont bénéficié et en bénéficient encore.” À propos de la marque en elle-même, Sophie termine “On peut ne pas aimer telle ou telle marque, mais le marché dans son ensemble a profité de Victoria Secret et doit cette reconnaissance honnête.

Clara Fortin, portrait d’une jeune navigatrice hémophile en quête de normalité

Tout sourire, rayonnante et heureuse. C’est l’image qu’on a immédiatement de Clara lorsqu’on la rencontre pour la première fois. Cette normande est bourrée de projets, d’idées et d’envies. Elle bouffe, aujourd’hui, ce quotidien que la vie ne lui a pas toujours rendu rose. Elle est atteinte d’une maladie rare chez les femmes, l’hémophilie et a subi les affres d’un corps médical encore sous informé.

“C’est à l’âge de 8 ans, alors que mon papa de 40 ans a besoin d’une intervention chirurgicale que toute la famille a été testée et que moi, j’ai tiré le gros lot”. C’est la manière dont Clara parle de cette anémie qui l’accompagne au quotidien. Elle a appris à vivre avec cette maladie génétique qui affecte aussi les femmes. “Les femmes sont vues comme correctrices du gène provenant de l’homme” nous explique Clara. “L’hémophilie est portée par le chromosome X. Les hommes dont ce chromosome est atteint déclarent invariablement la maladie. Porteuses de deux de ces chromosomes, les femmes peuvent en n’ayant qu’un seul chromosome atteint, atténuer voir corriger ce déséquilibre chromosomique.” ajoute-t’elle.

Clara, Enfant

Navigatrice et militante associative

Il faut reconnaître que cette maladie ne lui a pas fait de cadeaux à Clara. Aujourd’hui, membre active de l’AFH (association française des Hémophiles), la navigatrice a appris à dompter et mettre en place les parades contre les manifestations de cette caractéristique qui présente un impact fort sur la coagulation. Elle nous explique “Lorsqu’une personne saigne, le sang est programmé pour coaguler, former un caillot et que le saignement cesse rapidement. Lorsqu’on est hémophile, ce n’est pas le cas, le sang demeure liquide et emporte avec lui tous ses composants importants”.

Les règles, moment critique

Ce sang trop liquide demeure le même que le corps libère au moment des règles. C’est là l’une des premières difficultés que Clara a rencontrées. “Je ne compte plus le nombre de fois où, au collège, je me levais de mon siège avec les vêtements tachés de sang. De ce sang qui, en même temps, emportait le fer de mon organisme ainsi, en plus de me faire remarquer, je souffrais d’anémie” détaille Clara.

Les médecins remettent en cause les symptômes. Les gynécologues sont désarmés ou parfaitement incompétents. “On m’a proposé de cumuler pilule, stérilet, tampon et serviette” nous explique la jeune femme. À croire que le confort n’est qu’accessoire, surtout à 14 ans !

Des explications à fournir

Lors de chaque rentrée des classes, le manège recommence pour l’adolescente. “Mes parents allaient rencontrer le directeur et les enseignants, je devais être présentée comme la malade de service. Et je devais expliquer, les saignements de nez, les règles abondantes, les tâches inévitables. Je me sentais punie à la fois par la maladie et par la société qui me demandait de justifier le fait que je sois malade.” Difficile de s’assumer malade : “Je me sentais normale avec juste une particularité, c’est les autres qui me voyaient malade” conclue Clara.

Adolescence difficile donc. Et inconséquence des spécialistes de santé. Clara errera de cabinets médicaux en consultations spécialisées. “Au cours de leur formation, les professionnels de santé apprennent que l’hémophilie est une maladie masculine uniquement, un peu comme le daltonisme. Ils ne comprennent ainsi pas la violence des premières règles ni la véracité de la maladie”. Et les remèdes ne sont pas nombreux : “J’avais le sentiment d’être un cobaye à qui on proposait d’expérimenter une solution innovante, que ce soit chez les gynécologues ou les généralistes”.

Un accident gravissime

Clara ne renonce pas pour autant à son envie de vivre ce qui attise sa hargne. Elle pratique le handball à haut niveau. Jusqu’à une blessure majeure, à l’âge de 18 ans. “Je me cogne et tombe dans les pommes. Là où pour tout le monde ç’aurait été une simple bosse, ce fut, pour moi, un traumatisme crânien.” Le diagnostic médical tombe, une nouvelle fois. « Une interdiction totale des sports de contact” nous explique la sémillante athlète. “Mais je ne me voyais pas rester sur le canapé à avaler des chips” termine-t-elle. Par chance, la famille possède un voilier qui a, durant son enfance, permis à la Granvillaise de voguer les dimanches après-midi le long des côtes normandes. Cela sera par conséquent la voile.

Clara à la barre de son bateau

Clara vise haut. Elle ambitionne à la fois de réaliser la Transat Jacques Vabre, la fameuse Route du Rhum et pourquoi pas un jour, le Vendée Globe. Tout en menant tambour battant un apprentissage qui aurait certainement fait perdre la motivation au premier venu.

Au quotidien.. la maladie

Avec la maladie pour ligne de fond, la vie quotidienne a besoin d’être adaptée. Depuis l’achat de protections à foison jusqu’à la protection des angles de porte dans les bateaux, Clara adapte son cadre de vie à la maladie. Et demeure hésitante. Elle testera toutes les méthodes, la coupe menstruelle – la moins mauvaise méthode selon elle d’ailleurs – les serviettes ultra-absorbantes ou l’accumulation des solutions. Clara va vivre six années de galère, à la recherche d’une solution qui stabilisera sa jeune vie de femme et lui autorisera une vie de maman, une vie de couple. Une vie “normale” en somme !

Clara Fortin Crédits

C’est en 2017 que se dessinera une solution. Clara rencontre une hématologue qui lui propose un modèle particulier de stérilet à implant de cuivre qui bloque totalement les règles. La jeune femme passe de règles qui duraient deux semaines complètes avec parfois à peine un à deux jours de pause entre les cycles à l’arrêt total du cycle menstruel. La femme retrouve un équilibre de vie. Vie de couple, vie sociale.

Association Française des Hémophiles

Clara rencontre les membres de l’AFH. L’association est dotée d’une commission Femmes qui porte justement les questions spécifiquement féminines. Puberté, règles, mais aussi sexualité, vie de couple et grossesse sont des sujets d’étude et de travail de Clara au sein de la structure. Clara nous explique “Le regard sur les règles a évolué aujourd’hui. Ce n’est plus un tabou ni une punition biblique pour la plupart des personnes, c’est un état normal. On peut donc parler plus sereinement sans avoir l’impression de gêner son interlocuteur” explique Clara.

Éviter des années de galère

“Je veux éviter aux jeunes femmes frappées d’hémophilie les années de galère et d’errance que j’ai connues » ajoute la militante. “Je veux expliquer aux jeunes femmes ce qui les attend. Je voudrais vraiment leur éviter ces années de galère en leur fournissant les outils et les spécialistes adaptés à la question.. Les femmes doivent être incluses et comprises dans la maladie. Et pour y parvenir, il faut que la maladie soit connue. C’est la raison pour laquelle nous avons lancé, en avril dernier, la première journée mondiale de l’hémophilie, au cours de laquelle nous communiquons sur son existence et témoignons, toutes et tous, de ce qu’est l’hémophilie”.

Une vie normale, ou presque

En 2021, la vie de Clara, tend à se normaliser, ou presque. “Aujourd’hui, je vis normalement avec ma maladie” nous explique la skippeuse. “J’ai adapté ma pratique de la voile pour minimiser les blessures. Par exemple, les angles sont protégés, je porte systématiquement des genouillères ou des gants pour éviter les blessures. Au quotidien, le risque est d’oublier qu’on est malade et de prendre des risques. Heureusement ou malheureusement, le moindre bobo, la moindre coupure ou le moindre hématome est là pour rappeler au malade qu’il a cette différence en lui, c’est évident !” conclut la sportive dans un éclat de rire.

Clara & Martin, son compagnon visent une vie de couple, comme les autres, au-delà de la maladie

La vie de femme, Clara l’aborde en connaissance de cause aujourd’hui. Elle veut des enfants et vivre aussi normalement que possible. Pour y parvenir, elle doit s’assurer que les médecins qu’elle côtoie sont au courant de la maladie et en connaissent les impératifs. “Pour un accouchement par exemple, hors de question pour une personne hémophile d’avoir une péridurale.” En effet, l’aiguille est de dimension trop importante et le risque d’œdème interne comme externe trop important avec un facteur de coagulation trop diminué.

Et vient la question cruciale. Transmettre l’hémophilie à son enfant ? “C’est un risque mesuré et identifié. J’ai envie d’avoir un enfant, mais je n’ai pas encore répondu à cette question centrale. Je sais que le risque existe, c’est le point où j’en suis de ma réflexion. Je sais aussi que, dans tous les cas, je devrais prêter attention à la sur-protection de cet enfant. Je ne veux pas lui faire porter un casque dès sa naissance !” Termine-t-elle.

Clara a une philosophie positive sur sa maladie. À propos des conseils qu’elle pourrait donner à une autre hémophile, elle nous explique “On [les femmes, NDLR.] n’a pas de difficulté, juste une particularité. Il y a des adaptations et des modifications à accepter dans le quotidien pour vivre avec, ne pas se battre contre. Il ne faut pas s’arrêter à la maladie, il faut adapter ses objectifs et trouver des solutions pour avancer. Dire que les choses sont compliquées ne fait pas avancer, dire qu’elles sont particulières ouvre l’esprit.”

C’est ce que Clara a fait, avec brio d’ailleurs. Elle a de multiples projets dans son sac à dos. ”Je voudrais réussir mes projets sportifs, à commencer par la Transat Jacques Vabre cet automne et la Route du Rhum, l’an prochain. Ensuite, je mène ma barque professionnelle, je dois trouver ma place dans le monde de la course au large, que ce soit en tant que concurrente ou en tant qu’encadrante de projet. Et trouver mon équilibre de vie, affective, sentimentale. Et familiale, je veux fonder un foyer, avoir des enfants et une vie. Simplement normale.”

Le handicap n’est qu’une particularité, pas une caractéristique

S’il fallait un mot de la fin, Clara sait nous le donner : “Le handicap comme la maladie ne sont que des particularités. Il ne faut pas ranger chaque personne dans une case. La voile est un sport mécanique dans lequel tout le monde peut s’exprimer. Peu importe qu’on soit handicapé ou non. Damien Seguin a fait le Vendée Globe avec une main en moins. Médiatiquement, il est coureur avant d’être handicapé. Il en va de même avec toutes les différences, on est ce qu’on fait avant d’être ce qui nous particularise”.

Clara, nous te souhaitons bon vent !

« Arrête toi ! » un livre hommage qui décrypte la machine policière

« Arrête-toi! » écrit conjointement par Amanda Jacquel, journaliste et Makan Kebé et préfacé par Assa Traoré, raconte l’histoire d’une famille, d’une mère et de ses enfants, confrontés aux violences policières. Un livre engagé et militant.

Amanda Jacquel et Makan Kébe – Crédits PMN Editions

Tout commence par un fait divers la nuit du 25 juin 2013 qui fera basculer la vie de la famille Keber.
Il est 20h, Makan Kebé rentre du travail. En bas de chez lui, dans son quartier, plusieurs hommes se ruent vers lui en criant « Arrête-toi! ». Ce sont des policiers. Makan s’arrête, les policiers le prennent violemment à parti. Mohamed, son frère aîné, voit la scène depuis la fenêtre du domicile familial et descend pour aider Makan. Il est balayé, frappé, gazé et subit un tir de flashball à l’oreille. Cela lui endommagera durablement l’ouïe. Fatouma Kebé, maman de Mohamed et Makan, descend à son tour pour tenter de calmer la situation. Arrivée en bas de l’immeuble avec son petit-fils de 14 mois dans les bras, elle reçoit un éclat de grenade de désencerclement dans l’œil. Elle en perdra définitivement l’usage.

Malgré les vidéos qui existent de la scène, sept 7 ans après, les policiers sont acquittés. La seule personne condamnée sera Mohamed, pour outrage et rébellion.

La famille Kebé a lutté pendant sept années avec espoir et douleurs pour obtenir justice devant les tribunaux. Fatoumata Kebé est décédée avant l’acquittement en appel des policiers.

« Arrête-toi » c’est d’abord la réappropriation d’un récit par un jeune homme qui durant cette longue lutte judiciaire de sept années n’a eu que très rarement l’occasion de prendre la parole.

Ce livre découle du besoin de Makan Kebé de raconter mais également d’analyser, le fait de grandir dans un quartier populaire pour un jeune homme noir et l’évolution du rapport des jeunes avec la police. À l’heure où filmer les policiers fait débat, l’histoire de Makan et sa famille rappelle à quel point les vidéos sont cruciales dans ce type d’affaire. 

Cet ouvrage est tissé des textes poétiques de Makan, écrits depuis son plus jeune âge et tout au long de la procédure judiciaire qui nous rappellent ô combien nos existences ne tiennent qu’à un fil.

Assa Traore en signe la préface, en hommage au « travail jamais terminé » de nos mères et à Fatouma Kebe.

L’ouvrage est disponible chez PMN Editions au prix de 15€

Des supers Nana pour venir en aide aux plus démunies.

« Une super nana » chantait Michel Jonasz dans les années 70… Agir pour la santé des femmes, c’est le parti pris par l’ADSF, entourée d’une team de supers nanas soutenues par la marque éponyme.

Depuis 20 ans, l’ADSF prend soin des femmes les plus démunies et leur permet d’accéder à des soins adaptés à leur genre. Au-delà d’un soutien psychologique, médical et social, l’ADSF apporte également un soutien matériel via la fourniture de kits d’hygiène et de vêtements, et l’accès à des Repaires Santé, accueils de jour situés à Paris et à Lille dédiés aux femmes que l’association rencontre en maraudes ou qui se présentent spontanément – orientées par des acteurs de l’aide sociale avec qui l’ADSF collabore ou via le « bouche-à-oreilles ».

Pour Nadège Passereau, Déléguée générale de l’ADSF depuis décembre 2017 : « L’hygiène gynécologique est particulièrement problématique lorsqu’on vit dans la rue. Ne pouvant pas s’acheter de protections hygiéniques, il n’est pas rare que certaines femmes utilisent du papier journal trouvé dans des poubelles !« 

L’ADSF agit auprès des femmes en situation de grande exclusion et/ou précarité, telles que les femmes sans-abri, sans domicile fixe, isolées, victimes de violences ou victimes de traite.

Elles “vivent” dans les bidonvilles, la rue, les hôtels sociaux, campements, métros, gares ou encore sont accueillies ou hébergées dans des centres d’accueil, d’hébergement d’urgence ou de réinsertion et représentent plus de 50 nationalités.

Crédit ADSF

Depuis 2019, la marque Nana, bien connue du grand public, soutient l’ADSF – Agir pour la santé des Femmes via des dons réguliers financiers et de produits hygiéniques.

Ce sont plus de 40 000 € versés et 240 000 serviettes menstruelles offertes à l’association ces deux dernières années. Fin 2020, Nana a réalisé un partenariat sur les réseaux sociaux avec la mutuelle NutUus et Louise Aubery (@mybetterself) qui a permis d’offrir des milliers de serviettes menstruelles à l’ADSF.

Aujourd’hui la marque Nana va plus loin en créant un tee-shirt en édition limitée avec la créatrice et styliste Mathilde CABANAS (fondatrice de la marque BISOU) dont l’intégralité des ventes sera reversée à l’association.

Ce tee-shirt au graphisme pop, affiche un joli jeu de mots « Ça cool ! », inscrit en rouge sang ; un beau moyen d’attirer l’attention et de faire passer des messages autrement, via la création artistique ! Une façon aussi pour ceux et celles qui le portent de montrer leur soutien à cette cause et à l’association.

Camille Cerf pour ADSF x Nana

Vendu 39€ sur le site en ligne de la créatrice (mathildecabanas.com) à partir du 1er mai, ce tee-shirt sera disponible en 400 exemplaires – une édition limitée à se procurer d’urgence pour contribuer à une belle action.
L’intégralité des ventes de ces tee-shirts sera reversée à l’ADSF.
Camille CERF, ex-Miss France 2015 et aujourd’hui mannequin et animatrice TV, se fait d’ailleurs ambassadrice de cette opération et s’engage ainsi aux côtés de Nana pour soutenir l’ADSF contre la précarité menstruelle, accompagnée d’une team de supers nanas, femmes inspirantes et engagées : Sophia Aram, humoriste et marraine de l’association, Claire Lajeunie, réalisatrice et autrice etc..

#RandomBrillante .. pour faire scintiller toutes les femmes

Parce que toutes les femmes sont brillantes.
Parce que le succès couronne toutes les vies.
Parce que vous êtes toutes des stars.
Parce que vous êtes des héroïnes.
Nous vous proposons de célébrer, et pas seulement lors d’une journée, toutes ces femmes, connues comme inconnues, croisées dans la rue, dans les commerces, dans les bureaux…

Sur les réseaux sociaux

Le principe est élémentaire. Sur Twitter, Instagram, Tik Tok, Snapchat ou encore Facebook, après avoir sollicité et obtenu sa permission, vous postez une photo de la femme brillante que vous voulez mettre en lumière. En commentaire, son prénom, la région où elle se trouve et, en quelques mots, la raison qui la rend si brillante à vos yeux.

Vous nous mentionnez dans le post et voilà !

Bienveillance avant tout

Vos déclarations d’amour, vos remerciements, vos mots tendres, vos bravos et vos messages sont les bienvenus. Une règle unique, la bienveillance. Pas d’insulte, pas de plainte ou de reproche. Pas de coordonnées ni de ville non plus.

Une règle absolue, les femmes sont brillantes, toutes les femmes et dans tous les cas !

Les brillantes de la semaine

Chaque mois, la rédac’ de Brillante Magazine se réunira dans le secret et avec le sérieux dont nous sommes capables (et je peux vous dire que nous sommes capables de beaucoup de sérieux), nous sélectionnerons quelques-unes des femmes les plus brillantes et les mettrons en avant sur notre site.

Avant de photographier et de poster, demandez 🙂

Rappelez-vous de solliciter la permission de la Brillante photographiée avant de prendre la photo et de l’informer de sa présence sur les réseaux sociaux. La rédaction de Brillante Magazine n’est pas responsable des photos que vous réaliserez, alors faites-les avec le sérieux d’un enfant qui joue !

Parce que comme le chante Laurent Voulzy, toutes les femmes sont brillantes, nous allons toutes vous mettre en lumière !



40 associations appellent à un plan de déconfinement antisexiste

Un an après le premier confinement contre la pandémie de COVID19, en mars 2021, Ensemble Contre le Sexisme s’interroge et dresse un bilan. Qu’est-ce qui a changé dans le domaine des droits fondamentaux des femmes ? Quels sont les enseignements de cette crise pour les femmes et pour notre société ? Le collectif lance un appel à la vigilance pour construire un monde plus juste et égalitaire entre les femmes et les hommes et pour défendre les libertés individuelles et collectives.

« Les leçons de cette crise ? – Un brutal coup de projecteur : sur la place des femmes dans la société, trop
souvent en bas de la hiérarchie… Où est donc l’égalité ? Un poids de plus en plus lourd à porter : charges au foyer, dans l’éducation, violences démultipliées…Où est donc le partage ? Mais la crise permet aussi des prises de conscience, des changements de mentalité et la solidarité entre les femmes … D’où notre proposition pour construire le monde d’après !
 » constate Moïra Sauvage, co-
présidente du collectif « Ensemble contre le sexisme »

Les 40 associations réunies dans le collectif « Ensemble contre le sexisme », déclarent l’état d’urgence.

Pour le collectif, les femmes ne veulent ni médailles, ni promesses, ni considération feinte.
Les 40 exigent donc un plan de déconfinement antisexiste. Et des mesures rapides et concrètes telles que refonder les rémunérations, contrôler la mise en place effective de l’égalité salariale dans les entreprises et la fonction publique et sanctionner financièrement les manquements, intégrer aux programmes scolaires de tous niveaux une éducation à la culture de l’égalité et à la sexualité et instaurer une journée consacrée à l’égalité entre les filles et les garçons dans tous les établissements, rendre obligatoire un congé paternité allongé et rémunéré et en mesure phare, instaurer une journée nationale contre le sexisme.

« Un an après, c’est le risque de voir se creuser les inégalités entre les femmes et les hommes sur le plan
économique avec plus de précarité de l’emploi, la multiplication des tâches par le télé-travail et
l’accroissement des violences sexistes. Mais c’est aussi l’opportunité de rendre visible et indispensable les
femmes qui étaient au front comme les infirmières et de tirer la sonnette d’alarme sur la dévalorisation
de ces métiers dits féminins
 » conclut Catherine Ladousse, co-présidente du collectif « Ensemble contre le Sexisme ».
Leur objectif ? Changer les mentalités et construire ensemble un monde meilleur plus égalitaire et bien évidemment, sans sexisme.

Plus d’informations sur la page Facebook du collectif : https://www.facebook.com/EnsembleContreLeSexisme/

Les femmes du secteur maritime : L’Organisation Maritime Internationale (OMI) mène l’enquête.

L’un des moyens pour combattre l’invisibilisation des femmes dans les métiers dits d’hommes est de produire un état des lieux précis et factuel de leur présence et des postes qu’elles occupent. L’OMI lance, en collaboration avec Women International Shopping and Trading Association une étude mondiale sur la présence féminine dans les métiers maritime.

Militaire Israéliennes (©Israel Armed Forces)

Aujourd’hui, selon les chiffres de l’OMI, les femmes ne représentent que 2 % des 1,2 millions de personnes qui travaillent dans le domaine maritime au niveau mondial. Et 94 % de ces emplois se situent au sein du tourisme de croisière.

Les femmes sous-représentées ?

En partenariat avec WISTA (Women International Shippinig and Trading Association), l’OMI entreprend une enquête au niveau mondiale, intitulée Women in Maritime – IMO and WHISTS International Survey 2021. Elle est un des éléments visant à disposer, pour le domaine du transport maritime (fret, passagers, cargo …) d’ une main d’œuvre plus diversifiée et mieux formée. Ainsi, elle sera plus apte à répondre aux évolutions du domaine (autonomisation des bateaux, ports robotisés …). C’est donc en connaissant avec précision la présence et la répartition des femmes dans les métiers du secteur que celui-ci pourra – et devra – se transformer pour être certain d’offrir avec justesse et équité les postes dont il dispose sans distinction de sexe.

Les acteurs clé du secteur se mobilisent

WISTA est une association internationale regroupant des femmes, cadres et dirigeantes d’entreprises du domaine maritime. La branche Française est présidée par Marie-Noëlle Tiné, directrice adjointe du Cluster Maritime Français. L’association se fixe pour objectif de former, intéresser et maintenir les femmes aux postes de direction des secteurs maritime, commercial et logistique.

Cette étude est la suite logique du protocole d’accord qui lie les deux institutions depuis 2020 qui porte sur la promotion et l’inclusion féminine.

Les travailleurs du secteur maritimes invités à participer

Chaque personne qui œuvre dans le secteur maritime, quel que soit son employeur ou son statut, est invitée à venir s’exprimer sur le site de WISTA. Peu importe, également, la localisation de l’entreprise. Pour s’assurer néanmoins que les répondants sont concernés, l’enquête est ouverte aux États membres de l’OMI ainsi qu’aux OIG (organisations Intergouvernementales) ; ONG (Organisations non-gouvernementales) ; entreprises publiques et privées du secteur maritime et établissements de formation maritime.

La répartition des emplois féminins est à étudier(Source : Twitter / Shruti_Vyas @shruti_vyas2706)

Elle se tiendra, selon les engagements pris par le secteur, tous les trois ans et les résultats seront rendus publiques. Cette enquête fait partie de l’engagement numéro 5 du programme Envision2030 de l’ONU. L’engagement en question vise à réduire les inégalités de genre.

Les personnes intéressées ont jusqu’au 30 juin 2021 pour répondre à l’une ou l’autre des versions de ce questionnaire et, ainsi, permettre de mieux connaître le présent pour bâtir un futur plus inclusif.

Et en France ?

Le Cluster Maritime Français mène d’ors et déjà sa propre enquête

En France, le cluster maritime semble faire partie des bons élèves de l’OMI dans le domaine de l’inclusion des femmes. Le secteur réalise, depuis 2013 sa propre enquête nommée “Cap sur l’égalité” et émet par ailleurs une série de recommandations sous la forme de fiches visant à accompagner ses membres dans la mise en place de bonnes pratiques en faveur de l’égalité Femmes / Hommes. Ces fiches se basent sur des applications concrètes testées parmi ses membres dans des domaines allant de la rémunération au recrutement en passant par la gestion de carrière et la formation.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site du Cluster Maritime Français  : www.cluster-maritime.fr/

Que peut-on attendre d’une telle enquête ?

Cette enquête et ses résultats n’ont aucune valeur d’engagement, que ce soit pour les entreprises, les organisations ou pour les États qui y répondent. Elle propose un éclairage supplémentaire sur la place faite aux femmes dans un secteur professionnel jusqu’ici plutôt très masculin.

Une étude pour permettre une mise en lumière

Chaque éclairage sur la situation des femmes dans quelque industrie que ce soit constitue un pas en avant vers une meilleure égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, quel que soit le secteur d’activité. Le secteur maritime ne fait pas exception à la règle et entend bien promouvoir l’égalité des sexes.